‹ Bleu, blanc, rouge [microforme]Chapitre 8 sur 79 · L’AME-SŒUR · texte numérisé non relu

L’AME-SŒUR

À lui !

Etranger ici-bas, car nulle âme 4 mon âme N’avait encor donné sa lumière et sa flamme.

J'allais toujours dans l'ombre, hésitant et craintif ; Je fuyais les amours et le baiser furtif,

Le Printemps, le soleil, la gaîté, le Sourire, Car la désespérance irritait mon délire.

Perdu comme un brouillard dans la mer d’ Je voguais avec lui vers d'étranges pays, Où souriait mon rêve irréel, diaphane, Bras Souples et blancs, enlaçante lianne Autour de mon front pâle. Ah! chère vision Dont ma lèvre de feu buvait l'illusion.

un ciel gris,

Molle ainsi qu'une chiffe, inconsistante, veule ! L'éclair étrange et dedur mon œil dilaté...

Mais depuis qu’en mon ciel a lui cette clarté D'une amoureuse étoile enveloppant mon être,

Scintillant en mon cœur, je m'écoute renaître. Je marche dans la nuit où brillent tes grand, yeux, Baigné de chaude effluve, enivré, radieux ; Je sens à chaque instant sur ma tempe meurtrie, D'une bouche de charme à la courbe amollie Le souffle caressant errer doux et léger, Comme un baiser discret du zéphir messager.

Un soupir de la rose à la brise qui passe. Quel nom te fit je ciel, déesse, muse ou grâce, Toi qui courbes vaincu le lion des déserts, Le censeur rugissant du genre humain pervers Et fais couler ses pleurs !. .. Sois donc béni, doux ange, Pour ainsi te pencher sur mon indigne fange, Deux ruisseaux de mes yeux dégoulinent sans fin Comme la sève d'or du grand érable brun, Rivières de douceurs qui suintent sur la pierre Où fleurissent la mousse et le fidèle lierre Au soleil d'un regard!... Ah! qu'il fait bon pleurer Quand le cœur est heureux, libre enfin d’espérer, Ange, dis-moi...

“« Je suis l'âme sœur de la tienne, Le deuxième verset de la joyeuse antienne Alternant les amours au temps du renouveau.

Le reflet de ton front, se mirant au ruisseau, Le décalque de toi sur le linge mystique Pénétrant ct subtil d'une autre Véronique.

L écho de ta pensée, aérien, courant, Qui traverse les mers, la tourmente et le ‘vent, Sur les fils de l'éther pour embrasser mon âme, Et l'éclairer en rêve, avant-ccureuse flamme D'un jour ensoleillé... Et je suis le désir, Le frisson de l'aimant, le passé, l'avenir, L'étincelte jaillie À cette heure suprême, Quand du foyer divin tu surgissais toi-même.

Je suis, ô cachottier, la clef d'or du coffret Où tu gardes enfoui le merveilleux secret De l'écrin de ton cœur : diamants de Golconde, Gisements précieux, pour celie, brune ou blonde Souveraine par droit de conquête et d'amour, Que tu couronneras À l'aurore d'un jour Immortel comme Dieu. Tu ne sais pas encore

U—BLA NC— ROUGE

Car je suis Je Passé, le Présent, l'avenir, Ta Douce, l'Ame-Sœur, celle qui doit venir,”

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