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. Quoiqu'il en soit,. mon cher Mauguin, le livre est fait, et cela, probablement, parce qu’il était écrit que ce livre serait fait, et en donnant asile, autrefois, dans votre journal, aux fragments successifs que je produisais, vous assuriez leur conservation, et me permettiez d'attendre, sans crainte de les égarer, le jour fortuné où ils pourraient être réunis, et former ainsi deux beaux et appétissants volumes. Or, rendons-en grâce aux dieux ! ce jour est enfin arrivé!
Les Blidiens peuvent être désormais tranquilles; au moins, à présent, ils ne sont plus exposés à rester cois quand on les questionnera sur les origines de leur charmante cité.
Je vous devais encore cette dédicace, mon cher Maire, parce que vous avez magnifiquement et intelligemment continué l’œuvre de vos devanciers, dont quelques-uns ont été des Administrateurs d'élite, et parce que vous l'avez achevée et poussée à ce point de faire de votre délicieuse ville une merveille d'élégance, degrâce, de fraicheur et de salubrité.
C’est pour le coup que, si, par faveur insigne, le Dieu unique permettait à son Ouali (1), Monseigneur Ahmed-ben-loucef, de sortir de son tombeau de Miliana pour venir visiter son « Ourida » — petite Rose — de trois cents ans, ce saint poëte, n’hésitant pas à ajouter un paquet de cordes à sa lyre, ne manquerait pas, dans son enthousiasme, de s’écrier ravi: « Je t’avais
(1) Ami de Dieu.
NN
nommée autrefois « Ourida, » — une petite Rose ; — aujourd’hui, je t’appelle un « Roudha, » — un parterre de fleurs ! »
Il faudrait être bien exigeant, ce me semble, pour se refuser à reconnaître que cet amas de raisons est parfaitement suffisant pour vous mériter la dédicace de ce livre de Récits. J’ajouterai, du reste, que, dans cette occasion, je n’ai pris conseil que de ma tête, et que c’est toujours ainsi que j'ai la mauvaise habitude d'opérer.
Croyez donc, mon cher Maire, à une affection qui a déjà des cheveux gris; car il y a bien près d’une trentaine d’années, si mes souvenirs sont exacts, que je vous l'ai vouée.
L'Auteur,
Colonel TRUMELET.
Valence (Drôme), le 1er septembre 1886.