‹ Blanche MortimerChapitre 12 sur 96 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

.Quelques éclaircies miroitaient bien çà et là, mais elles ne faisaient qu'agacer la curiosité sans la satisfaire.

C'est ainsi que, s'agissait-il d'oppression, Usait-il le récit de quelque châtiment infligé à des nègres, contemplait-il une statue de Spartacus ou de gladiateur mourant, son esprit s'exaltait, le sang montait à son front, une impétueuse ardeur faisait tout à coup place à ses habitudes indolentes ; si alors, dans la chaleur de ses éloquentes philippiques, il rejetait en arrière les cheveux qui ordinairement ombrageaient son front, on y voyait le rouge sillon d'une profonde cicatrice. Interrogé un jour sur l'origine de cette blessure, il avait répondu que de là avait jailli le premier sang qu'il eût répandu pour la défense des opprimés.

C'était donc à la résistance contre l'oppression que se rattachaient les premiers événements de sa vie.

Et puis un singulier mélange de défiance, nous dirions presque de peur, s'alliait à cette exaltation : il ne hasardait jamais le blâme sur une autorité établie sans promener autour de lui des regards soupçonneux, comme si, à l'égal du tyran de Padoue de Victor Hugo, il eût pressenti des oreilles et entendu des pa$ dans les murs.

Était-il donc l'objet d'une surveillance active?

Un jour qu'il avait, par hasard, tiré et ouvert sa montre, Blanche (sans le vouloir, nous l'accordons) y avait discerné, d'un coup d'.œil rapide,, une couronne ducale ou princière, avec cette inscription en français :

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