‹ Blaise de Monluc HistorienChapitre 498 sur 533 · MONLUC JUGE DES MONTMORENCY · texte numérisé non relu

MONLUC JUGE DES MONTMORENCY

morency, lors grand maistre et despuis connestable, acquist beaucoup d'honneur » ‘. D’un mot aussi il note qu’à la différence de Bourbon, il «a esté bien fidelle et est mort au service de Sa Majesté, S'estant toujours montré grand et saige cappitaine ». Et il ajoute : « La véritté me force de le dire et non pas une obligation que je luy aye, car il ne m’a jamais aymé, ny les siens aussi » *. Ces efforts vers l’impartialité ont été faits par Monluc lorsqu'il revisa son texte; il a alors aussi inséré, en deux endroits, des allusions discrètes à ses mauvais rapports avec le connétable, mais il semble qu'il n'ait pas osé aller plus avant à. Quant à Damville, il s'était d’abord très soigneusement abstenu d'apprécier son attitude, laissant au lecteur le soin de tirer les conclusions de son récit. Après coup il ajoute quelques réflexions personnelles ; elles sont très curieuses. On dirait qu'il à craint d’avoir d’abord trop chargé son adversaire. À plusieurs reprises il l’excuse, le lave des calomnies dirigées contre lui : « Que je veuille dire aussi que monsieur le mareschal s’en retournast par couardise, il n’y a homme qui puisse dire cella, car jusques icy lon ne luy a pas baillé este renommée de coardise : il est d’une trop brave race, et a tousjours faict preuve du contraire, et le tiens pour ung grand cappitaine, qui me peult faire et beaucoup de bien et beaucoup de mal quand il luy plaira. Et quoyque quelques-ungz l’ayent calomnié, parce qu’il estoit si proche de monsieur l’amiral, si n’eus-je jamais ceste oppinion de luy. Je ne sçuy ce qu'il fera à Padvenir : Je l’ay toujours congneu fort serviteur du roy, mais il ne me devoit pas traicter ainsi : j'avais veu trop de rosty et de bouilly en ma vie Ÿ ». Que l’on rapproche ce passage, qui manque dans le manuscrit, de la terrible lettre adressée par Monluc à un capitaine toulousain inconnu, et retrouvée dans les papiers de Damville ; il semble en être la rétractation, mot pour mot *., Monluc, pour obtenir du duc d'Anjou sa réhabilitation, fut-1il forcé de faire amende honorable sous cette

2. 1, 131. — Cf. la même phrase, ajoutée aussi après coup, [, 436.

3. Voir le passage sur les conseillers de Henri IT qui le laissèrent engagé à Sienne sans le secourir (I,*91) et l’allusion au bläme que lui infligea le connétable à propos de l'affaire d’Aumale-Termes (1, 160).

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