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PLAN DE L’EGLISE DE BOBIGNY ET DE LA SACRISTIE

BOBIGNY

question de reconstruire à nouveau, plus solidement et plus grandement, ces deux édifices qui sont trop exigus et en très mauvais état.

Voici la liste de Messieurs les maîtres d’école ou instituteurs de la commune depuis 1638 jusqu'à ce jour :

Claude Cliarre 1638

Jean Charre 1652

Claude Charre 1686

Guillaume Ménessier 1706

Louis Leduc 171 1

Pierre Pichon 1724

Nicolas Mansion 1727

Guillaume Ménessier 17 32

Charles Domage 1736

Joseph Charly 1743

Pierre Dalivot 1748

Simon Guiotin I752

Pierre Macret 1755

Pierre Crochard 17 56

Guillaume Dutour 1762

Louis-Etienne Gontier 1818

Pierre Delaruelle 1820

Auguste Roblin 1821

Pierre Renard 1823

François Tafin 1828

Jacques-Toussaint Braint 1839

Alexis Choudieu 1840

Nicolas-Charles Vil t 1849

Charles-Pascal Martinet 1832

François-Aimé Ledouble 1863

Désiré Bilbaut 1864

Eléonore Gérard 1867

BOBIGNY

« Bobigny, icr floréal an I de la République française, une et indivisible (20 avril 1794) b

« oAux citoyens administrateurs composant le Directoire du district

de Franciade.

« Citoyens,

« Nous vous envoyons cyjoint la correspondance du mois de germinal et le procès-verbal des arrêts de nos séances pendant le dit mois.

« Nous avons rendu exactement le compte des deux premières décades. Cette dernière nous offre quelques réflexions à soumettre à votre sagesse. Le rassemblement dans le temple de la Raison chaque jour de décade ordonné par l’arrêté du représentant du peuple Craffon n’est pas aussi nombreux qu’il pourrait l’ètre. Depuis trois décades, le nombre diminue beaucoup. Malgré nos efforts, un grand nombre de citoyens et de citoyennes n’en tiennent pas compte; les uns par insouciance, les autres, tenant encore à leurs anciens préjugés, refusent d’y venir; d’autres s’abstiennent pour affaires personnelles.

« Nous mettons tout en œuvre pour exciter les premiers, détruire petit à petit les anciens préjugés des seconds, et exciter les autres a y paraître au moins une fois tous les deux ou même tous les trois décadis.

« Nous leur faisons sentir par tous les moyens possibles et dont nous sommes capables l'avantage de ces sortes d’assemblées si puissantes à former en eux l’esprit public, et à l’élever à la hauteur des circonstances. Nous n’avons point encore découvert que la malveillance y ait de part- Cependant nous pensons qu’un nouvel avis du représentant du peuple sur cet objet ne pourrait procurer qu’un grand bien.

« Salut et fraternité.

« Fechoz, maire; Vaillant, officier public;

« Düto u r, secrétaire-greffier. »

Dans ces jours de deuil et de persécution, vulgairement appelés la Terreur, le gouvernement décrétait souvent des fêtes nationales. On célébrait tour à tour la fondation de la République, la souveraineté du peuple, la liberté, les victoires, l’armée, les vieillards, les époux, l’agriculture, etc.

1. Dimanche de Pâques, anniversaire de la Résurrection de N. S.

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Mais ces réjouissances ne trouvaient guère d’écho dans la population. Le plus grand nombre des habitants n’observaient pas non plus le décadi, malgré la défense des lois, maintenues pourtant avec une extrême rigueur: ils employaient ce jour au travail et se reposaient le dimanche.

Les sévérités et les scandales de la Révolution n’avaient pu encore étouffer à Bobigny, aussi bien qu’ailleurs dans notre France, la foi et les mœurs de nos ancêtres qui savaient faire fraterniser la religion et le travail, le devoir et la vertu. Aussi Robespierre, craignant que le peuple qui avait besoin d’un autre culte que celui de la Raison, ne retournât au catholicisme, ht décréter, le 20 prairial an II (8 juin 1794), le culte de l’ Litre suprême et 1 immortalité de l’âme. Mais cette première concession de la République rouge au sentiment religieux de la France n était pas suffisante. Par un nouveau décret du 2 pluviôse de l’an III (21 février 1795), elle toléra la réouverture des églises et le rétablissement du culte catholique L

« Bobigny, 17 ventôse an lit de la République française, une et indivisible (7 mars 1795).

