LA PLAINTE DU PROLKTAIUE
Transportons-nous maintenant dans une de ces salles où le prolétariat tient ses assises. Quel souffle d'ouragan agite cet océan de têtes ! Quelles impatiences ! quelles colères ! quelles plaintes, quelles ironies, quelles menaces, quels appels formidables à la justice ! Au milieu de ces cris, de ces interruptions, de ces éclairs, rien de net et de positif qu'une chose, le sentiment du droit. A la surface de ce bouillonnement, une écume chargée de récriminations , de révoltes et de projets plus ou moins extravagants; au fond, inie certitude, le droit, la revendication de l'opprimé, revendication sainte, éternelle, jusqu'à ce qu'on y ait satisfait.
C'est par nous qu'il y a des riches, et nous sommes pauvres; nous sommes les producteurs et nous consommons à peine; ces temples, ces palais, ces maisons confortables, c'est nous qui les avons bàlis; ces voitures rapides, élégantes, c'est nous qui les avons construites; ces étoiles de velours et de soie, ces (liamants et ces bijoux sont l'œuvre de nos mains; les aliments variés de vos tables somptueuses, c'est à nos labeurs qu'ils sont dus; artisans du luxe de cette grande capitale, nous vivons dans les priv.-itions et In misère : chair à canons, chair à prostitution,