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cl rclentissciiu'iil profond. Do lui, |»liis (juo de tout autre, on peut dire qu'il philosophait avec son àme tout entière. Etudier en un mot sa philosophie, ce n'est pas simplement analyser une pensée : c'est voir vivre une àme.
Dans ces conditions, rien de plus naturel que d'éclairer tout d'abord Pascal par le dehors, de démêler les influences extérieures qui se sont exercées sur le développement de son esprit, et dans la manière même dont il en a subi le contrecoup, de chercher à pressentir, avec la vraie nature de son génie et de son àme, la nature des questions qu'il a été amené à se poser, et les solutions qu'il a tenté d'en proposer.
Les penseurs même les plus originaux subissent des influences de deux sortes : celles qui leur viennent de la vie, et celles qui leur viennent de leurs lectures. Les unes et les autres furent décisives pour Pascal. — L'éducation presque purement scientifique ([uil reçut développa d'abord singulièrement en lui « l'esprit géométrique », mais laissa subsister intacte dans son cœur la foi religieuse. Croyant dans une famille croyante, très suffisamment chrétien, quoique sans zèle excessif, il commence à se vouer avec passion aux sciences et, dans cette première période de sa vie, ne paraît pas s'être beaucoup préoccupé des problèmes philosophiques et religieux. — Mais en 1646, — Pascal a alors vingt-trois ans, — son père se casse la jambe : des gentilshommes jansénistes sont introduits dans la maison. La lecture de livres
LA l'HILOSOPniE DK PASCAL. 1 1
qu'ils lui prêtent est pour le jeune homme une révélation : pour la première fois, il est mis en présence des plus hautes questions de la théologie. Un brusque revirement se produit alors en lui. Uniquement préoccupé de son salut, il néglige un moment ses études scientifiques, et il ne se « convertit » pas, comme on l'a dit; mais il sait communiquer à tous les siens le redoublement de ferveur reliirieuse et janséniste dont il est lui-même animé. Nous avons sur cette période de sa vie un bien curieux témoignage dans une lettre à sa sœur Jac(iueline (26 janvier 1648). Pascal est à Paris. Il a rendu visite à un directeur janséniste. Il n'a rapporté de cet entretien que « confusion et trouble ». Mais il ajoute : « Je lui dis que je pensais ({ue Con pouvait, suivant les principes mêmes du sens commun, démontrer beaucoup de choses f/ue les adversaires (de la religion) <lisent lui être contraires, et que le raisonnement bien conduit portait à les croire, quoiqu'il les faille croire sans l'aide du raisonnement^ » Qu'on pèse bien ces paroles de ce jeune homme de vingt-quatre ans : nous avons là, dans un raccourci lumineux, l'idée de la future Apologie.
Puis vient une période de vie mondaine, pendant laquelle Pascal, sans aller jamais d'ailleurs jusqu'à l'incrédulité véiitable, se relâcha singulièrement du zèle religieux qui avait été le sien : il revient aux sciences, contracte des amitiés toutes « sécu-