‹ Blasphèmes: poèsiesChapitre 13 sur 24 · REACTION · texte numérisé non relu

REACTION

Car voilà trop longtemps que nos instituteurs. D'excellents musiciens, mais de mauvais lutteurs,

Nous prêchent la concorde 1 Nos pères, disent-ils, criards comme des paons. Loin d'ôtre des héros, étaient des chenapans.

Gens de sac et de corde !

Ils n'ont pas essayé d'employer la douceur Contre l'oppression et contre Toppresseur.

Ils ont tiré leurs armes I Ils sont allés chercher les rois dans les palais, Ils ont guillotiné les nobles, leurs valets,

Et sans verser de larmes 1

Rhéteurs stipendiés, misérables pédants!

D^ne race héroïque indignes descendants.

Rengainez votre prose 1 Saluez ces manants qui, brandissant le soc, D'un injuste agresseur ont affronté le choc

Et sont morts pour leur cause !

C'étaient de vaillants coeurs, qui, luttant sans repos, Savaient plutôt mourir que d'ôtre les suppôts

Des nobles et des prêtres!

« Nous sommes, disaient-ils, vos égaux et vos pairs, « Travaillez comme nous! Trêve de vos grands airs!

« Sinon, voici vos maîtres ! »

f Qaand devant nos tyrans vous étiez à genoux, « Ce fut pour vous lever les talons sur nos cous

^ « Et les mains sur nos chaînes!

fc C/en est fait! Il n'est plus de noblesse de rang !

I « Et si quelque faquin se dit d'un autre sang, « Qu'on lui perce les veines ! »

I Pour démolir cette œuvre injuste des vieux temps, I II fallait des héros, il fallait des Titans,

Des hommes de tonnerre !

I II fallait renverser le passé des vainqueurs ! Et dédaigner Tesprit des futurs chroniqueurs

De la vie ordinaire !

Et s'ils sont revenus ces ci-devant marquis, ^Possédant sans vertu des honneurs mal acquis^

Au-dessus de leurs tâches — C'est que nous avons peur de nos propres terreurs, C'est que nous retournons vers nos vieilles erreurs.

C'est que nous sommes lâches l

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