ACTE PREMIER
LUCIEN, ironique.
Que ne se vengent- ils?
SEPTIME-SÉVÈRE
Cet insolent affront Hâtera leur courroux ! Les dieux se vengeront !
SESTIUS, du fond de la scène.
Ah !... l'homme est mort !
Théogène se frotte les mains.
LUCIEN, arec ironie.
Les dieux exaucent qui les flatte.
THÉOGÊNE.
Plaît-il ?
Lucien lui rit au nez. Théogène reprend à part.
Je n'aime pas ce Grec de Samosate.
ALEXANDRE, soignant toujours Silrius, qui rerient à lui.
L'enfant respire...
Bien !
jEMILIA, regardant du fund de la scène ce qui se passe au dehors.
Ah !... bourreaux ! épargnez Du moins, son pauvre corps !
Elle redescend en scène.
SEPTIME-SÉVÈRE
Eh quoi ?... vous le plaignez?
LUCIEN, ironique.
Le méfait ne vient pas de ce cadavre inerte, Je suppose ?
SEPTIME-SÉVÈRE
Ah ! tenez ! ne plaisantons plus ! Certe Je patiente avant de songer à punir, Mais les moins violents peuvent le devenir !
On me veut partial, armé du fouet d'un maître, Exaspéré, cruel ; c'est bien, je saurai l'être ! Quand on mettra la main sur un de ces bandits, Qu'on me l'amène à moi !... Retiens ce que je dis, Sestius !... Je réserve à cette tourbe immonde Des fêtes qui, peut-être, étonneront le monde !
SI L VI US, d'une voix faible.
Quelles fêtes?... De qui parlez-vous donc, hélas?
THÉOGÈNE.
Des bandits qui vous ont frappé !...
SILVIUS, vivement.
Je ne veux pas î
Blandine lui jette un regard plein de douceur. ALEXANDRE, à Septime-Sévère .
Calmez-vous ! ce n'est rien !
THÉOGÈNE.
Comment, rien? J'en suis blême!.
Par les dieux, par les lois, par la morale même, Ne vous calmez pas!... non !.. Par vous, Rome est ici 1 Poursuivez, combattez sans trêve ni merci, L'odieux fanatisme ; osez vous faire craindre ! C'est leur chef, c'est Photin qu'il faut d'abord atteindre. 11 se dérobe en vain, je le découvrirai Au fond de sa tanière et je l'y traquerai !
On peut s'en reposer sur moi, je vous l'atteste ! L'évêquc emprisonné me répondra du reste.