« oAux citoyens administrateurs composant le Directoire du district

de Franciade.

« Citoyens,

« Nous vous annonçons que les cultivateurs de notre commune ont travaillé hier et fait travailler leurs charretiers et ouvriers, qu’ils ne veulent plus fêter de décadi et qu’ils veulent fêter les dimanches. En effet, les charretiers et ouvriers 11e font rien ce jourd'hui sous prétexte qu’à Noisyle-Sec, Romainville, Pantin et autres endroits ils reprennent leur culte. C’est donc ce qui a été cause qu’il n’est venu personne à l’assemblée hier.

« Salut et fraternité.

« Pour absence du maire,

« Dutour, secrétaire-greffier; Lemaître, agent national; « Gf.nisson, officier. »

1. Robespierre fut guillotiné entre ces deux décrets, le 27 juillet 1794. Le citoyen Féchoz avait donné sa démission de maire, le 8 juin précédent.

BOBIGNY

« Bobigny, le 20 prairial an III de la République française, une et indivisible (8 juin 1795).

« Qdux citoyens administrateurs composant le Directoire du district

de Franciade.

« Citoyens,

« Nous répondons aux questions que vous nous faites par votre circulaire en date du 18 prairial (6 juin), et que nous n’avons reçue que ce matin 20 du courant.

« i° Il n a été élevé aucun oratoire dans notre commune.

20 On n’y exerce aucun culte, presque tous les citoyens vont à la messe aux paroisses circonvoisines, les uns à Noisv-le-Sec, d'autres à Romainville, Pantin et Aubervilliers.

30 II n existe et n a jamais existé de ministres d'aucun culte, soit prêtres assermentés ou insermentés. En conséquence, tout y est dans la plus grande tranquillité possible.

« Salut et fraternité.

« Jollin, maire; Lemaître, agent national. »

,< Bobigny, 9 vendémiaire an IV de la République française, une et indivisible (xer octobre 1795).

« oAux citoyens administrateurs composant le Dirictoire du district

de Franciade.

« Citoyens,

« Nous répondons à votre circulaire en date du 7 courant, relativement aux ministres du culte catholique. Nous en avions un qui s’est tait décerner un acte de ses soumissions aux lois de la République. Il nous a dit la messe pendant cinq à sept dimanches. Il y a trois à quatre semaines que nous ne le voyons plus il a trouvé mieux, il l’a pris, il est à la Vil— lette et nous sommes actuellement sans prêtre. En conséquence, nous n’a-

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vons rien à dire contre lui qui puisse être contraire aux lois de la République pendant le temps qu'il a résidé dans notre commune.

« Salut et fraternité.

« Jollin, maire; Lemaître, agent national;

« Dit o u r, secrétaire-greffier. »

Ce premier ministre du culte catholique venu sur la paroisse de Bobigny, l’année même oii la Convention près de sa fin, était moins persécutrice de la religion, ne saurait être M. l’abbé Roussel, curé de laVillette de 1804 à 1840. Cette paroisse a dù avoir pour la desservir, après les jours néfastes de la Terreur, un prêtre dont le nom est inconnu.

Quirin Jacquemin . curé du 11 décembre 1797 au 8 avril 1798. C’est au registre des décès que le nom de M. Quirin Jacquemin paraît pour la première fois.

« Ce 21 frimaire an VI (onze décembre 1797) de la République française une et indivisible, j’ai inscrit l’acte de décès de Marie-Jeanne- Elisabeth Lemaître, décédée ce jour même, à 6 heures du matin, âgée d’environ 16 mois, native de Bobigny, département de la Seine, domiciliée au dit Bobigny, sur la place, fille de Michel-Ferdinand Lemaître, culti vateur, et de Anne-Scholastique Ménessier, sur la déclaration faite à moi adjoint municipal, par ledit Michel-Ferdinand Lemaître, âgé de 28 ans, père de l’enfant, et par le citoyen Quirin Jacquemin, ministre du culte catholique à Bobigny, domicilié rue Dîne-Souris, se déclarant ami du père de la défunte, et par Denis Lemaître, cultivateur et oncle paternel de la défunte, lesquels témoins ont signé avec moi.

