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d'un autre ordre, et d'un ordre infiniment inférieur, n'a pas plus le droit de les juger que de les rejeter.
Nous touchons si bien là le fond même, le fond intime et permanent de la pensée de Pascal, et l'interpréta tion que nous en proposons est si peu arbitraire, que l'examen des opuscules antérieurs à V Apologie, bien loin de la contredire, la confirme et la précise. Ainsi, dans son Discours sur les ])assions de Famour, Pascal écrit : « II y a deux sortes d'esprit : l'un géométrique, et l'autre qu'on peut appeler de finesse. Le premier a des vues lentes, dures et inflexibles, mais le dernier a une souplesse de pensée qu'il applique en même temps aux diverses parties aimables de ce qu'il aime. Des yeux il va jusqu'au cœur et, par le mouvement du dehors, il connaît ce qui se passe au dedans '. » Rapprochons ce passage d'une pensée célèbre : « La vraie éloquence se moque de l'éloquence, la vraie morale se moque de la morale : c'est-à-dire que la morale du jugement se moque de la morale de l'esprit, ([ui est sans règles. Car le jugement est celui à qui appartient le sentiment, comme les sciences appartiennent à l'esprit. La finesse est la part du jugement, la géométrie est celle de l'esprit". » Si nous comparons ces deux [)assages, nous voyons, d'une part, que de l'esprit géométrique et discursif dépendent toutes les sciences; que, d'autre part.
1. Kd. Havet, t. II, p. 252. Cf. les deux frairments de l'Esprit gcoinclriquc.