‹ Blaise PascalChapitre 12 sur 54 · Éludes cl J'nrlnnis, l. 1 iL.-merrc · texte numérisé non relu

Éludes cl J'nrlnnis, l. 1 iL.-merrc

2. Éd. Mirhaut, 359: — Havet, xxv, 40. y. Ed. Michaut. G52: — Havet, xxiv, 3.

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à supplanter la religion, il va démontrer que la raison commune, naturelle, — Kant dira : la raison /irdticjKi', — suffit pour légitimer, sinon pour établir, la vraie religion. S'il avait conclu avec Montaigne : Que sais-je? c'est alors qu'on aurait pu l'accuser de a vertige mental » ; il n'aurait pu retrouver la religion que par une sorte de coup d'Etat de la foi sur l'intelligence, il aurait méri(é tous les reproches des néo-kantiens.

Ceci bien entendu, il semble que tout s'expliquo dans la marche suivie par Pascal. La raison naturelle, — dirai-je relative? — admet très bien les preuves morales, historiques. De là l'usage constant de ces preuves dans VApologie. Pascal remarque d'abord que le dogme chrétien du péché originel explique admirablement ce mélange de grandeur et de petitesse qui caractérise l'homme: et c'est là une première présomption en faveur du christianisme. Mais ce n'est pas tout. Il y a une foule de religions qui se prétendent vraies. Comment les convaincre de fausseté? Là encore, il faut recourir aux preuves morales et historiques. La pureté de la morale chrétienne, l'histoire singulière du peuple juif, les miracles, les prophéties, voilà qui prouve amplement, selon Pascal, aux yeux des gens raisonnables, la vérité du christianisme.

Supposons la foi admise par la raison pratique. Est-ce à dire qu'elle soit vraie d'une certitude absolue, comme celle que la raison pure des dogmatiques croit devoir revendiquer? Non : Pascal

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110 se fait pas (rillusion à rot ô^ar<l. 11 sait (jiio dans los choses morales et liistori(jues il no faut pas clirrrlur la vérité rifride des sciences inalliéniatiipies. Il ne faut demander aux diverses sciences «pie ce qu'elles peuvent donner. Or, Thistoiro ne donne que la prohalulilé. (I no faut donc chercher, rdtionneUement parlant, que la prr)hal(ilité «lans les choses fondées sur les simjdes preuves historiques. Tel est le sens de cette fameuse parole de Pascal dont on a mené si grand hruit en lui prêtant une signification absolument scepti(jue : « S'il ne fallait rien faire que pour le certain, on ne devrait rien faire pour la religion, car elle n'est pas certaine ' ». Remarquez toutefois (juil ajoute : « Mais combien de choses fait-on pour lincertain, les voyages sur mer, los batailles! Je dis donc qu'il ne faudrait rien faire du tout, car rien n'est certain: et qu'il y a plus do certitude à la religion que non pas que nous vovions le jour de demain : car il n'est pas certain que nous voyions demain, mais il est certainement possible que nous ne le voyions pas. On n'en peut pas dire autant de la religion. 11 n'est pas certain qu'elle soit, mais qui osera dire qu'il est certainement possible qu'elle ne soit pas? Or, quand on travaille pour demain et pour l'incertain, on a^jit avec raison. » — Ainsi donc, la religion est humainement, rationnellement parlant, fondée sur un calcul de probabilité. Elle n'est pas certaine, parce que la raison ne nous livre aucune certitude; mais

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