COMME UNE REINE
Heureuse comme une reine !
Que de fois cette exclamation m’a rendue rêveuse ! J'ai interrogé l’histoire des Souveraiues illustres, à tous les âges de l’humanité, et je n’ai rien trouvé qui justifiât cette croyance populaire, cette loi naïve au bonheur caché sous la pourpre ou l’hermine.
Est-ce Cléopâtre, on la reine de Saba ou 4grippine ? Est-ce Brunehaut ou Frédégonde ? Serait-ce, par hasard, la panvre Marie Stuart payant de sa tête une royauté de grâce et beauté qui puitait ombrage à sa cruelle et froide cousine, la ‘ virgin queen,’ fausse colombe, idéal de la pruderie britannique ! Elisabeth, ton génie et ta gloire n’ont pu combler ton âme insatiable ; le remords, comme un ver rongeur déchire tes entrailles et Spasme de désespoir, poussière, appelant la
Marie -Antoidigne la populace en fureur,
reine jouant à la paysanne Comme une fillette à la dame ‘“ ravie de Porter sabots et Cotillon, pour faire retentir les échos du Trianon de Joyeuses Pastorales, herreuse d’é. chapper durant quelques heures du moins à l’abrutissement des Pompes royales... Et si belle ! que les 8avroches
Poussant un “ah ÈS ”’admiratif qui flattait infiniment la fine autrichienne. « J'aime mieux, disait-elle, cet hom. Mage naïf des Samins de Ja rue et des petits räamoneurs
Dès l’aurore du siècle, Joséphine, l’amoureuse créole, offerte en holocauste à l’ambition effrénée de son époux,
Chée par l’hymen à cet abject Personnage, hydre de la
France, ‘ce singe de Bonaparte Comme l’apg ‘it Victor
Hugo, Exilée, l’impératrice, loin du beau ciel de e
Et notre £racieuse SOuveraine, elle-même, sa glo- . rieuse Maternité ne l’a pu Préserver de cette malédiction qui semble Peser sur Ja TOYauté, Jeune encore, elle
Petite Ouvrière, quand tu reviens de l'atelier dans ta Chambrette qu’un rayon de soleil dore, ne Soupire pas
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libre, entends-tu, libre de lui donner ta vie! On ne t’imposera au berceau quelque prince imbécile, grotesque, ou précoce vieillard ; tu ne connaîtras jamais l’asservissement de l’étiquette des cours, le poids du diadème écrasant, courbe si vite le front de ces pauvres femmes qui vivent et meurent sans avoir connu l’amour!.. ‘ Heureuse comme une rein2,” 6 ironie! Mais regarde les portraits de ces esclaves Couronnées, vois ce sourire ennuyé figé sur leurs figures pâles, compare-le avec tes joues roses et ta frimousse éveillée. oubliant que cette fleur de chair vermeille est toi-même, dis, qui voudrais-tu être ?
Oh ! si elles connaissaient ton bonheur, comme elles te jalouseraient, toi qui ne le sais seulement pas !