‹ Blaise de Monluc HistorienChapitre 463 sur 533 · LA PRISE DE MONT-DE-MARSAN (20 SEPT · texte numérisé non relu

LA PRISE DE MONT-DE-MARSAN (20 SEPT

le couvent des Clarisses'. Les documents originaux et les relations contemporaines sont aussi bien insuffisants pour contrôler son récit”. Dans sa lettre au roi, écrite le soir du camp de Grenade, Damville dit simplement que Monlue «a reprins led. Montde-Morssant et faict passer au fil de l’espée tout ce qui s’est trouvé dedans », confirmant d’une façon aussi nette que laconique le récit du massacre ordonné traïtreusement par le vieux capitaine, à l’insu de son fils Fabien et de Savignac, qui sauvèrent à grand’peine Jean de Fabas, commandant de la garnison. Monluc a conté de sang-froid comment, pour venger le meurtre des six capitaines de l’armée de Terride, « dagués » à Navarrenx, dans la nuit du 21 août, € contre la foi promise », il imagina ces horribles représailles. Damville, arrivé le lendemain, le bläma-t-il et fit-il cesser le pillage? Bordenave le dit, et Monluc l'avoue à demi. L’historiographe de la maison de Navarre confirme ce que disent les Commentaires de la mort de Tilladet, « tué d’une harquebusade à lentrée », et nous apprend que l'autre capitaine, qui s'était jeté la veille de l'escalade dans Montde-Marsan avec Fabas et dont Monluc n’a pu donner le nom, s’appelait Luchardès. Les deux historiens ne sont pas d'accord sur le nombre d'hommes qu’ils y avaient fait entrer : Monluc parle de « cent ou six vingtz chevaulx » et de cent hommes de pied, Bordenave de trente ou quarante hommes seulementÿ. II reconnait du reste que la vigoureuse offensive de Monluc « remit le cœur au ventre » des catholiques béarnaisf.

Les documents sont muets sur les dramatiques événements

1. On montre encore la maison Junca et le petit escalier par lequel Monluc descendit au bord du Midou pour encourager ses hommes à passer la rivière. Cf. H. Tarrière, Simples notices sur Mont-de-Marsan, Saint-Sever et Dax (extrait de l'Annuaire du département des Landes, 1863), qui place la prise le 16 mai 1569.

2. Jean de Fabas, qui défendit la place, a laissé de curieux mémoires, dont une édition irréprochable a été donnée par M. H. Barckhausen (Wémotres de Jean de Fabas, premier vicomte de Castets-en-Dorthe, au tome I des Pablrc. de la Société des Bibliophiles de Guyenne, 1868, pp. 163-204). Le manuscrit s'arrête malheureusement à la jonction du prince de Condé et de l’amiral avec l’armée de secours de Jean-Casimir, fils de l'électeur palatin, à Pont-à-Mousson, le 16 janvier 1568. La perte est d’autant plus regrettable que Fabas avait lu les Commentarres.

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