À Lyon, par Guillaume Roville, M D EXT, in-fo
3. Pauz Jove avait écrit : « Quamobrem literas Buterii nomine Gallica conscriptas lingua effingit.. Eae erant in hanc sententiam, ut stbi consuleret neque opem exspectaret. » Cf. Moxruc : € Pour luy oster toute espérance de secours, le marcquis de Gouast... fit contrefaire des lettres de monsieur de Boutières, par lesquelles il luy escripvoict qu’il print parti, n’y ayant moyen de le secourir. » La traduction est plus exacte que celle de Sauvage.
souvenu de cette lecture. Une addition significative permet de conjJecturer qu'il se reporta au texte de l'historien italien lorsqu'il compléta sa propre narration ".
Pour reviser la partie des Commentaires qui se rapporte au règne de Henri Il, Monluc a eu recours au même procédé d’emprunts et d’additions. La comparaison du texte des manuscrits et de celui de lédition originale le fait encore très nettement apparaître. Il s’est servi de trois ouvrages : l'Histoire de nostre temps et la Continuation de l'histoire de nostre temps, de Paradin, et les Commentaires de François de Rabutin.
Guillaume Paradin, lyonnais, avait publié, en 1548, ses Memoriae nostrae Libri quatuor, qui racontaient le règne de François IT et la première année du règne de Henri II?. Deux ans après, il en fit paraître une traduction française, qui fut plusieurs fois réimprimée, avec des additions, suivant l’usage du temps 5. Monluc à connu une de ces réimpressions, sans doute celle de 1558. En 1556, Paradin publia un nouveau livre, la Continuation de l'histoire de nostre temps, spécialement consacré aux événenements de 1550 à la fin de 1555, depuis le commencement de la guerre de Parme jusqu’à l’abdication de Charles-Quintf. Cest surtout de cet ouvrage que l’auteur des Commentaires s’est servi.
1. Parlant de la situation singulière du comte d’Anguien et du marquis del Vasto au moment le plus critique de la bataille, il avait écrit : « Tout ainsi comme monsieur d'Anguien alloict voyant ses gens massacrer, le marcquis de Gouast en voyoict fere de mesme aux siens... » Il a ajouté : « .. par une pareille fortune. Voyés comme elle se mocquoit de ces deux chefs d'armée. » Pauz Jove avait dit : « At in altero cornu Fortuua, ludo quodam proelii eventum alternare solita, Hispanis et veteribus Germanis arridere visa est. » (Op. cit., fo 331 ro.)
2. Guiczezmi Para Memoriae nostrae Libri quatuor, Lugduni, J. Tornaesius, in-f0.
3. Histoire de nostre temps, faite en Latin par maistre Guillaume Paradin et par lui mise en François, à Lyon, par Jean de Tournes, 1550, in-f0. — Réimpressions : à Lyon, par Jean de Tournes et Guill. Gazeau, 1552, in-16; à Paris, par Fr. Regnault, 1555, in-16; à Paris, à l’enseigne des trois Piliers, 1556, in-16; à Lyon, par Jean de Tournes et Guill. Gazeau, 1558, in-16 (avec une continuation); à Lyon, par Pierre Michel, 1558, in-16; à Paris, par J. Ruelle, 1568, in-16 (avec une continuation) ; 1570, s. L., in-80.
4. Continuation de l’histoire de nostre temps jusques à l’an mille cinq cens cinquante six, par M. GUILLAUME PARADIN, doyen de Beau-Jeu, à Lyon, par Guillaume Roville, 1556, in-fo. — Réimpressions : à Lyon, par Michel Sonnius, 1575, in-80; à Paris, par Guill. de la Noue, 1575, in-80.
I se le fit lire : il espérait y trouver le récit des campagnes de Brissac en Piémont et du siège de Sienne. Il fut déçu. Ses Impressions, en écoutant la lecture de Paradin, durent être analogues à celles que lui avait fait éprouver déjà du Bellay. Et d’abord, son nom n’était cité là-dedans qu’une fois, et en passant, d’une façon qui dut lui paraître terriblement dédaigneuse : l'historien, racontant le siège de Sienne, avait simplement noté que Lanssac tenta de pénétrer dans la ville, € au lieu du seigneur de Monluc, lors extrêmement malade » ". C'était peu. Rien ou presque rien sur la résistance héroïque de Sienne; aucun des incidents du siège n’était mentionné, sauf une allusion à la camisade de Camollia, la nuit de Noël 1554. Paradin, après avoir amplement développé les préliminaires du siège et la campagne de Pietro Strozzi dans le Val di Nievole jusqu’au désastre de Marciano, avait soudain tourné court, faute de renseignements. De même, le récit des campagnes de Brissac en Piémont était très vaguement indiqué; et lon comprend que Monluc, après avoir cherché en vain dans Paradin le siège de Lanzo et d’autres épisodes qu'il avait longuement contés, ait constaté que «les historiens en parlent maigrement »”.
Tout ne lui parut pourtant pas à mépriser dans ces deux livres. Ils contenaient de bonnes choses, dont il n’hésita pas à faire son profit. L'Histoire de nostre temps lui à fourni la mention de la reddition de Boulogne par Édouard VI à Henri I, qui précéda la paix du 24 mars 1550 entre la France et l'Angleterre. Paradin avait raconté ces faits et cité les articles du traité, entre autres « que le roy Edouard d'Angleterre offroit de rendre et restituer la ville et chateau de Boulongne..., moyennant quatre cens mille escus d’or que le Roy de France luy promettoit payer à ». « Moyennant quelque argent », dira Monluc, qui note, dans cette addition à sa première rédaction, que le fait se place après l’avènement de Henri IE. Il s’est fait lire aussi, sans doute dans le même ouvrage, les causes de la nouvelle guerre entre Henri I,