B Ü B AU SALON
Bob. — Oh !.. . m’sieu l’abbé !... «les Pommes de terre » de Cesbron!... Sont-elles belles, hein?...
Le gommeux, retirant sa canne de sa bouche. — On dirait du veau !.. .
L’oncle Jean. — Très gentil, le « Petit chiffonnier » de Carrier-Belleuse...
— Et les « Chevaux de ferme » de mademoiselle Billet!... c’est d’une puissance et d’une vérité extraordinaires...
— Voilà aussi un beau portrait de Prouvé!... il est très en progrès, Prouvé !...
Le grincheux. — Si vous n’éprouvez pas le besoin de revoir le « Bacchus » de Carolus et la « Princesse » de Saintpierre, nous pourrions passer dans une autre salle?...
L'homme sérieux. — Dans la salle 14...
— Dans la salle 14, si vous voulez, je n’ai pas de préférence...
L’homme sérieux. — Voici d’abord la « Rêverie » de Benner...
Bob. — La femme qu’est collée sur l’rocher... (A l'oncle Jean.) comment la trouves-tu, dis, oncle Jean, la femme?
L’oncle Jean. — Je la trouve... classique...
Bob. — Moi, j’ia trouve surtout vilaine!...
— Regardez donc ce chameau... il est charmant!...
La dame vieux jeu. — Un chameau!... 11 ! l’horreur!
Le grincheux. — Fi! l’horreur !... Je souhaiterais à la plupart des femmes, — auxquelles je veux du bien, — d’avoir la tête attachée comme ça!... et des cils!... et un regard!... c’est un animal adorable, le chameau !...
— Enfin, de qui est-il, ce chameau... duquel on ne voit que la tête d’ailleurs?...
— DeDinet... c’est « Midi en juillet à Bon-Saada » ...
La jeune fille ancienne école. — C’est en Afrique,
probablement?...
Le grincheux. — Probablement...
— L’homme sérieux. — C’est très habile... d’une exécution serrée... Voulez-vous voir « le Journal des Débats » de Béraud?...
Le monsieur 1840, accourant. — Volontiers !...
La dame vieux jeu, accourant aussi. — Ah!... « le Journal des Débats}.... » (Examinant le tableau.) Je ne vois pas M. Berlin !...
Le grincheux, la regardant avec respect. — Vous avez connu Bertin aîné?... Mâtin!...
La dame vieux jeu, protestant. — J’ai connu, — lorsque j’étais tout enfant, — ses fils... Edouard, le peintre, un grand peintre !... « Cimabué trouvant Giotto dessinant les chèvres confiées à sa garde » est de lui !... c’est admirable !...
Le monsieur 1840. — Et « la Tentation du Christ », donc?... et le « Souvenir de la forêt de Nettuno » ?...
Le grincheux. — C’était le beau temps de la peinture !...
La dame vieux jeu. — Le Bertin que je cherchais ici, c’est Armand Bertin, le directeur du Journal des Débats. . . je ne vois pas non plus Jules Janin... ni Philarète Chasles, ni Saint-Marc Girardin...
Le monsieur 1840. — Ni ce pauvre d’Ortigues...
La dame vieux jeu. — Ni monsieur Babinet...
L’oncle Jean. — Jules Lemaître est ressemblant...
— Bourget aussi...
— John Lemoinne a un air de famille...
— Oui... mais Béraud aurait dû lui demander de mettre d’autres chaussettes...
— Ou le prier de baisser son pantalon...
Bob. — Pourquoi y a-t’y Louis XVIII au milieu?...
L’abbé, cherchant. — Louis XVIII?
Bob. — Oui... au milieu du rond... vous l’voyez pas?... m’sieu L’maître lui parle....
— Mais ce n’est pas Louis XVIII...
— Qui donc qu’c’est?... on dirait tout à fait l’Louis XVIII qu’est à la maison... dans l’grenier...
L’abbé. — J’entends dire autour de nous que c’est M. Renan...
Bob. — Ben, ça lui ressemble pas du tout, à m’sieu Renan !...
Maman, étonnée. — Comment sais-tu que ça ne lui ressemble pas?...
Bob. — Comment?... comment je l’sais?... qu’c’est toi qui m’I’a montré un jour... place du Collège-de- France!... même qu’j’ai trouvé qu'il avait une bobine superbe... et q’tu m’as dit d’pas crier ça si fort... ainsi.. .
La dame vieux jeu. — J’aurais bien voulu revoir monsieur Babinet!...
L’homme sérieux. — Voici un portrait de Doucet, le
— Ah ! ce portrait « Mal de cœur » ! il est bien laid !
Le grincheux. — Ça, c’est pas la faute du peintre...
faut être juste !. ..
La petite femme dans le train. — Regardez le portrait d’homme de Doucet, comme il est beau!... là... sur le pan coupé... dans l’autre salle!... on le voit d’ici...
L’oncle Jean. — Et les petites patineuses, qui étaient aux Mirlitons...
— Moi d’abord, j’adore le talent de Doucet !...
La petite femme dans le train. — Et il y a des imbéciles qui disent qu’il a un talent mièvre !... Regardez s’il est mièvre, ce portrait-là!... (Au grincheux .) Où allezvous?...
Le grincheux. — Je passe rapidement devant la petite élucubration annuelle de Desgoffc...
L’oncle Jean, arrêté devant « les Enfants» de Carolus Dur an. — Ah !... voilà un beau Carolus Duranlun vrai!...
Lily, à Bob. — C’est pas nous qu’aurions la veine qu’on nous ferait not portrait comme ça !...
Bob. — Ça m’est égal !... c’est trop embêtant d’poser ! Lily, pensive. — Oui... mais j’m’embêterais bien pour être jolie. . . et au Salon !...
Bob, méprisant. — Pac’que toi, t’es une femme ! ... alors t’as des idées courtes... turellement !...
L’homme sérieux. — Le « Gros temps » de Demont, est une très remarquable chose !...
— Oui... on sent bien le coup de vent... la lourdeur de* nuages qui vont crever...
— Et ce joli ton vert glauque, qui annonce si bien 1 1 boule?...
— C’est très beau !...
— Très gentil, le « Coquelicot » de Callot !...
L’oncle Jean. — Voilà « le Jour des funérailles » de
Benjamin Constant...
La dame vieux jeu. — Oh !... c’est affreux, ce mort !...
Bob. — C’t’un mort qu’est joliment décoratif, toujours !...
— « La Terre » de Bastien-Lepage est très bien... Bob. — Oui !.. . seulement c’en est un qu’ a pas d’veine
d’être l’frère du sien !...
L’abbé. — Mais, Bob, tâchez donc de vous exprimer d’une façon compréhensible...
L’homme sérieux. — Je crois que nous pouvons passer à Ja salle 16...
L’oncle Jean, apercevant « la Madone » de Dagnan. — Ah ! que c’esl beau !
Bob. — ... dmirable!..
Le gommeux, retirant sa c amie de sa bouche. — Epatant !...
La petite femme dans le train. — Ah! Dieu ! Oui !... c’est beau !...
Le grincheux. — Dame !... c’est tout bêtement la plus belle chose du Salon !... Et « le Pardon »?... avezvous regardé « le Pardon », au moins ?... c’est superbe aussi !...
