‹ Blida, récits selon la légende, la tradition & l'histoireChapitre 8 sur 41 · NS · texte numérisé non relu

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et les féroces cavaliers Hadjouth vinrent longtemps lancer leurs intrépides coursiers jusque dans les fossés des redoutes qui, alors, couvraient Blida. Les oliviers du Bois-Sacré portent encore la marque de ces temps héroïques où une vingtaine d'hommes pouvaient, comme aux Bni- Mered, se trouver soudainement en présence de trois ou quatre cents ennemis. Le tronc noirci de ces arbres tant de fois séculaires, entamés par les feux de bivouac, nous reporte à ces grandes époques africaines où nos soldats avaient, habituellement, pour ciel-de-lit la voûte que Dieu a semée de ses mondes lumineux. « Ah! c'était le bon temps! » disent nos anciens en soupirant. En effet, les glorieuses misères ont cela de commun avec les premières amours, qu’on se les rappelle toujours avec plaisir. \

Mettons pied à terre, et parcourons ce cimetière transformé en jardin, ce vieux bivouac métamorphosé en Éden; interrogeons ces zenboudy, patriarches de la végétation, plantés par Dieu luimême, sans doute; voyons leurs troncs noués, déprimés, contournés, tordus, s’accrochant, se cramponnant au sol par leurs vigoureuses racines pareilles à des serres d’un oiseau gigantesque : ils semblent, dans notre temps où tout est petit, mesquin, étriqué, chétif, appartenir à des espèces disparues; c’est sûrement à l’un d’eux que la colombe de l’arche coupa le rameau qu’elle rapporta au prophète Noé. Ils ont échappé à ces cataclysmes, à ces déluges que le Créateur, avec un peu moins d’'imprévoyance, eût si facile-

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