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chair sacrifiée au travail malsain, homicide, c'est sur notre fumier, sur les couches profondes que nous formons sous vos pieds, que vous, riches, capitalistes, heureux du siècle, vous élevez vos tiges élégantes, épanouissez vos fleurs parfumées et portez des fruits savoureux.
Que répondre? Est-ce que le droit do vivre par son travail n'est pas le premier et le plus saint des droits? Comment le contester? Est-ce qu'en principe les hommes ne sont pas égaux devant la loi commune, devant la loi sociale, hase de leur sécurité et de leur union? De quel droit la terre, domaine de l'homme, a-t-elle pu être morcelée et appropriée par quelques-uns? N'avons-nous pas tous un droit égal à une part de soleil, d'air respirahle? Oui, à coup sûr, c'est un mauvais spectacle, une odieuse et terrihle extrémité que de voir les uns, en petit nombre, mourir de la pléthore du luxe, et les autres, en foule pressée, crever par excès de misère; de voir les uns vivre sans travailler, les autres mourir parce qu'ils travaillent trop ou parce qu'ils manquent de travail.
Mais laissons cette plainte, purement théorique, et écoutons les récriminatious des prolétaires eux-mêmes. Voici ce que je relève dans une réunion où s'agitait la question du chômage :
« La bourgeoisie est toute puissante par la propriété du sol, par le capital et le crédit, elle peut attendre... Les patrons pensent tout bas ou disent entre eux : que nous importe? l'ouvrier n'est qu'un instrument pour nous.
» Le peuple lui, est trop ignorant, il frémit, il soufire sous le joug de l'ordre social; il souffre longtemps, ses cris de douleur sont sans échos, jusqu'au moment où ils se transforment en cris de rage. S'il réclame trop vivement, il y a des chassepots qui interviennent. En bonne justice, ce devrait être contre les patrons.
» Il faut un remède. Ce remède c'est le communisme, la propriété collective.
» Nous' arriverons à constituer la fortune publique autrement qu'elle ne l'est aujourd'hui. Nous ne verrons pas tout aux uns et rien aux autres. D'un côté, des gens qui travaillent, de l'autre, des gens qui ne savent que faire de l'argent qu'ils nous prennent... Nous ne verrons plus la misère et la faim venir frapper à nos portes, nous ne verrons plus traîner dans les rues les prostituées, prostituées titrées ou autres. (Bravos prolongés).