La petite femme dans le train. — Oui... mais j’aime mieux la « Madone »...
— Ça va sans dire !... tous ceux qui ne sont pas des gens de « métier » la préfèrent...
Bob. — Ben, vous, m’sieu l’abbé, qu’est-ce qu’vous dites d’ça?...
l’abbé. — Mon enfant, je suis rempli d’une émotion délicieuse !...
Le grincheux, montrant le monsieur 1840 et la dame vieux jeu qui regardent « la Madone ». — 1840 luimême, qui est empoigné !... et elle aussi!... elle en
oublie les chèvres qui sont chargées de garder Cimabué, de Ber tin (Edouard)...
La petite femme dans le train. — Voilà un joli portrait de femme de Cabanel...
L’oncle Jean. — Pas possible !...
Le grincheux. — Oui... il est mort sans avoir le temps de le finir, alors, il est bien !...
— Comme le bras est souple, la main amusante!... et la pose est bien jolie !...
Bob. — Et la femme donc?... c’qu’elle l’est, jolie !... j’suis sûr qu’vous-même, m’sieu l’abbé , qu’vous n’trouvez jamais qu’on est jolie, vous pouvez pas dire qu’non ?...
Le monsieur 1840, montrant le tableau de Ferri er. — Ce tableau me parait intéressant... mais compliqué!... qu’est-ce qu’il peut bien représenter?... (// cherche au catalogue.) «... Bella matribus detesta... »
L'abbé, machinalement. — ...T ata... on dit detestata... Répétez?...
Le monsieur 1840, ahuri. — .
Bob, riant. — Ah! elle est bien bonne, celle-là!... M’sieu l’abbé a si tellement l'habitude d’me reprendre, qu’y r’prend sans voir qu’ c’est pas moi !...
L’abbé, consterné , au monsieur 1840. — Mais, en vérité... excusez moi, monsieur, je...
Bob, ram. — Ah!... vous voyez qu'ça peut arriver à tout l'inonde défaire une trompe, m’sieu l’abbé!... puisqu’un vieux respectable, — qu'a pourtant eul’temps d’apprendre l’iatin, lui, — sTiche d'dans aussi... y a pas qu’moi !...
y homme sérieux. — Voici le « Portrait », de Doucet qu'une de ces dames vantait tout à l’heure...
La petite femme dans le train. — Moi!...
L’oncle Jean. — Ah !.. le joli paysage!...
Le grincheux. — Ma foi, oui!... il serait capable de faire aimer la Normandie !...
L’homme sérieux. — « Paysans normands sarclant leur champ , à Preneuse »... C’est de Bouchor...
— Oh!... le joli fond clairet riant dans des tons gris !...
« — Et comme l’air tourne bien autour des pommiers!...
Bob. — Ça r’ssemblc tout à fait à chez grand'mère, s’pas in’man?...
LMomme sérieux. — Ici, nous avons « les Lis » de
Démon t...
La petite femme dans le train. — C’est joliment et finement vu, ces lis dorés par le soleil couchant !... déjà « le Champ des œillettes », de l’an dernier était d’une ravissante couleur...
— Demont est un très fin coloriste
— Oui... et il voit « distingué », jamais d’effets vulgaires, de tons douteux...
L’oncle Jean. — Très beau, le « Recueillement » de Courtois !... Il y a dans cette tête de femme une extraordinaire intensité de pensée...
— La tête de l’enfant est rudement jolie aussi!...
— Et comme le noir du vêtement de la femme se
détache délicatement sur le fond de chêne sombre
— Encore un qui voit « distingué », Courtois !... Vous souvenez-vous de la « Bienheureuse » du dernier Salon ?...
— Je crois bien que je m’en souviens !... c’était superbe !...
L’homme sérieux. — Regardez ce beau portrait ?... c’est d’une jeune tille , mademoiselle d’Anethan...
La jeune fille ancienne école. — Moi, je trouve ça un peu pâle !... [Le grincheux hausse les épaules.)
La jeune fille moderne. — Moi pas... seulement c’est trop fait !... [Le grincheux rehausse les épaules.)
La petite femme dans le train. - Je trouve ça remarquablement bien... c’est simple, large, intelligent...
Le grincheux. — Et il n’y a pas beaucoup de membres de l'Institut qui soient fichus de trousser un portrait qui ait cette allure-là, allez !...
L’oncle Jean. — Saperlipopette ! Je ne sais pas si le
(( 192 » est d'un membre de l’Institut, mais il est rudement troussé, toujours !... (Il se précipite vers le portrait de Benjamin Constant.)
L’homme sérieux. — Portrait de madame P. D., par Benjamin Constant...
— Elle est... réjouissante à voir, madame P. D !...
Le gommeux, retirant sa canne de sa bouche. — J 'te
crois !...
— Ce corsage qui s'entr'ouvre comme une fleur est délicieux !...
— Ben, et ce qui en sort, donc!... c’est encore bien plus délicieux !...
Le gommeux, retirant sa canne de sa bouche. — On en mangerait !...
Bob, à l’abbé qui regarde aussi. — Vous vous rincez l’œil, s’ pas, m’ sieu l’abbé ?... (L'abbé retourne au « saint Joseph » de Demont.
L'oncle Jean, continuant à regarder le portrait. — C’est rudement peint, tout de même !...
Le monsieur 1840. — Mais il faut convenir que c’est à peindre aussi !...
— Elle est plutôt... rondelette, cette dame, mais ça serait bigrement dommage de raboter quoi que ce soit !...
L’oncle Jean, regardant en passant « les Lis » de Demont. — Baboter me fait penser à ce pauvre Saint
Ife
Joseph, qui continue à faire paisiblement ses copeaux dans un voisinage aussi... troublant...
— Il y a des grâces d'État !...
Lhomme sérieux. — Passons à la salle « 18 »...
Le grincheux, résigné . — Passons-y!...
L’oncle Jean. — On dira ce qu’on voudra, j’adore Chaplin !... je trouve qu’il n’y a que lui qui peigne la femme comme je la comprends
— Et quelle jolie couleur!... il a le génie du ro:e, Chaplin ! . . . .
La petite femme dans le train. — Tiens!... c’est gentil, ce tableau!...
— C’est « le Bain des hirondelles » de Cesbron... ça vous plaît?...
— Beaucoup !... ces nuages reflétés dans l’eau!... les fleurs aussi sont charmantes...
— Moi, j’aimais mieux les pavots gris d’il y a deux ans!...
L’oncle Jean. • — Ah !... voilà un beau portrait d’Abbema!... Voyez-vous, ce marin sur le pont de son bâtiment...
— Il est très agréable, ce portrait!...
— Il sourit si bien des yeux... et même des lèvres cachées sous la moustache!... on ne les voit pas, mais on sent qu’elles sourient...
La petite femme dans le train. — Je voudrais bien
avoir un portrait de moi ressemblant à celui-là !...
Le grincheux. — Vous voulez ressembler à un capitaine de vaisseau qui n’est pas votre parent?... encore une drôle d’idée que vous avez là!...
— Mais non!... je dis: je voudrais un portrait réussi comme celui-là!...
— Avez- vous vu les « Asperges » de mademoiselle de Champ-Renaud?... elles sont étonnantes!...
