ACTE lEUXIEME
engrais qu icoâte cependant plus cher que le fumier de ferme.
ÉLISE
Il n'a rien fait. Pourquoi ? Parce qu'il n'a pas plu. Il faut que les principes en soient dissous par l'eau de pluie, pour aller porter aux racines l'azote et le phosphate...
MADAME ROUSSET
Mais il a plu cette nuit.
ÉLISE
Il a plu cette nuiti Tu en es sûre? Quel bonheurl 11 a plu ! Alors, tu vas voir père rentrer radieux. Les blés vont avoir poussé de ça !
Elle va à la porte.
Qu'est-ce que tu as, à aller toujours à la porte? Tu attends quelque chose ?
ÉLISE
Oui. Un paquet que j'ai demandé à la ville.
MADAME ROUSSET
Qu'est-ce que c'est?
ÉLISE
Un cadeau pour père. C'est aujourd'hui sa fête.
MADAME ROUSSET
Qu'est-ce que tu lui donnes ?
ÉLISE
Une lampe.
MADAME ROUSSET
Mais nous en avons une.
é'lise.
Une lampe à colonne. Haute comme ça, comme on les fait maintenant. Nous l'avons choisie, avec Lucie. Tu verras.
MADAME ROUSSET
Mais c'est bien trop beau pour nous.
ÉLISE
Non. Ce n'est pas trop beau. Maman, mets-toi bien ça dans la tête ; il^ui^ja£u^lever... Je t'ai dit, n'estce pas, quelle est notre intention, à Lucie et à moi, c'est de me marier avec son frère Georges.
MADAME ROUSSET
Tu te montes la tète. Crois-tu que M. Galoux va donner pour femme à son fils, la fille d'un cabaretier ?
ÉLISE
La fille d'un cabaretier, non; mais celle d'un gros /■négociant, oui. Or, il ne tient qu'à vous d'être riches, d'ici trois ans.
MADAME ROUSSET
D'ici trois ans ! c'est de la folie, ma pauvre enfant.
ÉLISE
Tu vas voir. Rien n'est éloquent comme un chiffre, n'est-ce pas ? Eh bien ! ... Ecoute-moi. Il y a, dans notre ville, dix mille habitants, n'est-ce pas ?
MADAME ROUSSET
Dix mille trois cents.
ÉLISE
Mettons dix mille. La statistique nous apprend que chaque individu consomme, en moyenne, pour