‹ Blanche MortimerChapitre 82 sur 96 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

— Voulez-vous me présenter à votre ami? demanda-t-il au prince.

— Très-volontiers, dit Ivan. Comte Horace de Montressan, je vous présente le baron de Bamberg.

Le comte se redressa et regarda le baron en face d'un air de hauteur dédaigneuse.

— Pardonnez-moi si je vous quitte, reprit Ivan sans trop d'égards pour les convenances et eu reprenant sa course vers le fantôme qu'il cherchait.

Horace tourna sur lui-même pour s'éloigner à son tour ; mais il sentit au même instant que le baron le saisissait par la boutonnière de son habit.

Le comte ferma le poing et allait mettre en pratique les leçons de Bob Bridle...

Le baron ne lui en laissa pas le temps.

— Mille pardons, monsieur, lui dit-il ; mais vous avez ramassé une lettre qui m'appartient.

— A vous? Cela est faux.

— Je vous somme de me la donner, reprit le baron, sur qui leâ démentis avaient appris à glisser parfaitement.

— Je ne vous la donnerai pas, dit résolument Horace.

— Vous refusez?

■^ Je refuse.

— En ce cas, veuillez me suivre ; c'est au grand-maître de la police lui-même que vous allez avoir affaire.

— ■ Allons, dit le comte ; j'aime mieux le maître que les valets.

484 BLANCHE MORTIHER.

Le comte Hortce.

Horace suivit donc le baron .

Une troisième personne, surgie on ne sait d'où, comme rHomodeï du Tyran de Padoue^ leur emboîtait le pas, prête, je suppose, à s'opposer à toute tentative de fuite de la part du comte, ou à ramasser ce qu'il pourrait croire adroit de laisser tomber sur son passage.

Ce métier n'ayant qu'un assez vilain nom dans toutes les langues, nous nous dispensons de le désigner plus claire- , ment.

Le grand-maître tenait sa cour de justice dans un pavillon peu éloigné.

Bamberg y entra d*abord, et glissa quelques mots à Foreille de son chef, après quoi il introduisit le comte Horace et se retira discrètement.

Un officier de gendarmerie, vêtu de son uniforme bleu de ciel et blanc, sortit à son tour sur un signe du grand-maître.

On voyait sur une table, devant laquelle était assis le comte de Benkendorf, des plumes, du papier, des enveloppes, de la cire à cacheter et une bougie allumée : tout ce qu'il faut pour foire, dûment et légalement, d'un homme li-g bre un homme arrêté.

— Ah 1 dit le grand-maître à Horace en lui tendant la main (Horace lui avait été naturellement présenté), je ne m'attendais pas à la bonne fortune de vous servir si tôt...

— Ni moi, reprit Horace, mais je...

— Allons, monsieur de Montressan, vous portez une tête

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