L’oncle Jean. — Et le « Gamin aux bluets » de Breslau, il est joliment bien!...
Bob. — Ah! oui!... c’est ça qui vous a un œil !...
L’homme sérieux. — N’est-ce pas?... elle a d’ailleurs une très remarquable exposition celte année, mademoiselle Breslau ! vous verrez un ravissant portrait de jeune fille qui...
— Ah! ne racontez pas d’avance!... ça ôte le plaisir!...
— Il est amusant comme tout, le « Gamin aux bluets »... avec sa bonne figure rose comme une pomme à cidre et ses cheveux embroussaillés...
— Et quelle belle façon de peindre, large, vigoureuse...
L’homme sérieux. — Aimez-vous les portraits de Cormon ?... en voici un... et voilà l’autre...
La petite femme dans le train. — Je trouve celui de la femme horrible, et celui de l'homme très bien...
— Le fait est que la femme a Y air d’une poupée à treize sous !...
La jeune fille ancienne école. — La toilette est jolie...
La jeune fille moderne. — Oui... pour une ingénue de Scribe.. .
Bob. — L’vieux monsieur qui fait des tours avec ses doigts est très chic!... jTaime aussi mieux qu'la dame rose et bleue...
— Comment un peintre ne dit-il pas à une femme qui a l’idée d'un pareil assemblage de couleurs : « Je ne vous ferai pas dans ce costume-là !... »
— Et dire que cette pauvre dame a probablement été ravie de sa trouvaille!... elle aura pensé : « C'est tout à fait Pompadour ! »
La petite femme dans le train. — Oh! le gentil petit paysage... ici, en F air... si haut que je ne peux même pas lire la signature!... ah! si!... Camille Martin!... voyez-vous cette voie de chemin de fer qui traverse des jardinets?... c’est vrai, fin, amusant de couleur... pourquoi donc est-ce ainsi perché, quand à la cimaise on place une horreur comme ce tableau ?...
- — Lequel?...
— Celui-ci... sous le joli petit paysage!... ces gardes françaises en chromo, faisant de l’œil aux chevilles engorgées d’une tille qui revient de la fontaine... est-ce assez mauvais, et banal!... pourquoi reçoit-on ça?... et
pourquoi surtout le place-t-on à une excellente place?...
Le grincheux. — Ah bien! Si vous êtes en train de bêcher la cimaise, vous pouvez venir par ici!... le 752 mérite une mention spéciale...
— Ah! il est certain qu’il est cocasse, le « 752 »!...
L’homme sérieux. — Ça s’appelle « Retour de chasse », ce sont des portraits...
Le grincheux. — Et dire que cette famille hantée par le souvenir des portraits, — de Largillière, je crois, qui sont dans la salle Lacaze, — aura pioché la composition, travaillé la pose et combiné minutieusement ce stupéfiant tableau!... le père a posé la main sur la tête de son « Chien favori »... la mère a choisi son plus beau caraco... et il est navrant, le plus beau caraco!... il est d’une couleur qui, née dans ma jeunesse, s’est appelée solférino d’abord, et groseille des Alpes , ensuite...
La petite femme dans le train. — Mais je n’ai pas connu ça, moi !...
Le grincheux. — Je l’espère pour vous !... ma jeunesse est si loin de la vôtre!... [Reprenant son boniment .) Le groseille des Alpes, est, — comme vous pouvez vous en assurer, — une couleur quin’apas sa pareille pour faire grincer l’œil !... Quand le chien favori et le caraco groseille des Alpes ont été réunis, on a assis le père sur une chaise, la mère sur un banc, et on a groupé les enfants der-
nère; l’un s’appuie sur son frère qui tient à bout de bras un lapin; l’autre s’appuie sur le banc, contre lequel s’appuie la mère, qui s’appuie aussi sur son ombrelle ;le père s’appuie sur son chien et sur son fusil... tous ont les deux mains occupées !... enfin des poses naturelles, quoi!... quand ces poses exquises ont été trouvées, le peintre a braqué son objectif et a dit « Ne bougeons plus ! » A cette recommandation, la famille a cligné de l’œil comme un seul homme, et le peintre consciencieux a soigneusement respecté ce clignement général... il l’a grandi au carreau comme le reste!... est-ce assez une photographie, hein?... et quelle photographie, Seigneur!...
— Eh bien, le peintre qui a fait cette horreur est hors concours!...
Bob. — Turellement !...
Maman. — Yeux-tu, Bob, me faire le plaisir de garder pour toi tes observations?...
L’noMME sérieux. — Nous entrons dans la salle 20... Voici d’abord un superbe paysage de Français... un véritable maître, celui-là !...
— Regardez les fonds... et le ravin... quelle vérité!...
— Quelle poésie !...
— Et quelle merveilleuse façon de peindre, n’est-ce pas?...
La dame vieux jeu. — Ce tableau de Flameng, qui
Vt
représente une dame et des enfants est très beau...
— Hum!... il est surtout très à la posel...
— Est-ce une reine de tragédie ou une femme moderne?...
Le gommeux, retirant sa canne de sa bouche. — Mystère !...
— • Sans les costumes qui me déroutent, je croirais que* c’est Médée se préparant à assassiner ses enfants...
Bob. — Ça serait dommage!... la grosse p’tite blonde a une bonne bille !...
La jeune fille ancienne école. — Ah!... qu’est-ce que c’est que ça?... cette dame en deuil... avec un enfant ?... dans un appartement dévasté...
— Ça doit s’appeler « Après l’ incendie »...
— Non!... parions que ça s’appelle « La Veuve de r Émigré ».
L’homme sérieux, cherchant. — « Retour d'exil », par
Delort...
La dame vieux jeu. — C’est très touchant !...
Le grincheux. — * C’est-à-dire que c’est à pleurer !...
La jeune fille ancienne école. — C’est bien peint!..*, les décombres sont vivants !...
— Est-ce une qualité pour des décombres?...
La jeune fille moderne. — Regardez doncle tableau de Duez!... comme la tête de la nourrice se découpe bien dans l’air... sans dureté... mais hardiment, solidement.,..
\ ' SË-j
— Et le bébé dans la petite voiture?... dort-il bien , hein?...
Bob. — Y fait une bonne p’tite lippe, l’bébé !...
— C’est d’une jolie couleur!...
Bob. — Moi j’aime encore mieux d’Duez l’portrait d’cette belle dame, avec un corsage vert jeune pousse...
L’oncle Jean, ahuri. — « Vert jeune pousse?... » Tu sais les noms des nuances à la mode, toi, à présent?...
Bob, vexé. — Et pourquoi donc que j’ies saurais pas?... oui... il est vert jeune pousse, c’corsage-là !...
La petite femme dans le train. — Il est charmant, ce portrait !... et bien élégant, bien moderne !...
Le gommeux, retirant sa canne de sa bouche. — C’est d’un chic épatant !...
L’homme sérieux. — Comme la femme s’enlève bien sur le fond!...
Le grincheux. — Moi, le fond, c’est pas ce que j’aime le mieux... je le trouve trop lourd!...
— 11 faut toujours que vous critiquiez quelque chose, vous !...
— Laissez-lc donc faire!... c’est sa santé !...
L’homme sérieux. — Nous voici arrivés à la salle 21...
Il faut d’abord voir « le Itollin » de Flameng...
