LIVRE XII
Ml-KÉ-FA SOL KT J L A N N E - A U X- B 1. F E T S
Les OS de Pluviôse furent dispersés par les loups comme les os du comte de la Cliesnaye,
L’insatiable ^millotine, i)rivée par Raoul d’un de ses pourvoyeurs les plus actifs, redemandait la tête du jeune marquis : ce fut à grand’peine que Maillefer la sauva encore une fois.
Maillefer mit dans le tombeau de sa fdle mademoiselle de la Chesnaye. Ce fut un douloureux spectacle de voir le tribun prendre pieusement la tête de Blanche pour la réunir à son corps tout sanglant.
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Raoul passa deux longues années au coin de Taire maternel, affaibli par toutes ces secousses de Tàme et du corps. Souvent, quand le soir revenait avec les mélancolies, il s’en allait sans but dans le bois de la Chesnaye, errant comme un fou par tous les sentiers perdus. A la vue du donjon il s’arrêtait tout d’un coup, et contemplait dans un sombre ' silence les ruines funèbres du château.
Enfin, ses douleurs apaisées, il secoua les chaînes du repos. Bonaparte se levait sur cette nuit de deuil comme un soleil éblouissant.
Ranimé aux éclats de cette jeune gloire, Raoul voulut en suivre la fortune. Bonaparte, qui le vil soldat en Italie, l’emmena capitaine en Égypte.
Bonaparte revint en France, mais Raoul ne revint pas.
A la mort des Girondins, Maillefer avait pleuré, à la mort de Camille Desmoulins, il lui vint un désespoir aff reux : il se vit seul, sans amis sur cette grande mer Rouge de la révolution où il s’était embarqué sur sa foi ; et comme il ne voyait point la terre, mais qu’il voyait encore le ciel, où l’attendaient sa femme et sa fille, il voulut mourir.
Mais il survécut longtemps à tout ce qu’il aimait. A la seconde chute de Napoléon, il fut chassé de Thôtel de ville d’Armagny, car il avait été renommé maire pendant les Cent-Jours. Quoiqu’il accusât l’empereur d’avoir tué la République, qui sans doute