NY
Iakoub, qui, le samedi, venaient en ziara (pèlerinage) sur son tombeau.
Un jour, — c'était en septembre 1860, — Blida est prise d’une folle joie : elle vient d'apprendre que le mäïtre de la France, en route pour visiter son royaume d'Afrique, doit s'arrêter dans ses jardins, qu’on lui a dépeints, sans doute, beaux à humilier ceux d’Armide; soudain la coquette, qui sait qu’un brin de toilette n’est jamais de trop, même pour une jolie fille, se met à se parer de ses plus beaux atours : ses rues sont balayées à fond; ses maisons sont badigeonnées en rose; elle met des arcs-de-triomphe en calicot dans sa chevelure; les chemins par lesquels on arrive à elle, habituellement plus accidentés que le dos d’'Esope, sont nivelés à faire envie au Lac tranquille; leurs fossés sont rasés de frais; les buissons et les arbres sont époussetés; les feuilles mortes sont remises en couleur et passées au vernis. Quelques auranttcoles, professant hautement ce principe avancé que le premier devoir d’une orange est d’être jaune, risquèrent, dit-on, le flatteur anachronisme de donner cette couleur à leurs fruits, qui avaient l’impertinence d’être encore verts.
Après une vive discussion, le Jardin public avait été choisi comme le lieu le plus convenable pour recevoir les illustres hôtes qui daignaient honorer Blida de leur présence; mais il y avait beaucoup à faire — et il ne restait que peu de temps — pour le rendre digne des augustes visiteurs. On se mit aussitôt à l’œuvre : on éleva une