La jeune fille ancienne école. — J’aimais mieux son Abélard... il était plus intéressant...
— Evidemment...
Bob. — M’sieu l'abbé, pourquoi Rollin... — car j’pense qu’c’est c’lui-lâ qu'est Bollin, — fourre-t’y comme ça son doigt sous l’nez de c’pauvre abbé?...
L’abbé. — Mais il ne fourre pas... il ne met pas, veux-je dire, son doigt...
Bob, protestant. — Oh ! m’sieu l’abbé!... Si c’est possible d’dire ça!... qu’j’ai même dit sousïnez par égard pour vous... car dedans aurait été plus exact !... R’gardez quelle tête y fait, l’pauvre homme!... il aimerait mieux s’tremper l’nez dans un'flcur, comme la belle dame d’Ducz , allez!... vous n’pensez pas, m’sieu l’abbé?...
La petite femme dans le train. — J’aime beaucoup ce paysage de Guéry... ici le « 1 250 »... ce grand paysage...
— Avec des corbeaux ?
— Oui... et des meules...
— Les Heurs jaunes du premier plan sont ravissantes... tout ça est clair, aéré...
La jeune fille moderne. — Regardez ce tableau, il me parait tout à fait remarquable... Ne trouvez-vous pas?...
L’homme sérieux. — « Deuil. » C’est de Clifford Grayson...
— Il y a une douleur immense dans l’attitude de cette vieille femme qui pleure...
BOB AU S ALU N
— Et ce grand mur triste au-dessus duquel se dressent tes silhouettes des arbres est..
Le grincheux. — Assez!.., assez!... vous parlez comme un livre...
La petite femme .dans le train. — Ah!... Voilà un lablcau d’Errazuris !... j’aime tant son talent!... l’an dernier il avait deux enfants blonds qui taillaient une baguette, debout dans de grandes herbes... et, aux Mirlitons...
Le gommeux, retirant sa canne de sa bouche. — A « l’Epatant » !...
— A LEpatant si vous voulez, il avait un si beau portrait de femme !... un portrait de profil... d’une allure superbe... perché au ciel, au-dessus d’un abominable portrait lie devin, qui torturait l’œil de s honnêtes gens...
Le grincheux. — Dame !... s’il a du talent, ce garçon, il a peu de chance d’être convenablement placé dans les cercles... et il en a, du talent!... c’est incontestable... voyez ce ciel rosé ?... et l’eau... et les saules ?...
L’oncle Jean. — Et, ici... ce vieux matelot qui regarde la petite fille qui lit!... très drôle, la petite fille vue de dos, avec ses petites nattes grêles et blondasses...
L'homme sérieux. — C'est : « Les premières . leçons , », d’Axel Galien...
— C'est très bien ! ..
— Très bien aussi, ces enfants qui ramassent des pommes !...
L’homme sérieux. — C’est un « Verger en Écosse », de James Guthrie...
— Décidément, ils vont bien les étrangers !... Errazuris, Clifford Grayson, Axel Galien, James Guthrie. „• en voici, rien que dans cette salle, quatre qui ont des tableaux remarquables...
— Et les effets de lumières... comme ils sont bizarres !...
L’homme sérieux. — Il faut absolument voir aussi le panneau décoratif de Glaize...
Le grincheux. — Comment, il faut absolument regarder les horreurs ?
— Mon Dieu... c’est un fragment de la décoration de la salle des mariages à la mairie du XXe arrondissement...
— Félicitons-nous de ne voir qu'un fragment !...
L’homme sérieux. — Maintenant nous pouvons entrer
dans la salle 22 . . .
La petite femme dans le train. — Ah !... voilà un beau portrait!...
— Où ça ?...
— Ici... de Humbert...
Bob. — Un joli gosse... quia une jolie m’man...
— Oui... il est vraiment bien, ce portrait !...
— Et original... fin de couleur, joliment posé, simple...
— Ça doit être si difficile de poser deux ou trois, figures dans une même toile, sans que ce soit prétentieux...
— Ou vulgaire. . .
Le grincheux. — Pour s’assurer de la difficulté... non vaincue... voir le portrait de Flameng...
La petite femme dans le train. — Tenez !... encoreun portrait simple... d’Edelfelt. .. ce forestier blond... qui a une bonne frimousse intelligente et franche... la lumière qui tombe sur les cheveux est si délicate !... il a aussi un beau portrait dans l’escalier, Edelfelt... un vieux monsieur...
Le gommeux, retirant sa canne de sa bouche. — Comment peut-on regarder le portrait d’un vieux monsieur ?. . .
Le grincheux. — Vous souvenez-vous des tableaux d’Edelfelt aux Mirlitons?...
Le gommeux, retirant sa canne de sa bouche. — On dit l’épatant...
Le grincheux, continuant. — Deux jeunes filles Ltau piano... et une vieille dame qui les écoute... et 'aussi, une vierge...
— Ce que c’était joli!...
L’hom3ie sérieux. — Voici le tableau de Gérùme...
La dame vieux jeu, regardant. — Qu'est-ce qu’il représente?...
Le grincheux. — Bidel enfant...
— La lumière électrique appliquée au « domptage » des animaux féroces...
L'abbé. — C’est sans doute un jeune saint... respecté par les bêtes auxquelles on l’a livré...
Bob. — Ali! ouiche!... un jeune saint!... l’Amour que c’est!...
L’homme sérieux, cherchant dans le catalogue. — Gérôme...
Qui que tu sois, voici ton maître...
Il l’est, le fut, ou le doit être.
Le gommeux, retirant sa canne de sa bouche. — Effectivement... c’est lui qui a le plus d’élèves... et les meilleurs !...
— Qui ça?...
Le gommeux. — Ben, Gérôme...
L’homme sérieux. — Mais il ne s’agit pas de...
Le grincheux. — Ah!... si vous commencez à lui donner des explications, je m’en vais, moi !...
Bob, le nez collé sur le tableau. — Qu’est-c’ qu’il a bien pu fiche dans Y noir d’sa panthère pour la rendre bleue, m’sieu Gérôme?... R’gardez ça, m’sieu l’abbé...
vous qui faites les oreilles d’ vot’ chien avec un noir qu’est rouge... [V abbi regarde avec attention.)
L’oncle Jean. — Comment... vous peignez, monsieur l’abbé ?...
L’abbé, modeste. — Oh !... je peins... sans peindre...
Bob. — A cause d’ l’abbé Guétal, qu’ monsieur l’abbé peint !... Oui... c’est un abbé qui fait des superbes paysages... même qu’y en avait un très beau — qu’vous avez pas même r gardé — dans la grande salle d’où qu’ nous sortons... là... t’nez... contre laporle...
L’oncle Jean. — Mais parle donc autrement...
Bob. — ...lors, ça a donné à m’sieu l’abbé l’idée d’ peindre aussi!... seulement, comme y peut pas peindre des paysages d’Isère ou même d'ailleurs, rue François Ier... y peinte’ qu’il a sous l’œil... des animaux... les chiens, moi, F chat blanc de m’man... pour F moment y fait Bobèche !... tu sais F Bobèche noir qu’est F fils d'Cléopâtre... il est même pas mal, Bobèche, sauf ses oreilles qui sont rouges...
