B1BL1S
Il importe aux bijoux que Biblis vous apporte, Voyez !...
Elle ouvre son coffret.
JfiMILIA.
C'est, je l'avoue, un éblouissement 1
BIBLIS
Chaînes, perles, colliers, boucles de diamant,
Bracelets d'or, boutons d'onyx, pendants d'oreille,
Agrafes, éventails d'Asie, une merveille !
Dont la plume à coup sûr vient du paon de Junon !
Là, des baumes pour la fraîcheur du teint. — Mais non ;
L'aurore n'en a pas besoin. — Voyez encore
Les philtres, salamandre, aconit, mandragore,
Cantharides... Enfin, l'arsenal de beauté
Qui fait de toute femme une divinité !
J5MILIA.
Chère Biblis !
EPAGATHUS, à Attale.
Autour de toutes ces paillettes, Vois-moi tourbillonner cet essaim d'alouettes !
.ASMILIA, examinant une agrafe.
Oh ! la superbe agrafe ! Attale !
BIBLIS
C'est pour rien ; Sardoine d'Orient.
jEMILIÀ.
N'irait-elle pas bien Sur ma stole bleue ?
ATTALE
Oui.
iEMILIA.
Blandine ! prends ma stole.
Et me l'apporte !... Eh bien ? à quoi rêves-tu, folle?... Blandine?...
Blandine lève la tfte.
Ah !... Va chercher ma stole bleue.
Blandine sort.
EPAGATHUS.
Elle a
Du mystère dans l'œil, cette Blandine-là.
iEMlLIA.
C'est une perle ; très au-dessus, je le jure,
De sa condition. Jadis, à sa ceinture,
Quand je lus l'écriteau d'usage qui vantait
Ses qualités d'enfant, je crus bien qu'il mentait ;
Pas une tare, pas un défaut, pas un vice !
Un éloge sans borne ! Et son regard complice,
Semblait balbutier... « Maîtresse, achète-moi ! »
Or l'écriteau disait la vérité. Je croi
Que l'enfant s'est parfait aux vertus de la femme
Et que Minerve môme a soufflé sur son âme.
Epagathus sourit en regardant jEmilia.
Que voulez-vous? Blandine est ma faiblesse à moi, Mon passereau !
EPAGATHUS.
Fort bien !
Cris au dehors.
jEMILIA.
Écoutez !