‹ Blessures par grains de plomb de l'organe de la visionChapitre 4 sur 17 · PLAN ET DIVISION · texte numérisé non relu

PLAN ET DIVISION

Nous avons d’abord envisagé les blessures oculaires par grains de plomb à un point de vue très général, en ne considérant cette blessure que comme une porte d’entrée possible aux germes septiques ; la complication de suppuration de l’œil, étant en effet une de celles, parmi les graves, qui se montrent au début, et de plus compromettant beaucoup lesortde l’œil, il était naturel de nous préoccuper du pronostic à ce point de vue général.

Mais après avoir échappé à cette complication grave entre toutes, l’œil n’en reste pas moins exposé à tous les accidents qui peuvent résulter du fait de l'introduction d'un grain de plomb aseptique dans ses milieux. Nous nous trouverons donc en présence d’un corps étranger aseptique, ayant pénétré avec une certaine violence, et qui, sur sa route, aura pu recontrer différentes parties de l’organe de la vision. Il ne nous suffit pas de connaître d une manière générale les conséquences résultant du degré de septicité du projectile, il faut apprendre à connaître les différentes lésions qu'il cause au niveau de chaque partie constitutive de l’organe.

C’est ainsi que nous étudierons ses lésions au niveau des Membranes externes , Conjonctive, Sclérotique, Cornée puis nous le verrons dans certains cas se placer dans la Chambre antérieure , dans d’autres, léser l’Iris soit en le

perforant, soit en s'y incrustant, pour ainsi dire. Allant plus loin, il pourra rencontrer le Cristallin et enfin pénétrera dans la Chambre postérieure.

Là une question importante, difficile à résoudre, se présente à notre étude. L'examen d’un œil blessé par un grain de plomb permet il d’affirmer la pénétration du corps étranger ; nous verrons combien peu importants sont les symptômes qui nous donnent une présomption. Nous ferons alors le tableau clinique de l’accident, quelques heures après la blessure, ensuite nous examinerons notre malade quelques jours après, alors que la marche des accidents commencera à se dessiner, nous verrons que la tolérance complète peut se faire, qu’il peut y avoir cyclite purulente, succédant à l’iridocyclite traumatique qui est constante dans le début ; enfin que l’œil aboutit presque toujours à l’atrophie si des complications d’ophtalmie sympathique n’ont pas rendu urgente son énucléation .

Après nous être ainsi préoccupé du sort de l’organe, nous examinerons celui de la fonction et nous verrons que, à part de rares exceptions, la vue est presque toujours compromise ; nous verrons toutes les altérations qu’elle nous offre.

Notre étude serait incomplète, si nous la bornions aux blessures dans lesquelles le projectile n’intéresse que le globe oculaire ; il peut se faire aussi que les parties constitutives de l’orbite aient été lésées ; et cc sera là le sujet auquel aura trait la seconde partie de notre travail. Nous supposerons deux hypothèses: la première, dans laquelle le grain de plomb aura respecté le globe et n’aura atteint que les parties constitutives

del’orbite, produisant des troubles en rapport avec l'importance de l’organe lésé dans cette cavité. En second lieu, nous étudierons le cas dans lequel le grain de plomb n’a pu atteindre l’orbite qu’après avoir transpercé de part en part le globe oculaire -, nous verrons les réelles difficultés que présente alors le diagnostic, et les accidents que peut entraîner la présence d’un projectile de ce genre au fond de la cavité orbitaire.

Apres avoir ainsi passé en revue toutes les lésions que peut produire un grain de plomb sur l’appareil de la vision nous nous préoccuperons très longuement du traitement ; et, là encore, suivant la marche que nous avons adoptée, nous indiquerons quels sont les soins à donner dans les premiers moments de l’accident et comment il faut se comporter en présence des accidents et des complications.

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