« Guillaume Dutour, adjoint municipal faisant les fonctions d'officier public. »

Nous donnerons ici la généalogie des Lemaître, nombreux au village de Bobigny, tous descendants de l’un ou l'autre Lemaître qui figurent dans cet acte, tous également dévoués à l’Eglise par tradition de famille. François Lemaître, né en 1724, marié à Marie-Jeanne Legrand en 1755, père de Denis Lemaître et de Michel-Ferdinand Lemaître, était fils de Laurent Lemaître et de Marie-Madeleine Berthelot. Laurent Lemaître,

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né le io août 1700, était fils d'André Lemaître et de Jeanne Poupart. André Lemaître, baptisé le 12 mai 1675, était fils de Jean Lemaître et de Marguerite Grégy. Jean Lemaître, né en 1638, était fils de Pasquier Lemaitre et de Françoise Doman, Pasquier Lemaître, né en 1616, était fils de Thomas Lemaître et de Denise Coffier. Thomas Lemaître enfin, né le 3 février 1589, était fils de Jean Lemaître, originaire des Andelys, près l’Ile-Adam, et de Marie Berger de la Villette Saint-Lazare, où ils avaient été mariés en l’année 1587.

La Constitution de l’an VIII (1700) apporta définitivement l’ordre et le calme dont notre France avait été trop longtemps privée. Les prêtres et les fidèles purent dès lors en toute liberté rendre au vrai Dieu le culte qui lui appartient. Mais il y avait beaucoup à faire pour réparer les ruines du sanctuaire. Comme nous l’avons dit, l’église avait été dépouillée de tous ses ornements. Les dons de la commune et les offrandes des fidèles couvrirent, en partie du moins, les- dépenses nécessaires pour l’accomplissement des divins offices.

Jean-Pierre Viellard, curé du 30 avril 1806 au 15 août 1809, jour de sa mort. Il était âgé de 67 ans et demi, et fut inhumé dans le cimetière de la paroisse, à l’endroit même où se construit actuellement la sacristie. Il venait d’être nommé depuis quelques jours seulement à la cure de Drancy. C’est à partir de son installation à Bobigny que les marguil Tiers de la fabrique intérieure commencèrent leurs fonctions ainsi que nous le dirons par la suite.

Six mois environ après le décès de M. Viellard, le 22 janvier 18 11, M. Pierre Mongrolle, maire, adressa à M. le sous-préfet de Saint-Denis, lui annonçant par une circulaire l’intention où était le gouvernement d’acquérir un presbytère à Bobigny, la réponse que voici :

« J’ai le regret, monsieur le préfet, de vous faire savoir qu il est impossible de construire un presbytère adossé à l’église, le terrain n’étant pas suffisant. Il n’y a de disponible et de vraiment convenable pour la demeure curiale, en notre commune, que l’ancien presbytère, dont le propriétaire actuel se défera volontiers. Si on ne veut pas de la totalité de l’immeuble dont la mise à prix est de 8,000 francs, on peut se borner à l’acquisition de l’ancien bâtiment qui ne saurait dépasser la somme de 6,000 francs. Au dire des experts, c’est à ce dernier parti qu il serait plus

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sage de s’arrêter. Sur ce, en attendant l’honneur de votre réponse, je suis, avec un profond respect, votre très humble serviteur.

« Mon g ro ll F., maire. «

Depuis cette époque jusqu’à ce jour, c’est-à-dire depuis environ cinquante-cinq ans, la commune ne cessa pas de débourser chaque année une somme assez ronde pour le logement de M. le curé. Il faut reconnaître que l’ancien presbytère, vendu par la Révolution comme bien national, loin de rapporter à l’Etat, lui a coûté cher. Cependant la commune de Bobigny vient de faire, en vue de la construction d'une nouvelle maison curiale,

I 'acquisition d’un beau terrain situé au chevet même de l’église. M. Gaston de Lavau, propriétaire de ce terrain et de ceux qui doivent servir à l’établissement des nouvelles mairie et école de garçons, s’est montré dans la vente de ces biens plus que conciliant, on peut dire désintéressé.

