ACTE, QUATRIÈME
SEPTIME-SÉVÈRE
Eh bien?
Mîme silence. — S'adressant à Sanctus qui s'est relevé et qui s'appuie péniblement contre la colonne.
Toi!... Que je meure.
Si l'on ne ta brisé les genoux tout à l'heure Pour te faire avouer où se cache Photin!
SANCTUS
L'ai -je dit?
SEPTIME-SÉVÈRE
Sois tranquille! On peut quelque matin Te rougir d'autres coins à cette même flamme !
SANCTUS
Légat, commence donc par trouver une autre âme!
SEPTIMB-SÉVÈRE.
Mais quelle force aveugle est donc en vous?... Quel feu Vous anime? Quel bras vous soutient?...
SANCTUS
Dieu!
SEPTIME-SÉVÈRE
Quel Dieu?
Qu'il se révèle au moins par un éclair, un signe!
SANCTUS
A qui? pour le connaître il faut en être digne!
SEPTIME-SÉVÈRE
Je rêve!... car enfin il en est parmi vous
Qui n'ont rien de commun avec ces tristes fous!
Des âmes et des cœurs d'élite! — Prenez garde! Imprudent qui de vous avec moi se hasarde !
Peser ce que j'ai dit et ce que je promets :
Voulez- vous me livrer votre évoque?
TOUS
Jamais!
Septime-SéTère brandit ta masse d'armes avec un geste de fureur ; puis il redevient calme et reprend après un moment de silence.
SEPTIME-SÉVÈRE
Attale, toi, la fleur des citoyens de Rome!
Epagathus, en qui brille tout ce qu'un homme
Peut rassembler d'honneurs, de gloire et de vertus!
Toi qui fis honorer le nom d'Epagathus!
iEmilia, qui, dans Lyon parlez en reine
Et dont rien n'a terni la beauté souveraine !
Vous tous enfin! pourquoi descendre dans leurs rangs?
Pourquoi de ces bandits faites-vous vos tyrans?
Laissez ces visions à la plèbe d'Horace,
Aux esclaves, aux grns sans culture et sans race!...
Aux insensés qu'un Dieu choisit, maître ou valet,
Pour gouverner la terre !
Il choisit qui lui plaît!...
SEPTIME-SÉVÈRE, montrant Blandine arec mépris.
Tenez!... à celle-ci... qui s'exalte à m'entendre!
Apercevant Bibl s.
Ahl Biblis! toi, du moins, tu sauras me comprendre, Livre-moi ce Photin et je te couvre d'or!
J'ai promis mille écus; te faut-il plus encor?... Pour qui la veut servir, Rome n'est pas avare ! Mais que vais-je espérer de Biblis? Je m'égare! Ce n'est pas toi qui peux seconder ma fureur !