‹ Bobigny (lez-Paris)Chapitre 161 sur 183 · TO · texte numérisé non relu

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BOBIGNY

composé presque entièrement de laïques imbus des principes philosophiques et de préjugés parlementaires. Ces hommes regardant l’Église de France comme mise en entier à leur disposition, se proposèrent de la réorganiser à neuf et sur un pied tout autre que celui de l’Évangile. Ils rédigèrent un projet de loi qui fut pour ce motif appelé du nom de Constitution civile du clergé. Sous prétexte de rendre la division ecclésiastique conforme à la division civile, on réduisit les 135 diocèses de France à 83, nombre égal à celui des départements. On supprima les chapitres, les abbayes, les prieurés et tous les bénéfices; on statua que les évêques seraient désormais nommés par les électeurs du département et les curés par les électeurs de la commune; que, sans avoir besoin de recourir à Rome, les évêques élus recevraient l’institution canonique du métropolitain ou du plus ancien prélat de la province ecclésiastique; que chaque évêque aurait un conseil composé d’un certain nombre de vicaires épiscopaux, sans le concours desquels il ne pourrait faire aucun acte de juridiction pour le gouvernement de son diocèse; qu’à la vacance du siège, l’autorité passerait au premier vicaire de l’évêque. Que chaque curé pourrait choisir ses vicaires parmi les prêtres du diocèse, sans qu'ils eussent besoin de l’approbation de l évèque. Tels étaient les principaux articles de cette organisation philosophique de l'Église, dans laquelle l’autorité du Souverain Pontife était entièrement laissée de côté. C’était ce qu'on appelait revenir aux usages de la primitive Eglise, tandis qu’en réalité on ramenait l’Eglise aux anciennes persécutions. On imposa en effet à tous les ecclésiastiques résidant en France l’obligation de prêter le serment de fidélité à cette Constitution, sous peine de déportation. Quelques prêtres prêtèrent le serment sacrilège par surprise, parce qu’ils n’en comprenaient pas la portée, et qu’ils croyaient pouvoir exercer encore utilement le saint ministère en vertu de l institution canonique dont ils étaient revêtus. D’autres le prêtèrent par faiblesse, ne se sentant pas la force de tout abandonner sur-le-champ et de se voir condamner à l’exil pour la vie sans moyens de subsistance.

Sous le nom de prêtres assermentés ou constitutionnels, ces hommes incertains ou craintifs purent garder leurs fonctions et formèrent le clergé reconnu pari État. Néanmoins un très grand nombre de prêtres courageux refusèrent de le donner et préférèrent perdre tout leur avoir et s’en aller en exil plutôt que d’adhérer au schisme.

Bobigny (lez Paris) Planche XIIe page Içn,

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