Livre des haras
•• Finissez !
be quiet */ Les inflexions d'une voix anglaise, ces sons bien connus de l'oreille chevaline, et l'adresse des grooms eurent bientôt réduit la rage de Lucifer à de folâtres tentatives pour mordre Bob et lui lancer d'amicales ruades. — Otez-Iui ces cordes qui le déshonorent, dit le groom, j'en fais mon affaire. Et, le détaillant muscle à muscle, il ajouta : — C'est un cheval d'une rare beauté, et aussi sain qu'un hareng,
— Un hareng est-il plus particulièrement sain que tout autre animal? demanda le comte en riant.
— Il n'y a jamais eu de hareng, que je sache, reprit gravement Bob, qui ait eu un éparvin, une tumeur calleuse au paturon, ni qui ait été poussif, ni qui ait souffert d'une molette.
— Je le croirais assez, dit le comte. Mais quel dommage qu'il soit si rétif 1
— Il n'est pas rétif; il s'amuse, voilà tout. C'est de son âge.
— Si l'on pouvait au moins l'étriller.
— Je l'étrillerai, si monsieur le comte veut bien le permettre.
— Cela me fera plaisir, dit Horace.
— Et à moi aussi, reprit Bob. Mais ne pourrait-on lui ajuster une selle, sur le dos?
— Pour la selle, je ne dis pas... mais quant au cavalier...
— Ce sera Bob, dit le groom.
— Qui est-ce Bob? demanda le comte.
— Moi-même, monsieur le comte.
■— Essayez, mon brave ; mais je ne réponds pas de vos os.
— Seulement, il vaudrait mieux la plaine que le pavé. Ce que j'en dis est plutôt pour le cheval que pour moi, bien qu'il soit plus sûr de tomber sur le gazon.