OBSERVATION XXXVIII
(Due à l’obligeance de M. le Professeur agrégé BoNNET)
D..., blessé le 6 mars 1915, par balle de fusil qui a traversé en séton le tiers inférieur de la cuisse droite et a déterminé deux très vastes orifices, l’un à l’entrée, l’autre à la sortie.
Au moment de la blessure : Sensation de coup de bâton sur la cuisse. Hémorragie très abondante. Paralysie immédiate du membre inférieur. Le blessé tombe sur les mains, puis, ne pouvant se relever, rejoint ses camarades en rampant sur les genoux.
Les jours suivants, phlegmon gazeux pour lequel on fait de larges débridements.
La plaie est complètement cicatrisée vers le 15 juin, la paralysie n’a rétrocédé en aucune façon.
Examen du 22 juin: On constate :
a) Troubles de sensibilité : Anesthésie de la face externe de la jambe, du dos et de la plante du pied (sauf sur la partie moyenne de la face interne) remontant derrière le calcanéum
‘des deux cotés du tendon d’Achille.
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b) Troubles de la motricité : Paralysie de tous les muscles innervés par le sciatique. Sont seuls exceptés : le biceps, le demi-membraneux, le demi-tendineux.
c) Troubles trophiques : Insignifiants.
d) Phénomènes douloureux : Douleurs sous forme de tiraillements dans le pied dans des points imprécis. Douleur à pression du sciatique au point lésé. Douleur dans le pied, sensation d’électrisation quand on presse sur la région lésée du sciatique.
Intervention 9 juillet 1915. — Le compte rendu opératoire n’a pu être retrouvé.
De juillet à novembre, marche comme avant l’opération, sans chaussure orthopédique. Cependant, amélioration progressive de la sensibilité.
En novembre 1915, à la suite d’un bain de pied chaud, en sortant du bain, phlyctène sous le pied en regard de la tête du quatrième métatarsien. Il marche toute la journée et le soir elle est complètement ouverte.
Malgré ce mal perforant, il marche assez bien tantôt avec, tantôt sans béquilles.
Comme ce mal perforant ne guérissait pas, M. Regnard, en mars 1920, fait une amputation de Chopart, avec arthrodèse (cheville d’ivoire) et allongement du tendon d’Achille dans une même séance. Pas d’immobilisation plâtrée.
Amélioration de la marche qui se fait sans béquilles ri chaussure orthopédique, le pied est simplement muni d’une botte en cuir et d’un avant-pied en bois.
En décembre 1921, mal perforant plantaire qui cède à un mois de repos, jambe étendue, puis reparaît.
Depuis mai 1922, marche sur béquilles,
Examen du 22 juillet 1922. — En septembre 1916, des mouvements sont réapparus dans les jumeaux, le malade peut porter son pied en adduction et faire marcher la chaussure, Aucune amélioration sur les muscles de la région anté-
ro-externe, La jambe est bien mobile sur la cuisse, La sensibilité ne manque qu’au talon.
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OBSERVATION XXXVIIII
(Clinique de M. le Professeur TixtER)
P..., blessé le 5 septembre 1914, par balle.
O. E. partie moyenne de la cuisse gauche. O. S. au-dessus de la fesse.
Au moment de la blessure, sensation d’un violent coup de fouet, le blessé, qui était à genou, tombe sur le côté droit. Hémorragie abondante. Paralysie immédiate de tout le membre.
Entre le 18 septembre 1914. Le malade souffre de façon terrible jour et nuït, il existe une légère anesthésie dans territoire du $. P. E. Il y a paralysie des muscles du S. P, I. et du long péronier latéral.
Intervention le même jour. Nerf est noyé dans un hématome considérable au niveau du grand fessier. Au niveau de l’échancrure sciatique il est entouré d’une gangue inflammatoire. On le libère.
Examen du 14 février 1915. — Le malade revient avec une jambe en flexion exagérée. II est impossible de dépasser l’angle obtus sans anesthésie générale. La rétraction des muscles de la patte d’oie est considérable. Il faudra avoir recours à plusieurs séances.
Actuellement (novembre 1922), le malade à récupéré l’extension et flexion de sa jambe. I1 peut relever la pointe de son pied, se tenir sur elle, mais seulement muni d’un apparil orthopédique. Le pied est en équinisme léger. Grosse atrophie de la cuisse et du mollet.
Il y a anesthésie sur la face externe de la jambe gauche et sur le dos du pied. Au point de vue subjectif, les troubles sont encore assez accusés. Le blessé se plaint d’une sensation de brûlure dans la plante du pied et de picotement sur la face externe de la jambe.
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