Etienne François Guérard. curé à partir du 8 avril 1 8 1 1 , époque où il fut promu par Son Eminence le cardinal Maury, administrateur capitulaire du diocèse de Paris, le siège archiépiscopal vacant. Il était pour lors âgé de soixante-deux ans. Il reçut le 28 mai de la même année 1811, de Son Excellence l’architrésorier de l’Empire, un traitement de 500 francs en qualité de desservant, d’après l'article 6 du décret impérial du 1 1 prairial an XI (31 mai [803). On ne voit pas cependant qu’il ait exercé aucune fonction à Bobigny par suite de sa nomination. Les curés des environs, et en particulier M. Chaalons, curé de Noisy-le- Sec, desservirent la paroisse pendant la vacance.

Jean-Baptiste Ocassidi, curé du 16 janvier 1 8 1 2 au 20 septembre x 814 .

II lui fut délivré un brevet analogue à celui que son prédécesseur avait reçu, valable à partir du jour de sa nomination. L’époque de son entrée dans la paroisse fut aussi celle de l’entière constitution du conseil de fabrique, conformément au décret impérial comme il sera dit plus bas.

Il fut nommé à la cure de Bondy le et y mourut le

21 juin 1816, âgé de 61 ans.

Julien Gaultier, curé du i,r janvier 1 8 r 8 au 11 août 1830. L’année 1815 ne tut pas plus heureuse pourl’église de Bobigny que celle de 1793. Elle fut encore une fois dépouillée de ses vases sacrés, de ses ornements et de tout ce qui pouvait avoir quelque valeur. M. Julien Gaultier, dès les pre-

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miers jours de son administration, attesta sur le registre des délibérations du conseil de fabrique que tous les objets inventoriés le 7 novembre 1810 par M. Pierre Mongrolle, maire de la commune, et M. l’abbé Chaalons, curé de Noisy, desservant la cure de Bobigny pour lors vacante, avaient été pillés par les Cosaques. M. Gaultier eut donc à réparer ces nouveaux désastres, et il le fit tant au moyen des dons volontaires qu’il obtint pour son église de divers particuliers, qu’à l’aide des deniers de la fabrique qui se multiplièrent sous son administration éclairée. L’édifice religieux luimême, construit depuis cinquante ans environ, fut restauré dans son entier.

Par une ordonnance royale du 4 mai 1820, datée du château des Tuileries, la commune de Bobigny fut autorisée à s’imposer extraordinairement pour cet objet à la somme de 2,700 francs au centime le franc de ses contributions, pour les trois années 1820, 1821 et 1822. A la surimposition communale de 2,700 francs M. le préfet ajouta un secours de 2,550 francs imputable sur le fonds de réserve de la banlieue. Enfin pour compléter le montant du devis, on prit sur l'exercice de 1823 la somme de 322 francs. En tout 5,572 francs. Les plans que nous donnons1, datant du 25 septembre 1818, ont été faits en vue de ces travaux. Ils consistaient dans le remplacement des auvents du clocher, laréparation, le ravalement, la reprise en sous-œuvre des parties extérieures endommagées, avec badigeonnage intérieur et extérieur de 1 église, plus la réparation des murs de clôture, et la pose des deux portes au cimetière y attenant. Ils furent exécutés par André-Magloire Gaj, adjudicataire, pour le prix et somme de 5,266 francs.

Ils étaient à peu près terminés à la fin de l’année 1821, époque à laquelle une nouvelle cloche fut bénite et montée dans le clocher, à la place de l’ancienne qui avait été fêlée. Voici ce qu’on lit gravé sur cette cloche :

« L'an 1821 j’ai été bénite par M. Julien Gaultier, curé de Bobigny, et nommée Marie-Esther par M. Léon de Delley de Blancmesnil et par dame Marie-Esther de Blancmesnil, épouse de M. Alexandre-Guy-Charles de Lavau, officier des gardes du corps du roi, chevalier de l’ordre royal de la Légion d’honneur. MM. P. F. Mongrolle, maire. Grout, président. Heurtault, Luzu et Georges Letellier, marguilliers. »

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