‹ BlancheneigeChapitre 6 sur 10 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

Devant la cabane. Le jardinet sicr lequel ouvraient la petite porte et les trois petites feriêtres engîàr lapidées de houblon. Des allées, très étroites, découpaient géométriquement des carrés minuscules où poussaient des légumes nains. Quelques fleurs aussi, coquelicots rouges . pervenches bleues, hauts tournesols jaunes. Comme clôture, une barrière de branches, escaladée par tant de liserons et tellement couverte de lierre qu'on aurait cru une haie. Au-delà, c'était la Forêt et la muraille vert sombre des sapins.

LE RAMIER entrait en voletant par la droite.

Tant pis ! je déserte la source. Les camarades se passeront de moi. Je n'ai pas le courage de m'éloigner de Blancheneige.

LE CORBEAU entrait en voletant par la gauche.

Blancheneige est ici ; que m'importe la source là-bas ! Les compagnons boiront sans moi.

Ils se rencontraient.

LE RAMIER

Tiens ! le corbeau !

LE CORBEAU

Par exemple ! C'est toi, ramier !

LE RAMIER

L'eau de printemps coule en vain.

Blancheneige nous arrache à nos plus chères habitudes.

LE RAMIER

Que dira le hibou de se trouver seul ? LE HIBOU écartait un rameau,

J'étais ici avant vous, et moi aussi je venais visiter Blancheneige.

LE RAMIER

Les trois petites fenêtres sont ouvertes et nous pouvons la voir assise au coin de l'âtre.

Ils se perchaient sur la barrière.

LE CORBEAU

La sœur des sept corbeaux n'était pas plus assidue à l'ouvrage.

LE HIBOU

La gardeuse d'oies chez la sorcière ne besognait pas tant.

LE RAMIER

Et Sept-fois-belle n'était pas meilleure ménagère.

BLANCHE NEIGE à la fenêtre

Des amis qui me rendent visite. Bonjour bêtes. Voulez-vous des miettes ? Tenez ! tenez!

LE HIBOU

Petite princesse... mais, éveillée, elle n'entends pas notre langage, hélas !

LE CORBEAU

Hélas î Hélas !

LE RAMIER

BLAXCHENEIGE

Je suis contente de vous voir. Est-ce de récume du torrent que te vient ta blancheur, ramier? Corbeau, quelle nuit a déteint sur toi? Hibou, si tu n'es pas sage — mais ils sont sages ces gros yeux ronds — je dirai aux feuilles mortes que tu leur as volé leur rouille. Voilà que je vous parle comme si vous me compreniez.

LE HIBOU

C'est drôle. Comme les hommes ne comprennent pas les bêtes, ils s'imaginent que les bêtes ne les comprennent pas.

Tant pis! J'ai besoin de parler à quelqu'un. Les gnomes vont à leur travail dès l'aube et, toute seule, je trouve les journées longues.

LE HIBOU

Bien que ses oreilles soient closes à nos paroles, disons-lui ce dont débordent nos cœurs.

Si, du moins, je pouvais sortir, mais il m'est défendu de quitter la cabane, de crainte que la Reine brune me poursuive.

LE HIBOU

Petite...

LE CORBEAU

... princesse...

LE RAMIER

LE HIBOU

claire comme le reflet d'une étoile dans un lac tranquille,

LE CORBEAU

douce comme le parfum d'invisibles violettes,

LE RAMIER

resplendissante comme une goutte de rosée à l'aurore !

J'ai cousu longtemps, mais il faut que je cesse. Les bons gnomes rentreront bientôt et je veux qu'ils trouvent leur diner prêt.

LE HIBOU

La Forêt ta adoptée comme son enfant.

Mais tu ne sais pas combien t'aiment les bêtes et les choses qui t'entourent.

Les trois petites marmites pendent aux trois petites crémaillères. Connaissez-vous la chanson joyeuse de l'eau qui bout ?

LE RAMIER

Quand tu dors, les écureuils cessent de grignoter des noisettes pour ne pas troubler ton sommeil.

BLANCHENEIGE dvait quitté la fenêtre, mais on V entendait parler dans la cabane.

D'abord, le fond de l'eau s'agite avec un léger susurrement ; c'est delà gaîté qui couve, comme un sourire qu'on ne voit que dans les yeux.

LE HIBOU

Quand tu parles, les rossignols se taisent pour mieux t'entendre.

De grosses bulles montent à la surface et éclatent : Plok ! Le sourire a passé des yeux aux lèvres.

LE CORBEAU

Quand tu viens à la fenêtre, les sapins inclinent leurs têtes pour mieux te voir.

Les bulles se multiplient.

LE RAMIER

Le tournesol oublie le soleil pour se tourner vers toi.

LE HIBOU

Quelqu'un !

Taraissait

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