L’abbé. — Mais laissez donc... ces détails n’intéressent nullement monsieur voire oncle...
L’homme sérieux. — Voici encore un fort beau tableau... « V homme est en mer », de madame Démon t-Breton...
— Une toute jeune femme qui a l’air d’une jeune fille...
— El qui a un grand talent !...
— Dame !... elle a de qui tenir !...
— Moi. je trouve ce tableau infiniment supérieur à ceux qu’elle a fait jusqu’à présent!... dans les autres, il y avait un mélange de réalisme et d’idéalisme qui gênait... c’était des paysans, qu’elle nous montrait... mais des paysans un peu opéra-comique... un peu faux... aujourd'hui, c’est tout à fait vrai et bien...
L’homme sérieux. — Dans la salle 24 nous avons le portrait de Gilbert : « un Aqua-fortiste »... c’est très vivant, très habile...
Bob. — R’gardez la « Junon » d’ Falguière, m’sieu l’abbé... qu’ vous m’ parlez toujours d’elle... Ben, la v’ià, Junon!... comment la trouvez-vous?...
L’abbé. — Mon Dieu... j’avoue que je me représentais cette déesse plus... c’est-à-dire moins...
Bob. — Moins voyou, hein?... c’ t’égal!... ça a. d’ l’allure, allez!...
L’homme sérieux. — Voici « la Prière » de Henner...
Le gommeux, retirant sa canne de sa bouche. — Savoureuse, « la Prière »!... Mais des femmes faites comme ça, y en a pas!...
La dame vieux jeu, entre ses dents. — Malhonnête!...
Bob. — Oh !... là!... sur le pan coupé... là « la tète d Orphée »... d’Henner aussi... t’nez!...
L’homme sérieux. — Ce n’est pas Orphée...
Bob, étonné. — Ali bah !... Qui donc qu’ c’est?...
— Ça s’appelle « Martyre »...
— En voilà un habile, Henner !... un roublard... estce assez admirable, ces chairs-là?...
La jeune fille ancienne école. — Oh !... ces gens qui entrent au cimetière!... c’est très touchant...
Le gommeux [retirant sa canne de sa bouche). — J’en pleure !...
L’homme sérieux. — C’est « la Toussaint » de Friant... un jeune, un tout jeune, qui a un immense et incontestable talent...
— Il est étonnant, ce tableau !...
— Regardez la tête de l’aveugle?...
— - Et celle de la vieille femme la plus éloignée !...
— Et la jeune fille qui porte un pot de chrysanthèmes !...
— Et le vieux qui marche d’un air résigné!...
— Et la neige !.
— Et tout !...
— C’est le plus habile des « jeunes », Friant !...
L’homme sérieux. — Je crois que nous avons fait le
tour de cette salle !...
— Voyons la salle « 26 » en ce cas...
La petite femme dans le train. — Oh! la ravissante petite tête de femme !...
L’homme sérieux, lisant. — « Portrait de Marthe »,
par Jean Gigoux... Si c’est de Jean Gigoux, ce n’est pas étonnant que ça soit joli !...
Le grincheux. — Il est inouï, Gigoux!... non seulement il est plus jeune que les plus jeunes, mais il est moderne jusqu'aux moelles !... au lieu (le s’encroûter, de rester stationnaire, il va de l’avant avec une audace et une sûreté admirables. . .
— Regardez ces chairs fines, nacrées, délicates!...
— Et solides avec ça !...
— Gomme le profil est fin et doux!...
L’oncle Jean. — Très réussi, le « Pastelliste » deMarius Michel, avec ses gros bas velus... la paysanne qui pose bêtement, un lis à la main, est bien plantée...
— Et c’est d une couleur amusante !...
Le grincheux. — Bigre !... Voilà une chose qui n’est pas d’une couleur amusante, par exemple !...
L’homme sérieux. — C cst « la Solitaire » d’Hébert...
Bob. — « La Solitaire »... j’eomp’ends ça!... parc’ qu’avec une pareille tronche...
Maman, menaçante. — Bob!...
Bob, à l'oncle Jean. — Elle n’est pas ragoûtante hein?... lu penses qu’elle est aimable, dis, toi, cette femme-là?... Tu l’épou crais, dis ?.. .*(£ oncle Jean hausse les épaules.
L’abbé, qui regardait les « Funérailles » de Shelley intervenant sans savoir de quoi il sfayit . — Mais laissez
donc monsieur votre oncle tranquille!... je suis là pour répondre à vos questions...
Bob. — Ben, vous Tépouseriez-t’y, vous, m’sieu l’abbé?...
L’abbé, ahuri. — Qui ça?...
Bob. — « La Solitaire » ? J’crois qu’vous n’meneriez pas large... elle me r’vengerait, allez!... Ah!... v'ià T portrait du général d’Miribel, d’Hébert aussi !... dans un nuage... mais il est plus frais!... j’ parie qu’y n’épouserait pas non plus « la Solitaire », allez, c’lui-là !... M'sieu l’abbé... pourquoi qu'elle a pas d’ poitrine à droite, dites?...
L’abbé. —
Bob. — A gauche, on la voit pas très bien, pac’ qu’elle pend très bas, mais enfin, on la voit... mais à droite?... y a rien du tout, à droite... dites?...
L’abbé, pour avoir la paix. — A droite le bras cache... et on ne peut voir...
Bob. — Voir! voir!... parbleu j’ sais bien qu’on peut pas voir quand 1’ bras est d’vant... mais on d’vrait sentir qu’y a quéqu’ chose derrière... on sent rien...
La petite femme dans le train. — Au-dessus de la femme d’Hébert, il y a un joli portrait de Madeleine Fleury... fin, distingué, agréable à voir...
L’oncle Jean. — Très beaux, les portraits de Giron... bien vivants...
— Et gais, riants, grassement peints !...
— La peinture de Giron se porte bien !... ça me botte, moi, je n’aime pas la peinture anémique...
— Il fait de jolis portraits, Giron!... Vous souvenezvous d’une femme en noir collée contre une peau d'ours ?. . .
— Et le portrait de Prétet!... c’est celui-là qui était vivant !...
— Et joyeux!... et de belle humeur!...
— Comme le modèle!...
La petite femme dans le train. — C’est de Lynch, ces petits portraits d’enfants!... ils sont doux, intimes, ils me plaisent beaucoup...
L’iiomme sérieux. — Et celui-ci... qu’en dites-vous?...
— Cette dame qui met son gant devant une psyché blanche?...
— Oui... c’est de Friant...
Le grincheux. — Eh bien, je trouve ça prodigieusement savant et adroit...
— Et c’est tout?...
Le grincheux. — Et c’est tout!... cette perfection m’embête!... je voudrais trouver une pauvre petite maladresse d’exécution...
L’homme sérieux. — La perfection d’exécution me fait pensera Jan Monchablon... voici ses paysages...
— Ah!... ils sont merveilleux !...
— Tous n’avez pas l’air enthousiasmé, vous!...
Le grincheux. — Moi, j'ai ce genre de peinture en horreur!.,.
— Ce paysage, où il y a des tas de foin me plaît beaucoup !...
Le grincheux. — Eh bien!... vous êtes joliment éclectique!...
— Pourquoi?...
