COUPE LONGITUDINALE DE L’EGLISE DE BOBIGNY
'et DE LA SACRISTIE CONSTRUITE EN 1866. ■
BOBIGNY
M. Antoine Gigon, curé de Bobigny, fut de ce nombre. Voici la copie du procès-v erbal de son relus donné à la municipalité :
«Le dimanche 23 janvier 1791 , onze heures et demie du matin, en l’église Saint-André de Bobigny, la municipalité assemblée, présence de tous les peuples qui étaient en grand nombre, nous nous sommes placés au banc de l’œuvre, M. le maire, le procureur de la commune, les officiers municipaux et les notables. Sur l’appel nominal que nous avons fait de M. Antoine Gigon, curé de cette paroisse, conformément à la déclaration qu'il en a faite au secrétariat de la mairie le 14 du présent mois de janvier, le dit sieur Gigon s’étant présenté a dit qu’il ne pouvait nullement prêter le serment conformément aux décrets de l'Assemblée nationale, sanctionnés par le roi, que c’était contre sa religion, et que descendrait-il un ange du Ciel pour le lui commander, il ne le ferait point. Duquel refus nous avons dressé procès-verbal que nous avons signé. Certifié conforme à la minute.
« Duto u r, secrétaire-greffier.
« Ce 12 avril iyqi . »
Toute contraire fut la conduite de M. l’abbé Jean-Baptiste Féchoz, vicaire de Noisy- le-Sec. Le même jour 23 janvier 1791, en présence du conseil général de la susdite commune, il fit le serment de veiller avec soin sur les fidèles de la paroisse de Noisy, d’être soumis à la nation, à la loi et de maintenir de tout son pouvoir la Constitution décrétée par l’Assemblée nationale. En récompense de son adhésion au schisme, les électeurs, réunis à Saint-Denis le 6 février suivant, firent choix de lui pour la cure de Bobigny déclarée vacante par suite de la résistance de M. Gigon.
Voici copie de la lettre écrite par M. Féchoz et adressée au président et aux électeurs de l’assemblée électorale du district de Saint-Denis, pour leur faire part des sentiments que lui faisait éprouver sa récente nomination :
« Noisy-le-Sec, ce 12 février 179 t.
« Monsieur le Président, Messieurs,
« Il est sans doute bien honorable et en même temps très flatteur pour moi d’avoir obtenu vos suffrages pour ia cure de Bobigny. Recevez-
en, je vous prie, l’hommage de ma reconnaissance. Quelque délicate que soit dans ces temps orageux la fonction de pasteur, je n’hésite point à l'accepter. Si c’est témérité de ma part de me charger d’un pareil fardeau, au moins j'aurai toujours la consolation de me rendre cette justice que je ne l’ai sollicité ni directement ni indirectement. Il faut obéir quand la voix de Dieu nous appelle, et je crois la reconnaître dans la forme des élections actuelles. A la vérité, la faiblesse de mes talents et de mes lumières a de quoi m’effrayer, mais je mets toute ma confiance en Celui qui me fortifie et j’attends tout de sa bonté. Le Seigneur qui m’appelle par votre organe daignera sans doute venir à mon secours. Cette espérance me rassure; soutenu de la protection du Ciel, je ferai tous mes efforts pour veiller avec soin sur le troupeau que vous voulez bien me confier. J’en fais le serment, ainsi que d'obéir a la nation, à la loi et au roi, et de maintenir de tout mon pouvoir la Constitution française. Je réitère volontiers ce serment dans la sincérité de mon âme et la droiture de mon cœur, parce que je n’y trouve rien de contraire à la religion chrétienne, pour le soutien de laquelle je suis prêt à verser mon sang. Tels sont les. sentiments dans les quels je suis résolu de vivre et de mourir.
« J’ai l’honneur d’ètre avec respect, Monsieur le Président,
« Votre très humble et très obéissant serviteur,
« Fechoz, vicaire de Noisy-le-Sec. »
Si M. l’abbé Féchoz avait eu réellement quelque défiance de luimême, il aurait attendu pour se prononcer le jugement du Souverain-Pontife, chef de l’Église, qui bientôt allait condamner ce serment comme contraire à la foi, et il se fût empressé de suivre le parti le plus nombreux des évêques et des prêtres qui, sans hésiter, refusèrent de le donner. Quant à sa disposition de vivre et de mourir dans la foi chrétienne, et de verser son sang pour sa défense, on verra, par la lecture des faits que nous allons rapporter. qu’elle n’avait rien de sincère.
Jean-Baptiste-Louis Fécho\, curé constitutionnel du 31 mars 1791, jour où il reçut de M. Gobel, soi-disant évêque de Paris, sa prétendue institution canonique, au 20 novembre 1793, jour de sa renonciation à toute fonction sacerdotale.
Voici la copie de l’acte de sa prise de possession :
« L’an 1791, le dimanche 3 avril, en vertu des décrets de l’Assemblée nationale en date du 24 août 1790 sanctionnés par le roi, M. Jean-Baptiste Féclioz, prêtre de Paris, nommé à la cure de ce lieu par MM. les électeurs du district de Saint-Denis, département de Paris, le 6 février 1791 et proclamé le 13 dans l’église de Saint-Denis conformément à l’article 31 du même décret, ayant reçu son institution canonique de M. Jean-Baptiste Gobel, évêque métropolitain de Paris, en date du 31 du mois de mars dernier, conformément à l’article 39 du dit décret, a prêté le serment ordonné en présence de la municipalité de ce lieu et de tout le peuple assemblé avant la messe solennelle. Duquel nous lui avons donné acte par lui requis.
« Et avons signé: Malice, maire; Genisson; Lezier;
F écho z, curé; Jollin; Clement; Dutour, secrétaire-greffier; Mongrolle, procureur-syndic1. »
Le dimanche 8 mai 1791 se tint une longue assemblée de fabrique, dans laquelle se décidèrent plusieurs affaires importantes : la poursuite des débiteurs de la fabrique; l’achat de vases en argent pour contenir les saintes huiles; la séparation ou du moins la distinction des revenus de la confrérie du Saint- Sacrement, de ceux de la fabrique, comme cela avait lieu autrefois. Au nombre des assistants, étaient : C. Lézier, N. Génisson,
L. Ménessièr, A. Evin, J. -B. Charpentier, C.-R. Clément, A. Devaux, P. Legrand, P. Mongrolle, L.-M. Jollin, maire, nommé récemment, et
M. Féchoz.
Le dimanche 21 août 1791, nouvelle assemblée, non moins importante, après convocation au prône les dimanches 7 et 14 précédents. Elle eut lieu à l’issue des vêpres. i°M. Féchoz fitconnaitre aux habitants présents à cette réunion que, deux jours après sa prise de possession, on avait remis dans la sacristie les registres de baptêmes, mariages et sépultures de la paroisse, liés avec une corde et dans le plus mauvais état possible; qu’au bout de deux mois, ayant été obligé de livrer un extrait, il a trouvé dans la plupart de ces registres toutes les feuilles blanches marquées d’écritures diverses et les autres feuilles pour le plus grand nombre coupées et par conséquent