‹ Blida, récits selon la légende, la tradition & l'histoire (volume 2)Chapitre 7 sur 21 · TO · texte numérisé non relu

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c’est-à-dire depuis le pont de l’ouad El-Merdja jusqu’au point appelé le Rocher-Blanc, elle a été, nous le répétons, conquise sur le rocher ou sur le lit de la rivière. Il y a quelques années, avant qu’on eût fait tomber à coups de canon les parties menacantes de ce qu’on appelait le Rocher pourri, il se produisait en ce point, pendant la saison des pluies, des éboulements considérables qui, en obstruant complètement la route, arrêtaient la circulation pendant plusieurs jours. C’est à la fin de 1859 qu’on prit le sage parti de battre à coups de canon ce rocher hérissé de blocs en surplomb, et d’en précipiter les portions manquant de solidité dans la rivière.

Néanmoins, et malgré les garde-fous qui la bordent çà et là, cette route n’en court pas moins encore entre deux dangers : des lames schisteuses tranchantes comme des haches en suspension sur nos têtes; l’abime à pic et la rivière béante sous nos pieds.

Comme la rive droite, la gauche a des pics audacieux, des soulèvements à tous les degrés, à toutes les inclinaisons; elle a des pitons bizarrement cerclés ou diversement veinés; elle a des rochers fracassés, feuilletés, ébranlés, disloqués, ou disposés horizontalement en assises régulières comme si Phomme s’en fût mêlé; on dirait les tiroirs d’un meuble gigantesque ; elle a aussi ses éboulements, ses glissements, ses débris amoncelés pareils aux ruines d’un monde; elle est ridée de ravins impénétrables, de torrents fougueux, de ruisseaux d'argent, de

sources éplorées; ses pentes sont parées de toutes les verdures, de toutes les fleurs des montagnes. Le chêne-liège, le chêne à glands doux, le chêne-zéen, le chène-vert, le phillyréa, l’olivier, le micocoulier, le lentisque, le thuya, le caroubier, le boux, le genêt épineux, le genévrier vénitien, toutes ces essences réunies en massifs semblent s’élancer à l'assaut des crêtes, et les touffes de dis paraissent les précéder en agitant leurs panaches argentés. Cette rive gauche à aussi des grottes profondes qui, avant nous, étaient hantées par les génies. Aujourd'hui, on n’y rencontre plus guère que ceux des Ponts et Chaussées. Avons-nous perdu ou gagné au change? Dans l'intérêt de ce corps savant, nous ne chargerons pas un poëte de résoudre la question.

Cette rive porte aussi les auberges, les haltes de restauration ou de rafraichissement. Celle connue sous le nom de « Ruisseau des Singes » s'élève à l'embouchure d’un torrent et dans une situation très agréable. Elle est fort fréquentée par les touristes et par des couples en rupture de ban qui éprouvent l’irrésistible besoin de faire de la villégiature cythéréenne, et surtout de pêcher leur matelote eux-mêmes. Il paraît que, dans cette dernière opération, on trouve des voluptés dont on ne saurait se faire une idée exacte qu’en l’expérimentant pour son propre compte.

On remarque encore sur les berges basses de la rive gauche de la Cheffa, particulièrement aux

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