— Parce qu’il me semble impossible, quand, comme vous, on aime Errazuris , Bouchor, Guery, Petitjean, etc., etc., d'aimer Jan Monchablon...
— Si... tout de même !...
L’oncle Jean. — Ah!... un joli portrait... voyezvous 2014 ? ... cette jolie femme en noir?...
— Oui... la peinture est souple, facile...
— C’est de madame Perrée...
— Celle qui a fait le « Rêve rose » du Salon carré?...
— Précisément...
— Moi, j’aime mieux « Rêve rose »...
— Moi, j’aime mieux ce portrait...
La petite femme dans le train. — Tiens!.. . nous voilà déjà aux deux petites salies longues !...
Le grincheux. — Vous appelez ça « déjà »?...
L’homme sérieux. — Il y a peu de choses à voir dans la salle 28...
Bob. — V’ià toujours une vieille dame qui tient des mimosas qu’est rudement bien !...
L'homme sérieux. — C’est précisément un très bon portrait de Leenhardt intitulé « Fleur (F hiver »...
La petite femme dans le train. — Oh !... un Errazuris... là!... dans le coin... à côté de la vieille dame de Leenhardt... il est encore plus joli que celui de la grande salle.... regardez, ces chardons dans un champ !...
— La capeline de la petite fille a trop d’importance...
— Mais pas du tout!... ça fait au contraire une tache amusante... et le mouvement pour retenir la capeline est charmant
— Dites tout de suite que je n’y entends rien!.
— Je veux bien le dire si vous y tenez !...
— Merci !...
L’homme sérieux. — Nous pouvons maintenant passer à la salle 29 !...
L’oncle Jean. — Très amusant, ce tableau sur le pan coupé...
L’iiomme sérieux. — C’est « Une rue de Naples » de Farneti...
Bob. — Les p’tites bonnes femmes grouillent bien d’vant leurs portes, s’pas, m’sieu l’abbé ?... Ah !... et l’soleil, là... dans l’haut d’là rue!
L’oncle Jean. — C’est d’une bien jolie couleur !... tous ces blancs dans l’ombre font un effet étonnant...
Bob. traînant l'abbé devant le tableau. — ...Tudiez un
peu ça, m’sieu l’abbé, qu’vous êtes toujours à parler d’clair obscur... etjd’aut’balançoires comme ça...
La dame vieux jeu. — Il est peut-être très remarquable, ce tableau... mais je ne comprends pas pourquoi les peintres représentent des choses aussi vulgaires... des gens. ..
Le grincheux, interrompant . — D’origine obscure et d’éducation incomplète?... Bah!... si on ne peignait que des ambassadeurs, ça serait bien embêtant, allez !... dans tous les cas, elle est très bien, la « Rue de Naples » de Farneti...
Bob. — Oh !... les femmes dans l’huître !... là... voyezvous, m’sieu l’abbé?...
L’oncle Jean. — Ce sont les « Deux perles » de Le Quesne...
L’homme sérieux. — Dans la salle 30, nous avons « le Pêcheur » de Gueldry...
— Ah !... c’est charmant !... regardez les maisons des berges, comme elles sont bien dans l’air, et comme l’air qui les baigne est léger...
La petite femme dans le train. — J’aime ce tableau de Girardot « les Confitures »... la jeune fille est ravissante... regardez ses mains !... et quel mouvement vrai et bien saisi !...
— Et la vieille dame avec ses tresses blanches, d’un
blanc verdâtre... ce blanc dans lequel il reste encore quelques cheveux blonds...
La petite femme dans le train. — J’adore sa couleur, à Girardot !... je trouve qu’il voit particulièrement fin et distingué... c’était de lui, je crois, il y a deux ans, « Rut h et Booz »... dans une grande nuit bleue paisible et douce...
— Nous en avez-vous assez parlé, de ce « Rut h et Booz » !... Hein ?...
La petite femme dans le train — Soyez tranquille !... je vous parlerai autant de celui-là... je le trouve encore meilleur que l’autre, etila de plus l’avantage — immense pour moi, — de ne représenter aucun sujet littéraire, ni biblique... ni mythologique... ni surtout historique...
— Alors, regardez les premières communiantes de La Touche... est-ce joli, ça?...
— Charmant... et très « fort », ce qui ne gâte rien !...
L’oncle Jean. — Elle est gentille, cette petite femme
qui porte une cruche...
Bob. — Parbleu !... c’est d’Eliot !*..
L’oncle Jean, haussant les épaules . — Mossieu Bob connaît Eliot?... vraiment ?...
Bob, hérissé. — Et pourquoi donc qu’je Tconnaitrais pas?... c’était d’iui « /’ Enterrement d'jeune fille » que m’man aimait tant... qu’nous sommes retournés dix fois d’vanl...
L’homme sérieux. — Ce tableau est d’Eliot, en effet; il s’appelle « sur V Albaxjcin à Grenade ».
Le gommeux, retirant sa canne de sa bouche. — J’irais bien, moi, sur... enfin là... avec une jolie petite grenadine comme ça !...
L’homme sérieux. — Nous pouvons, je crois, abandonner cette salle et passer à la salle 31... Voici d’ab ord un charmant « intérieur » de Lobre...
La petite femme dans le train. — Encore un dont j'aime le talent!... ce qu’il faitest si délicatement vu,*si étonnamment rendu, si vrai!... comme c’est tranquille, et calme, et confortable!... comme la vieille dame et l’enfant sont bien comprises...
Le grincheux. — « Pour une fois » je suis de votre avis, Lobre a un énorme talent !...
— Est-il jeune?...
— Je ne sais pas du tout !...
Bob. — Y a au catalogue : « élève de m’sieu jCarolus Duran... » y peut pas être croulant... s’il est l’élève de m’sieu Carolus Duran...
L’oncle Jean. — Regardez... à côté du Lobre... « 1 Écluse », de Roger Jourdain... c’est frais, riant, mouvementé... c’est, à mon humble avis, le meilleur tableau qu’il ait jamais fait... à l’huile s’entend...
Le gommeux, retirant sa canne de sa bouche :
La peinture à l’huile,
C’est plus difficile...
Mais c’est bien plus beau Qu’la peinture à leau !
L’oncle Jean. — Ah ! le « Portrait de Stop », de Galliac, est joliment ressemblant!...
Le gommeux, retirant sa canne de sa bouche. ■ — Craché!...
Le monsieur 1840. — Cette petite femme qui s’examine attentivement.. . dans un costume sommaire... si j’ose dire, et dans un miroir?... de qui est-elle?...
L’homme sérieux. — De Marthe Lacote... Ça s’appelle « Après le bal ».
— C’est bien... l'éclairage jaune est drôle !...
— Je ne sais pas pourquoi les peintres n'aiment pas ces salles 30 et 31 ?... je les trouve aussi bonnes que les autres, moi!...
L’homme sérieux. — Revenons à la salle 27... nous redescendons à présent vers le Salon carré...
Le grincheux. — Et ça sera fini ?...
— Mais non ?... nous aurons encore tout le côté gauche. ..
Le grincheux. — Ce que je vous lâcherai!...
L’homme sérieux. — Il y a ici un beau portrait de femme de Mathey...
— Ah ! oui... cette jolie femme blonde... en robe de velours noir...
Bob, poussant un hurlement. — Oh ! ! !...
