‹ Blaise de Monluc HistorienChapitre 56 sur 533 · III, 206-207 (add. à la première réd · texte numérisé non relu

III, 206-207 (add. à la première réd

2. Voir l’introduction placée par M. F. Srrowskr en tête du tome I de l’édition municipale des Æssais (pp. xi-x1v) et sa belle étude sur Montaigne, 1906, pp. 12-13, 25-29, 39.

3. II, 48 (add. à la première réd.). — Le texte de Florimond de Ræmond porte : « Je m’escris à moy mesmes... » qui n’a pas de sens. De Ruble a né-

gligé de corriger ce lapsus.

le fond et continue d'occuper la plus grande place. Mais les observations morales et techniques lui disputent désormais lattention du lecteur, plus curieux de goûter ces réflexions où l’homme apparaît que ces récits surchargés de menus détails, souvent obscurs et confus, prolixes et traînants. La valeur littéraire du livre en est singulièrement accrue : en se peignant luimême, Monlue a plus fait pour sa renommée qu’en retraçant ses prouesses ”.

Il a, du reste, d’autres moyens d'enrichir son œuvre. Orateur de race, il avait cultivé ce don de la parole qu’il tenait de sa terre de Gascogne. Les occasions ne lui avaient pas manqué en un siècle où l’éloquence était une des parties maîtresses du bon capitaine ?. Cette faculté qu’il avait de pouvoir exprimer € en terme de soldat » ce qu'il avait à dire « avec assés de véhémence, qui sentoit le païs » d’où il était sorti, contribua pour beaucoup à le tirer de pair. Elle lui valut, en particulier, l’admiration et la tendresse des Siennois; elle explique lautorité réelle qu’il eut sur ce peuple mobile et fantasque, mais avant tout sensible au charme des beaux discours. Ses fonctions de lieutenant de roi en Guienne lui fournirent ensuite des occasions fréquentes d’exercer sa faconde; pour calmer les transes des Agenais, pour modérer le zèle catholique des Etats de la province, pour stimuler la bonne volonté un peu indolente des jurats de Bordeaux, pour justifier ses actes devant le Parlement, il fallait haranguer, « remontrer », et Monluc y faisait merveille. Il y gagna une réputation d’orateur attestée par de nombreux témoignages*. Lorsqu'il dut se résigner à la retraite, son éloquence lui fut une ressource

1. Sur la valeur technique de l’œuvre, voir les pages excellentes de Cu. NonmanD dans son HMonluc, iv. Il, chap. 1, 1, 1; sur son intérêt humain, voir le rapprochement très juste établi par M. Laxson entre Monluc et Montaigne (Æist. de la litt. franç., p. 307).

2. Voir ce qu'en disent Macnravez, Dell arte della querra, Gb. IV, pp. 113- 114, et, semble-t-il, d’après lui, les /ns'ruclions sur le faict de la querre, Paris, 1548, {0 43 vo, faussement attribuées à Guillaume du Bellay.

4. Voir les vers d'Emmanuel du Mirail, Jean du Chemin, Pierre de Termes, Jean Guijon dans le Tombeau de Monluc; Florimond de Ræmond dans son Epître à la noblesse de Gascogne; Tunever, Vies des hommes illustres, Fo 462 ro; De Lursr, De (ustribus Aquitaniae viris, p. 119; BRANTÔME, IV, 59.

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