BORDENAVE, pp
4. Il note, comme conséquence de l’escalade de Mont-de-Marsan, la reprise
qui suivirent la prise de Mont-de-Marsan : la scène du conseil où Monluc ne fut pas admis et où l’on décida de s’en retourner en Languedoc; son entrevue avec Damville où il se plaignit, le plus doucement qu’il put, des continuelles entraves mises à son autorité, en sorte qu'il ne lui restait plus « une once de pouvoir, non plus qu’au plus simple cadet de Gascogne », et annonça son intention d'envoyer son fils Fabien à la cour pour porter sa démission au roi; les menaces de mort dont il fut l’objet et sur lesquelles son frère, le « trinquat » évêque de Valence, flairant une méchante affaire, refusa de demander des explications; l’affront suprême que lui fit le maréchal en lui faisant « tenir la mule » plus d’une grande heure à la porte de sa chambre; enfin, le départ de Damville qui lPabandonna presque seul à Mont-de-Marsan. Monluc à rappelé, heure par heure, avec une amère volupté, ces pénibles journées où, simple parvenu de la fortune, il osa entrer en lutte avec le fils du grand connétable. Son exposé est, du reste, empreint d’une grande modération. II admet tous les arguments que faisait valoir le maréchal pour justifier sa retraite. Nulle part la réserve prudente qu'il s’est imposée pour ne pas gâter sa cause n'apparaît mieux qu'ici. Dans des additions postérieures à la première rédaction, il a encore atténué sa pensée. IT est permis de croire que, dans la réalité, il fut moins patient et moins doux. Au lendemain de ces incidents, qui consommèrent sa brouille avec Damville, il osait écrire au roi : € Tout cella ne m'a servy de rien, sinon d’acquérir une haine mortelle de luy, ne m’estimant en parolle que si J'estois son valet de table, il n’en parleroit pas plus indignement qu'il faict, jusques à dire qu'il me rendra le plus petit cappitaine de la Guyenne, ce qu'il ne sçauroit faire, estant ma réputation assez cogneue, ne cuydant point qu'il ayt faict en sa vie plus honorables faits que moy”. » Dupleix, qui a certainement entendu
de Lourdes par Bonasse (voir, sur ce fait, Les Huguenots en Bigorre, pp. 46 Sr Ro HO), Tnt}
1. Laraicce, Annales de la ville de Toulouse, 1701, H, 295, raconte une scène semblable qu’il place au moment où Monluc vint voir Damville à Toulouse, fin juillet : € J’ay tiré, dit-il, ce fait de nos annales de l’hôtel de ville, qui n’en disent autre chose, si ce n’est que cela fit éclat à Toulouse. » Monluc n’a fait aucune allusion à ce premier incident.
2. Monluc au roi, Lectoure, 8 novembre (V, 252). Cette lettre est un plai-