L’abbé, sautant en l'air. — Mais ne criez donc pas ainsi !...
Bob. — Est-y Assemblant... m’sieu Abraham Dreyfus!... non, mais l’est-y assez!...
Lhomme sérieux. — C’est de Healy... il est en effet très bien, ce portrait!...
La jeune fille moderne. — Encore une Écluse!... de Gueldry celle-ci !...
— L’eau est étonnante !...
— Regardez donc le petit bateau de droite... celui qui est mouillé... c'est d’un vrai!...
La petite femme dans le train. — J’aime infiniment mieux son « Pêcheur »... tous les habiles peuvent faire Y Écluse ... et il n’y en a pas beaucoup qui feraient les « Bords de la Manie » du dernier Salon, où lesTon ds du pêcheur de cette année!... En somme, ceci est papillotant, bizarre, c’est un tour de force, mais c’est tout...
— Tiens, vous qui aimez le modernisme ordinairement?...
— J’aime le modernisme quand il me plaît!... J’aime tout ce qui me plaît !... sans chercher d’où ça vient ni où ça va!... ainsi, tenez, voilà un tableau que j’aime...
L’homme sérieux. — C’est la » Vision de Saint Jean de la Croix », de Pierre Lagarde...
— Eh bien, c'est très beau, très grand, très saisissant !... ce torrent rouge, roulant sur des touffes de fleurs pâles... ce grand Christ ailé... ces arbres étranges... enfin je trouve ça très beau et très grand, voilà !...
— Et vous avez raison !...
L’iiomme sérieux. — Voici les tableaux de Lhermitte. ..
— L’aimez- vous... Lhermitte?...
— Ça dépend... j’aime infiniment scs « Laveuses » et pas du tout son a Claude Bernard », mais j’avoue que le sujet est pour quelque chose dans cette aversion... je trouve qu’on devrait laisser les savants faire leurs horreurs et leurs cruautés dans des petits coins sombres et ne pas les étaler sous les yeux qui demandent à ne pas les voir... Si M. Eiffel, par exemple, avait fait sa tour dans un lieu inconnu et invisible, et n’avait pas abîmé Paris, je ne lui en voudrais pas le moins du monde...
Le grincheux. — S’il n’avait fait qu’abîmer Paris, à l’œil, came serait égal aussi... mais quand je songe que pendant tout le temps où cette horrible tour sera debout, le climat, — qui soit dit en passant n’était pas merveilleux — sera impossible à supporter... que nous serons accablés d'orages, que Paris sera dévasté, tout ça pour la plus grande gloire de M. Eiffel... Eh bien, je trouve ça raide !...
— C’est vrai, cette année, les orages ont commencé au mois de février!...
— Alors on a prié l’Observatoire d’annoncer... « année très orageuse » !...
Le grincheux. — Moi, voyez-vous, j’espère qu’elle finira mal pour la mémoire de son constructeur, cette tour?... il arrivera quelque épouvantable catastrophe...
— Oh!... croyez-vous?...
Le grincheux. — Je voudrais être le bon Dieu... oh ! seulement pendant cinq minutes!... je ferais monter M. Pasteur et M. Eiffel, et je réglerais tout de suite la petite affaire de ces deux bienfaiteurs de l’humanité...
— Oh !... ne dites pas de mal de M. Pasteur !...
Le grincheux. — Non... je vais me gêner !... Autrefois on parlait à peine de la rage... il y avait, relativement; peu d’accidents... aujourd’hui on n’entend parler que deçà!... les gens du meilleur monde sont mordus!... on va chez M, Pasteur... c’est un sport !...
La petite femme dans le train. — Ne parlons pas de choses tristes!... Tenez !... regardez plutôt ces deux paysannes, de Meslé... avec ce petit coin de campagne riante et douce...
L’homme sérieux. — Ça s’appelle « A la fenêtre ».
La jeune fille moderne. — C’est joli, cette jeune fille qui joue du violon... de qui est-ce?... c’est si haut que je ne vois pas la signature...
— C’est T « Andante nocturne », de Gorguet... ça méritait une meilleure place !...
— Très joli, ce Monténard... le « 1930 »...
— C’est la « Route de la Seyne » à Toulon...
— Je préfère ça au « Coup de mistral en Méditerranée » qui est lourd et un peu hurlant...
L’homme sérieux. — Nous arrivons à la salle 25...
— Ah! la petite salle de l’escalier!... elle estgenlille, cette petite salle!...
L’oncle Jean. — Voilà un joli Jeanniot!...
— La petite fille bleue au bord de l’eau?.., ravissant!... il a rudement du talent, celui-là!...
Bob. — Oh!... j’aime ça, moi, m’sieu l’abbé, et vous?
L’homme sérieux. — « Femmes d! Alger sur les terrasses », de Muenier...
— C’est joli de couleur, calme, tranquille...
L’homme sérieux. — Voici le tableau d’Hector le Roux,
« une Artiste d’ Herculanum ».
La dame vieux jeu. — C’est extrêmement intéressant !...
Bob, entre ses dents. — Grotesque, qu’c’est surtout!...
La jeune fille ancienne école. — Oh!... ce fantôme noir!... embusqué dans l’embrasure d’une porte !. .. ça fait peur!... j’aime que ça me fasse peur!...
L’homme sérieux. — C’est « la Maison abandonnée » de Boutet de Monvel...
L’oncle Jean. — Ah!... voilà un Raffaëlli!...
L’homme sérieux. — Non!... c’est le « Maraudeur ... » de Boutet de Monvel également,., c’est très bien..,
La jeune fille ancienne école. — Oh!... ça me fait peur aussi !...
Le gommeux, retirant sa canne de sa bouche. — Nous sommes là pour vous rassurer...
— Voici la « Circé » de Lévy... comment trouvezvous ça ?. . .
— Heu, heu !...
L’homme sérieux. — Passons à la salle 23... Voulez voir le Normann?
L’abbé. — Ah! que c’est beau!
Bob. — Ben, j’trouve pas ça, moi!... c’est] lourd, pâteux!... r’gardez-moi un peu ces nuages autub?... mais dans un tout p’tit coin d’I’abbé Guétal, y a plus qu’danstous c’tas d’couleurs-là !...
La petite femme dans le train. — Pour moi, que je regarde le Normann de cette année, ou celui de l’an dernier, ou les autres, c’est toujours le même!... que je vois !... j’aime mieux ce joli petit paysage de Moynier, tenez... des sillons au bord de l’eau!... comme on sent bien la brume et l'humidité de l’air...
L’homme sérieux. — Précisément ça s’appelle « Temps brumeux sur l'Oise » .
L’ongle Jean. — Et cette femme en rose... dans un jardin... un moutard sur les genoux!... il mange bien son biscuit en se barbouillant, le moutard !...
L’homme sérieux. — C’est la « Jeune Mère » de Michelena... Voulez-vous regarder leLuminais?
— Où donc, le Luminais?
L’homme sérieux. — Ici... « Chez une choriste ».
— Ah! je cherchais des Gaulois!...
Bob, ahuri. — Mazette! en v’ià un beau vieux bonze! ...
Lily. — Où... où... montre-le?
Bob. — Tu l’vois pas?... là en satin blanc, avec un manteau d’cour bleu... et des souyers blancs... et une épée... et tout l’tremblement !...
