‹ Blessures par grains de plomb de l'organe de la visionChapitre 6 sur 17 · C. — Sclérotique · texte numérisé non relu

C. — Sclérotique

Comme toutes les plaies de la sclérotique, celles produites par un grain de plomb ont une double gravité, d’abord à cause delà possibilité d’une lésion simultanée du corps ciliaire, ensuite en raison de la perte plus ou moins considérable du corps vitré. Cette dernière considération a une moins grande valeur dans ce cas ; en effet, à moins d’un projectile d'un volume considérable, il arrive le plus souvent que la plaie se referme d’elle même, en raison de l’élasticité des membranes qu’il a perforées.

A). Simple contusion. — En première ligne il faut signaler le cas ou le grain de plomb a simplement pro duit une contusion de la sclérotique, sans pénétrer. Dans ce cas une ecchymose se produit plus ou moins considérable selon la force du projectile.

Obs. XIII. (Mackenzie. Traité des maladies des yeux).— Un marqueur dans un tir se trouvait à plus de 80 verges de l’homme qui tirait le pigeon. Un plomb n° 6 vint frapper le

côté externe d’un des yeux sur la sclérotique, il ue détermina sur le moment qu'une très légère ecchymose.

Au sujet de ces simples contusions de la conjonctive, il y a lieu de signaler des lésions souvent graves que produit ce traumatisme. Nous citons au sujet du diagnostic de la pénétration du grain de plomb des cas dans lesquels l’amaurose survint à la suite de l’ébranlement produit par le choc des grains de plomb à la surface de la sclérotique. Fréquemment aussi, des hémorrhagies de la chambre antérieure viennent compliquer le diagnostic. Si nous ajoutons que, dans ces cas il y a des symptômes réactionnels violents qui viennent gêner beaucoup l’examen de la plaie, on verra combien il est souvent difficile de savoir si c’est à une contusion simple ou à une perforation que l’on a eu affaire. Comment donc dans ces cas difficiles, arriver à avoir sinon une certitude, au moins des probabilités, et éviter de tombèr dans l’erreur fréquente de certains chirurgiens qui, d’emblée, proposent l’énucléation. Dans ces cas, l’expectation seule parviendra à lever les doutes ; ce n’est qu’ après quelques jours d'attente et de traitement antiphlogistique que l’on arrivera à éliminer le diagnostic de pénétration du corps étranger.

Il faudra donc avoir ces cas présents à l’esprit de vant une semblable lésion, et ne pas se hâter de porter un pronostic trop fâcheux que contredirait vite une amélioration par trop rapide.

Mais l’examen soigneux, après la cessation des premiers symptômes toujours effrayants, devra être fait minutieusement, car, au milieu de l’ecchymose, il arrive de trouver une plaie presque toujours très petite en rai-

son de l’élasticité du tissu scléral qui tend à en rapprocher les lèvres.

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