‹ Blanche et MargueriteChapitre 9 sur 27 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

— Adiou '

— Encore! s’écrie Blanche.

— Oui, adieu Blanche; je ne vous demande qu’un an.

— Prenez ma main, Mi-ré, car vous êtes un noble cœur, et votie dessein seul vous fait plus grand à mes yeux (jue ne l’a été aucun de mes ancêtres.

Et Blanche dérobant ses larmes ajoute d’tme voix plus émue.

— Demain, nous irons demander la bénédiction de Dieu dans son église.

Mi-ré veut prendre Blanche dans ses bras pour l’appuyer sur son cœur.

— Aujourd’hui, dit-elle en se dégageant doucement, je ne suis que votre sœur.

Blanche va s’asseoir, et ouvre un livre de prières; Mi-ré reprend son violon, s’appuie contre la porte et dit en souriant :

— Demain il faudra acheter une seconde chaise.

Et il continue l’air interrompu qu’il jouait au cx)mmencement de ce récit, c’est-à-dire au lever du rideau.

Mais à peine Mi-ré-fa-sol a-t-il joué Une fièvre brûlante, qu’un grand bruit de chevaux retentit dans la masure.

Blanche se jette à la fenêtre, et reconnaît son père qui accourt victorieux avec la maréchaussée.

On a mis les révolutionnaires à la raison. M. de la

32 RLANCIIE KT MARGUERITE.

Chesnaye saute à bas de son cheval, et court embrasser sa fille, qui s’est précipitée sur le seuil.

— O mon père, que je suis heureuse! s’écriet-elle en cachant sa télé sur le cœur éperdu de son père.

Heureuse ! Était- elle bien heureuse?

Oui et non.

Elle retourne à Mi-ré, qui a laissé tomber son violon à ses pieds.

— Adieu, lui dit-elle, le rêve est fini.

— Moi, je révérai toujours, murmure tout bas le joueur de violon en portant la main à son cœur.

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