La petite femme dans le train, regardant. — Qu’est-ce que ça peut être que ça?...
— CJest le chevalier Brian de Boisguilbert !...
— Le dernier des Templiers !...
— Mais non... le manteau est rouge!...
— C’est vrai!... alors... c’est peuù-être le portrait du Petit Manteau Bleu...
L’homme sérieux. — C’est un chevalier de Malte !...
La dame vieux jeu. — Pauvre homme !...
Bob. — Dans tous les cas, c’est l’portrait d’un homme bigrement chic !...
L’homme sérieux, cherchant. — « Portrait de M. le baron de />***», de Monchablon...
Labbé. — Voici un très intéressant tableau !...
L’homme sérieux. — Il est de Jean-Paul Laurens, et représente « les Hommes du Saint-Office ».
Bob. — Ben, c’est p’t’être un très beau tableau, m’sieu l’abbé, mais c’est pas un tableau sympathique!... Moi, si j’étais peintre, je n’peindrais qu’des choses roses... quand j’dis des choses roses, c’est moralement que j’parle, vous pensez bien...
La jeune fille ancienne école. — Ah !... que c’est gentil, ces souris autour d’un fromage !... les voyezvous?...
L’homme sérieux. — Ça s’appelle « un Siège en règle »...
— Pourquoi les souris sont- elles blanches ?...
Bob. — C’est des souris... xcessivement chics!... les souris d'là maison du vieux en satin blanc d’Monchablon, p’t’êtr’ bien ?...
L’homme sérieux. — Voilà aussi une très jolie marine de Masure
— C’est d’un amusant miroitement...
L’oncle Jean. — Et ici, « les Gardes-Côtes », de Lecomte du Nouy !... c’est très bien, ne trouvez-vous pas?...
— Si... cette grande mer... ces blocs énormes de rochers sont très grandioses...
— Il a une vision très personnelle des choses, Lecomte du Nouy!...
— Oui... et il ne doit pas souvent s’occuper de l’effet à produire sur le « bourgeois », moi, j’adore ça!...
— Ce tableau donne une impression de profonde tristesse... je ne sais pas trop pourquoi...
Le gommeux, retirant sa canne de sa bouche. — Ça manque de femmes!...
Bob. — M’sieu l’abbé, on avait d’jà, dans c’temps-là des p’tites guérites en paille pour l’bord de rmer ?...
L’abbé. — Où ça?. . .
Bob. — Là... vous voyez pas... dansl’dos dThomme...
L’abbé, haussant les épaules. — C’est son bouclier...
Bob, vexé. — Ben, j’sais pas trop l’quel d’nous deux qui a raison !...
La petite femme dans le train. — Ah ! que voilà une jolie chose !...
L’homme sérieux. — C’est le « Printemps » de Ménard...
— La coloration est ravissante!... regardez les chairs tachées de lumière, la fraîcheur de ton des pivoines et des iris...
— C’est extrêmement curieux et amusant!...
L’homme sérieux. — Nous passons, sans nous y arrêter, dans la salle 21 déjà visitée, et nous entrons à la salle 49... Voici « Près de la fenêtre » de Lee-Bobbins... c’est une très bonne toile...
— Oui... la vieille dame est attentive et calme...
— Le petit chat qui boit du lait est confiant...
— On respire la tranquillité...
— Et puis, c’est peint « très souple »!...
Bob, tirant l’abbé. — M’sieu l’abbé, y a là un homme assis sur un lion, qui r’ssemble à Léon, l’valet d’chambre, qu’c’est craché!...
L’abbé, cherchant . — Assis sur un lion?...
Bob. — Mais là, t’nez!... vous l’voyez pas!... là... c’est l’iion qu’est la jambe du fauteuil... non, l’bras que j’veux dire... y vous crève l’œil!...
L’abbé. — Comment, c’est de ce portrait que vous parlez?... vous me dites : « Un homme assis sur un lion »... et c’est un monsieur en habit noir...
Bob. — Ben, j’vous ai pas dit qu!il était tout nu?...
L’abbé. — Et assis sur un lion !... moi, je cherchais un belluaire quelconque...
L’homme sérieux. — C’est le portrait de M. Méline... par Monchablon.
Bob. — M’sieu Méline d’Ja Chambre ?...
Maman. — Oui... qu’est-ce que ça te fait?...
Bob. — Ça fait qu’à présent que j’vois sa tête, j’mélonn e plus du boucan qu’vous dites tout l’temps qu’on fait là-bas !...
Maman. — Bob, tais-toi !. ..
Bob, se retournant vers l’abbé. — C’qu’y a d’sûr, c’est qu’y varie ses portraits, m’sieu Monchablon!... l’tem-
plier d’ià-bas et l’président d’ici, c’est pas tout à fait kif kif... Hein, m’sieu l’abbé?...
La petite femme dans le train. — Oh î le ra vissant Lobre!... je l’aime plus encore que l’autre!., quelle fine tonalité verte !...
Le grincheux. — C’est vraiment très remarquable !... et puis, peinture à part, ils sont toujours charmants, les « intérieurs » de Lobre!... confortables, doux, élégamment simples... pas de peluches, ni de machins qui traînent partout, mais des objets pratiques, bien compris...
La petite femme dans le train. — La petite fille est gentille... délicate, élégante, avec le « dégingandement » de son âge... dans l’autre tableau elle a une délicieuse tête xviie siècle, mais je trouve cette tête trop grosse... ici, elle est parfaitement en harmonie avec le petit corps serpentin et menu...
Bob. — T’nez, m’sieu l’abbé, dans l’pan coupé, v’ià l’abbé Liszt !...
L’abbé. — Croyez- vous?... il me semble que l’abbé Liszt avait quelques verrues que n’a pas celui-ci...
L’homme sérieux. — En effet... celui-ci s’appelle « Monsieur le curé »... il est de Maignan...
Bob. — Il a l’air distingué !...
L’oncle Jean. — J’aime ce petit portrait...
— Oui... il est très mystique...
La jeune fille moderne. — Très jolie, celte petite fille appuyée la main sur la hanche, qui se détache sur la porte ouverte...
— C’est très bien... il y a de l’air, du soleil...
L’homme sérieux. — C’est intitulé « Fille de marin »,
c’est de Mary...
— Eh bien, il a beaucoup de talent!...
— Et l’« Ophélie » d’Henry Martin... comment la trouvez-vous?...
— Très bien comprise comme expression, mais horrible de couleur...
L’oncle Jean. — Je trouve ce tableau tout à fait joli!... ces petites filles dans les champs avec des religieuses...
L’homme sérieux. — C’est la « Promenade du jeudi », de Point...
— Là aussi, il y a de l’air et du soleil!...
— Et quelle intensité d’expression dans ces petites tètes d’enfants !...
Lily, à Bob. — Comment trouves-tu la p’tite blonde qui r’garde la fleur?... jolie, s’pas?
Bob. — Oui... mais c’qu’elle doit êtr’gale!...
L’homme sérieux. — Passons à la salle 17... Voici une très jolie petite vue d’Alger, de Mucnier... celui qui a fait les « Femmes d’Alger sur les terrasses » voyezvous, le 1971?
La petite femme dans le train. — Ce portrait à contre