I. Cabarets
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billëes de faïence, trônait au milieu; çà et là, des crachoirs et des pipes ; dans un angle, l'image du saint patron, produit burlesque et laborieux de l'en&nce de Tart, caché en grande partie sous <ies feuilles d'or ou d'argent, et dont on n'aperçoit fort heureusement, à travers trois ouvertures pratiquées ad hoCy que le visage et les mains. Au-dessous, dans une lampe de bronze suspendue par une triple chaîne, tremblote une mèche, flottant sur de l'huile d'olive.
Ces pénates sont universels en Russie. Chaque chambre a le sien, mélange de somptuosité et de laideur, devant lequel ceux qui entrent ne manquent jamais de s'incliner dévotement. Demi-dieux sculptés par Phidias, Vénus de Milo, Madeleine repentante née du marbre de Paros au soulïle de Canova, madones de Murillo, vierges d'Holbein et de Raphaël, je comprends que l'on vous adore et qu'on se prostefne à vos pieds.;, mais devant ces types aussi affreux que vulgaires 1...
Du reste, ces patrons, trois fois saints, sont .invoqués sous des formules qui ne donnent pas une très-haute idée de la rigidité de leurs principes. Ainsi, un marchand qui viendra d'en tromper un autre, et notez qu'il y a autant ôe fraudes que de transactions, s'exprimera, je suppose, ea ces termes :
« saint patron ! un tel avait bu, hier soir, beaucoup « d*eau-de- vie, lorsque j'ai fait avec lui un marché de peaux « d'ours ; je vous demande en grâce qu'il ne s'aperçoive « pas qu'il n'y en a de bonnes que onze par douzaine et « que le reste est avarié. Moyennant quoi, je brûlerai pen- « dant quinze jours de l'huile la plus pure en votre honneur, « et ne vous tromperai pas sur la qualité. »
^ Cela rappelle un peu Louis XI disant à Dieu : « Que vo- « tre volonté soit faite... et la mienne aussi. »
Le garçon de salle était un peu moins crasseux que le palefrenier : il portait une chemise de couleur sur de lar-