‹ Blaise de Monluc HistorienChapitre 452 sur 533 · BORDENAVE, p · texte numérisé non relu

BORDENAVE, p

4. Les habitants de la vallée d’Aure aux consuls de Bagnères, Ancizan, 7 août (Les Huquenols en Bigorre, p. 19). — Cf. une lettre des consuls de Mirande, avertissant les consuls d’Auch des ravages commis par les troupes de SR même date (Arch. munic. d'Auch, BB, 5, f : 319 ro).

. Monluc à M. de Lussan, Agen, 4 août (V, 203). — La lettre du 5 août à Damville fait allusion à l'envoi de Fontenilhes à Moissac; celle du 7, à Belle- . , annonce l’arrivée prochaine de la compagnie de Gondrin.

. Et non Mausan, comme l’a partout imprimé de Ruble. Voir, sur Jean ne seigneur de Mansan, une note des Æuguenols en Bigorre, p. 50.

DÉPART DE MONLUG POUR AIRE (4 AOûT). 545

de-Marsan et Aire afin d'occuper ces deux villes et de sauver les vivres qui s’y trouvent. Il en informe aussitôt Damville en linvitant à le rejoindre sans retard, et il ajoute : € Monsieur, ne m'estimés jamais soldat, si nous ne sommes troys cens lances ensemble, ayant la suitte et la faveur du pays, si nous ne les desfaisons pas * ». Ce post-scriptum allègre confirme la phrase des Commentaires où Monluc dit qu'il n'avait qu'un seul compagnon en quittant Agen et que le lendemain trente l’avaient déjà rejoint.

Le 6 août au matin, il quittait Lectoure ; le soir il couchait à Eauze ; le dimanche 7 il était à Nogaro. Ces indications d’étapes sont confirmées par les documents ?. Il dit qu’il reçut la réponse de Damville à sa dépêche du 5 au moment où il quittait Nogaro. Le maréchal lui mandait « que puisque Mongonmery avoit desjà passé la Garonne, il luy sembloyt qu'il ne fairoit rien d'aller après luy », et qu'il s'en allait battre le château de Fiac, près de Lavaur. Monluc continue sa route, arrive à Aire le 8; à peine descendu de cheval, il envoie à Damville le capitaine Mansan pour le supplier de tout quitter en Languedoc et de venir se joindre à lui. Ses souvenirs sont ici manifestement brouillés. C’est de Nogaro qu’il expédia le capitaine Mansan, non pas à Damville, mais au sénéchal de Toulouse, Bellegarde, qui se trouvait vers Saint- Gaudens, où il avait laissé passer Mongonmery. C’est Bellegarde qu'il suppliait de le venir rejoindre en toute hâte, en lui laissant clairement entendre qu'il était très mécontent de son retard. A Nogaro, Monlue reçut bien une lettre de Damville, mais qui lui annonçait qu'il avait résolu de s’acheminer en Gascogne; le lendemain il lui en marquait sa joie avec une effusion respectueuse À. La contradiction est formelle entre le texte des Commentaires et les documents. On peut Pexpliquer. C’est encore et toujours la chronologie de Monluc qui est en défaut. S'il reçut à Nogaro la lettre de Damville qui le combla d’aise, il en reçut certainement

1. Monluc à Damwville, Lectoure, «ce vendredy au soir, ve jour d’aoust 1569 » (V, 205, 207).

2. Monluc à Bellegarde, Nogaro, « ce dimenche, vie Jour d’aoust 1569 » (V, 207-209). LA

3. Monluc à Damville, Aire, 8 août : « Monsieur, ce süir, Jay receu la lettre que m'avez escripte. Vous ne sçauriés croyre l’ayse et le contentement que m’avez donné, ensemble.à toute ceste bonne compaignie, entendant la resoullution que vous avez prins de vous achemyner par deçà... » (V, 209-210.)

à Aire une seconde, d’un ton tout différent. Le gouverneur de Languedoc, après avoir fait mine de passer en Gascogne, avait aussitôt changé de dessein et refusait maintenant de sortir de sa province. Le ro août, comme il l’avait annoncé dans la lettre que citent les Commentaires, il s’en alla mettre le siège devant Fiac * Monluc osa-t-il à ce moment le dissuader de cette entreprise ? C’est le 12 seulement qu'ayant appris le désastre de Terride il lui écrivit : « Gessi sera cause de rompre vostre entreprinse; et suys d'avis que vous layssés Lavaur, et veniez dresser vostre camp à l’Isle-en-Jourdain ?. » On peut conclure qu’il reçut à Aire, et non à Nogaro, la nouvelle que Damville ne bougerait pas, qu’il n’osa pas s’en plaindre, comme il s’en vante, et qu'il a attribué au maréchal la lettre qu'il écrivit à son compagnon Bellegarde. Il a cherché à atténuer sa responsabilité et s’est fait plus hardi avec Damville qu'il ne le fut en réalité.

A l'approche de Mongonmery, Terride avait levé le siège de Navarrenx ?. Le 7 août, il commença à décamper; le 8 il était rentré à Orthez. Monluc put donc, comme il le dit, être informé par le capitaine Montaut, dès le 8, à Aire, de sa retraite précipitée. Il demeura trois jours à Aire. Le capitaine Montaut eut ainsi le temps de porter à Terride la dépêche où Monluc lui conseillait de se replier d'Orthez sur Saint-Sever, pour donner à Damville et à Bellegarde le temps de le rejoindre, et de rapporter à Aire le refus de Terride *. Les Commentaires Vattribuent avec grande vraisemblance aux conseils de trois ou quatre centilshoiète béarnais qui le supplièrent de ne pas abandonner le pays. C’est d’Aire aussi qu'il dépêcha à Bellegarde, qui se trouvait « vers Bigorre » *, pour lui donner rendez-vous le lendemain à Pro-

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