‹ Blaise de Monluc HistorienChapitre 499 sur 533 · IE · texte numérisé non relu

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forme ? S'y crut-il obligé de lui-même? Il est certain qu’en trois autres endroits il a inséré des additions, où il répète avec quelque contrainte qu'il n’a jamais refusé d’obéir à Damville”, qu'il était trop naturel qu'on préférât un «grand seigneur, filz d’ung connestable et mareschal de France, et d’ailleurs brave chevalier de sa personne », à «ung pauvre gentilhomme vieux, estropiat et desfavorisé, mais néanmoingz aimé de la noblesse et du peuple » ?; enfin que s’il avait raison de désirer voir Damville employer ses gens et ses deniers en Guienne, le gouverneur de Languedoc avait le droit de les réserver pour sa province *. Ces rétractations sont singulières ; on hésite à n’y voir qu'un effort pour atteindre l’impartialité de l’histoire. N’auraient-elles pas été imposées à Monluc? ne lPaurait-on pas forcé, pour employer son style, d’avaler cette suprême pilule ? Les documents font défaut pour éclaircir ce mystère. Il paraît bien, en tout cas, qu’il n’a pas été libre dans les jugements qu'il a portés sur les Montmorency.

Il la été, par contre, lorsqu'il parle d’un autre de ses plus puissants ennemis, de Henri de Mesmes. Dans la diatribe qu’il lui a consacrée, il a introduit, après coup, une insinuation inJurieuse {; mais par deux fois il se défend de vouloir donner les raisons de leur querelle, et son mutisme paraît assez suspect *. Il n’est pas moins acerbe contre Monsalès, dont les demandes « estoient si espaisses que jamais le roy ne luy fist bien en l’une main qu'il n’ouvrist l’autre pour en demander tousjours davantaige » ; mais 1l semble avoir voulu atténuer ses attaques en reconnaissant après coup qu'il était « brave gentilhomme de sa personne »6, Tandis qu'il se faisait relire son livre, il a trouvé aussi qu'il avait été d’abord trop sévère pour le vieux Burie : à deux reprises, 1l a éprouvé le besoin d'affirmer € qu’il n’entra jamais rien de mauvais dans son cueur » et qu'il € n’estoit pas meschant

1. € Estant filz d’ung connestable de France, et luy mareschal, je ne me desdaignois d’estre commandé de luy, s’il eust voulu et s’il eust faict ce qu’il devoit » (IL, 347).

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4. I avait d’abord dit que de Mesmes voulait faire mettre La Molle à sa place, dans la pensée que tous deux « manieroient mieulx les affaires ». Il a ajouté : « et à leur proffit » (IL, 215).

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