REACTION
Car voilà trop longtemps que nos instituteurs. D'excellents musiciens, mais de mauvais lutteurs,
Nous prêchent la concorde 1 Nos pères, disent-ils, criards comme des paons. Loin d'ôtre des héros, étaient des chenapans.
Gens de sac et de corde !
Ils n'ont pas essayé d'employer la douceur Contre l'oppression et contre Toppresseur.
Ils ont tiré leurs armes I Ils sont allés chercher les rois dans les palais, Ils ont guillotiné les nobles, leurs valets,
Et sans verser de larmes 1
Rhéteurs stipendiés, misérables pédants!
D^ne race héroïque indignes descendants.
Rengainez votre prose 1 Saluez ces manants qui, brandissant le soc, D'un injuste agresseur ont affronté le choc
Et sont morts pour leur cause !
C'étaient de vaillants coeurs, qui, luttant sans repos, Savaient plutôt mourir que d'ôtre les suppôts
Des nobles et des prêtres!
« Nous sommes, disaient-ils, vos égaux et vos pairs, « Travaillez comme nous! Trêve de vos grands airs!
« Sinon, voici vos maîtres ! »
f Qaand devant nos tyrans vous étiez à genoux, « Ce fut pour vous lever les talons sur nos cous
^ « Et les mains sur nos chaînes!
fc C/en est fait! Il n'est plus de noblesse de rang !
I « Et si quelque faquin se dit d'un autre sang, « Qu'on lui perce les veines ! »
I Pour démolir cette œuvre injuste des vieux temps, I II fallait des héros, il fallait des Titans,
Des hommes de tonnerre !
I II fallait renverser le passé des vainqueurs ! Et dédaigner Tesprit des futurs chroniqueurs
De la vie ordinaire !
Et s'ils sont revenus ces ci-devant marquis, ^Possédant sans vertu des honneurs mal acquis^
Au-dessus de leurs tâches — C'est que nous avons peur de nos propres terreurs, C'est que nous retournons vers nos vieilles erreurs.
C'est que nous sommes lâches l