PREMIERE PARTIE
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tre;nous connaissons fort pea cette jeune personne ellemême... Il me semble que les convenances... *
— Ohl madame, rassurez- vous, ce que j'ai à lui dire n'est' point un secret. Je suis Tàssocië de la maison de banque de.....
— Donnez- vous donc la peine de vous asseoir, monsieur, je vous e» prie.
— Ne faites pas attention... Nous avons depuis longtemps une importante communication à faire à miss Mortimer, et, par une circonstance singulière, nous venons dVn recevoir une autre d'une source diamétralement opposée, et qui parait encore plus urgente. Ainsi, je suis d'abord chargé de remettre entre ses mains une somme due à la succession de son oncle; ensuite...
— Si monsieur voulait accepter quelque chose?
— Vous êtes mille fois bonne... Ensuite, disais-je, j'ai à lui remettre deux lettres et à lui communiquer la nouvelle qu'elle vient d'acquérir, par la mort d'un parent -éloigné, des droits à une succession considérable.
— Un doigt de vin d'Espagne et un biscuit?
— Infiniment obligé.
— Cette chère enfant, monsieur, avait retrouvé ici plus qu une famille. Si vous saviez toutes les bontés que nous avons eues pour elle!
— Je les devine, madame.
L'institutrice causa une très-vive frayeur à Blanche lorsque, jetant ses bras autour de son cou sans la moindre explication préparatoire, elle l'embrassa avec toute la véhémence de la tendresse la plus passionnée. Jusque-là elle l'avait en effet plutôt mordue qu'embrassée.
Blanche écouta avec le plus grand calme le récit un peu confus de sou changement de fortune. Pour elle, le bonheur n'était pas là.
— J'ai tant de choses à vous communiquer, miss Morti-
mer, que vous me permettrez de consulter mes notes. L'institutrice 6tait pendant ce temps les housses des &uteuUs.
— Ahl reprit le banquier, voici d*abord mille livres sterling dues à feu monsieur votre oncle. Seriez-vous assez bonne pour m'en donner un reçu?
— Qui donc pouvait devoir cette somme à mon oncle? demanda Blanche.
«— L'une de ces deux lettres vous en informera.
L'iiistitutrice jetait au foyer, surprise de tant de magnificence, un renfort de deux bûches.
Blanche regarda l'adresse ; elle était de Matthëus. Alors, toute la dignité froide avec laquelle elle avait résolu d'ai^ fronter les sourires de la prospérité, plus irrésistibles souvent que les coups du destin, l'abandonna ; elle brisa le cachet de la lettre et en dévora le contenu.
Matthëus l'aimait toujours... Son départ soudain et forcé pour un pays éloigné, d'où il avait chaque jour espéré revenir, la mort imprévue de M. Mortimer et l'exil de Blanche lui avaient longtemps foit perdre les traces de celle-ci... Il l'avait cherchée avec une persévérance infatigable... Il n'avait ni nom, ni rang, ni patrie à lui offrir; mais il mettait à ses pieds sa main, sa fortune et son dévouement éternel.
Ceci valait bien cela.
Il la prévenait négligemment, dans un post^scrvptum^ qu'il avait mis à ses ordres la somme de mille livres, du montant de laquelle il était redevable à son oncle.
Or, Blanche savait très-bien que sir Ralph s'était vanté toute sa vie de ne jamais rien prêter à personne.
Elle eut à peine la patience de parcourir l'autre lettre, laquelle énumérait longuement ses droits à un très-riche héritage, et contenait en même temps l'offre immédiate d'une somme considérable contre l'abandon de ces mêmes droits.