Histoire de France, 1644, IE
2. Damville au roi, camp de Barcelonne, 24 septembre (B. N., fr. n. acq. Gor3, fo 31, copie moderne).
3. Fabien emporta, avec la lettre de son père, une lettre de Damville, à laquelle celui-ci fait allusion dans sa dépêche du 24. Il fut dévalisé en route : les Conunentaires sont sur ce point confirmés par la lettre au roi du 8 novembre (V, 25r):
4. Le 2 octobre, il campait à Cazères-sur-Garonne (Les Auquenots en Bigorre, p. 42). Il commença le siège de Mazères le 5 (Æist. de Languedoc, XI 520).
5. Dans sa lettre au roi, du 8 novembre (V, 255), il dit qu'il resta trois jours à Mont-de-Marsan, « seul et à cinq petites lieues du camp de Pennemy », et parle de « six cens charretées de bled » qu'il fit porter à Goussies et en plusieurs maisons de gentilshommes, en prévision du passage d’un secours de quatre mille Espagnols, promis par le duc de Medina-Celi, vice-roi de Navarre, et qui n’arriva Jamais. Voir, sur ce secours, les lettres de Damville au duc d'Anjou, 13 juillet, déjà citée; du duc d'Anjou au roi, camp de Chinon, 26 septembre (B. N., fr. n. acq. 6003, fo 44, copie moderne) ; de Damville au roi, camp de Grenade, 21 septembre, déjà citée; d’Enecot de Sponde à la reine de Navarre, septembre (Les Huquenols en Béarn, p. 72); de Lanssac au roi, Bordeaux, 15 novembre (B. N., fr. n. acq. 20999, {0S 216-220, orig.).
d'octobre à Lectoure, pour pourvoir à la défense de la clé de la Gascogne’. Il s'excuse ici de ne rien dire de la défaite du capitaine Arné et du baron de Larboust, « car, dit-il, je ne les avois pas mis là, où ilz furent deffaictz ». C'était Damville, en effet, qui avait laissé pour commander en Bigorre François de Devèze, seigneur d’Arné en Magnoac, avec sa compagnie. Nous possédons la commission par laquelle il avait de même confié la garde des pays situés le long de lArros et de PAdour et de la jugerie de Rivière-Verdun à Savary d’Aure, baron de Larboust, lieutenant de la compagnie de Gramont”. Surpris par les troupes de Mongonmery à Estampures-en-Pardiac, le capitaine Arné fut complètement défait, blessé et fait prisonnier avec presque tous ses gens ?. Monluc a raison de dire qu'il lui avait donné le conseil de s’enfermer dans Auch : le 7 octobre, les consuls de cette ville recevaient une lettre de lui les informant qu'il a commandé « aux compaignies d’Arné et de Larboust s’en venir en ceste ville... pour y tenir garnison »*. Bordenave est d'accord avec Monluc pour rendre hommage à la bravoure d’Arné, « ung des plus genülz cappitaines et des plus vaillans », qui mourut « quelques jours après de sa blesseure, fort regreté pour son honnesteté et valeur ».
Au moment où Damville emportait Mazères (18 octobre), Monluc, comme il le dit très exactement, était rentré à Agen. Il y apprenait que Mongonmery, à la façon des loups « qui sortent de la forest par famyne », s’avançait vers Armagnac pour gagner la Garonne et la franchir, soit au Mas-d’Agenais, soit à Verdun. Très inquiet, il en informa le roi en faisant remarquer que ses forces pour len empêcher étaient insuffisantes 5. La marche
1. Monluc au roi, Agen, 18 octobre : &« Sire, estant dernièrement à Lectoure.»\(Nee2/n1e)
2. Elle est datée du 4 octobre, € au camp devant Mazères » (Les Huguenots en Bigorre, p. 122).
3. Voir, sur cette défaite, deux lettres de Mongonmery aux consuls de Bagnères, Betplan, 13 octobre, et Lahitolle, mème date (Les Huguenots en Bigorre, pp. 58-59), et le récit de BoRDENAvE (p. 289).
A. Arch. munic. d’Auch, BB, 5, fo 332 vo.
5. Monluc au roi, Agen (18 octobre (V, 241). — Vers le 20 septembre, il avait été question de renforcer Monluc des compagnies qui étaient à Limoges, mais on ne lui avait rien envoyé. (Mémoire signé du duc d'Anjou « sur le loge-
LA DÉFENSE D'AGEN ET DE LA GUIENNE. D6r
de Mongonmery à travers l’'Armagnac et le Condomois peut être Jalonnée par des documents : le 13, il était à Betplan; le F9, à Lahitolle ‘; le 19, son avant-garde entrait à Eauze, que le baron de Montespan abandonna sans attendre l’ennemi?; lui-même était à Nogaro le 21%. Condom fut occupé le 27*. Monlxc avait vainement tenté de s'opposer à cette invasion de la Gascogne, qu'il avait depuis longtemps prévue. Sa lettre au roi du 18 octobre confirme qu'il alla à Lectoure au début du mois : c'était pour faire évacuer Eauze, qu’il ne jugeait pas défendable, et pour lever des compagnies nouvelles. En dépit de sa démission, il continuait, comme il le dit, à faire son office de lieutenant de roi. Ce zèle devait lui valoir, lors de l'enquête de 1571, d’être accusé d’avoir agi sans mandat et distribué des commissions illégales. C'est aux environs du 18 octobre, pendant le court séjour qu’il fit alors à Agen, que Monluc apprit la nouvelle de la victoire de Moncontour. Il y fait allusion dans une lettre au roi du 235. Il fut en même temps informé que l'amiral et les princes, « avec ce qui leur restoit de la bataille, s’en venoient tirant vers le Limosin ». L'armée protestante avait, en effet, quitté Saintes, marchant sur Pons; elle passa la Dronne à Brantôme, l’Isle près de Mussidan, séjourna deux ou trois jours dans les marches de Périgord et de Limousin, puis franchit la Vézère et la Dordogne, se dirigeant vers le Quercy6. Monluc, croyant qu’elle marchait vers La Charité, rappela à Port-Sainte-Marie et à Aïguillon les compagnies que Leberon tenait à Libourne et à Sainte-Foy. II était avant tout préoccupé d'empêcher Mongonmery de franchir la Garonne. Il fut heureusement servi par lP«erreur » que fit
ment des deux armées et les mesures à prendre », 21 septembre, B. N., Cinq-Cents Colbert, 24, fo 394 vo, orig.)
1. Mongonmery aux consuls de Marsiac, Lahitolle, 17 octobre (MoxLEzux, Hist. de la Gascogne, V, 360).
2. « Monsieur, dès mercredy les ennemys entrèrent dans la ville d'Eauze... » (Monluc au président Daffis, Lectoure, 22 octobre, V, 244). — BorDEeNavez,
3. Mongonmery aux consuls de Bagnères, Nogaro, 21 octobre (Les Huguenots en Bigorre, p. 72).