‹ Bobigny (lez-Paris)Chapitre 48 sur 183 · De la Chenaye-Desbois, t. XI, ire partie, p. 6, 7 et · texte numérisé non relu

De la Chenaye-Desbois, t. XI, ire partie, p. 6, 7 et

2. Après la mort du cardinal de Retz, en 1679, la dignité d’abbé de Saint-Denis cessa d’exister, et la manse abbatiale lut unie à la communauté de Saint-Louis de Saint-Cyr par le roi Louis XtV. L’archevêque de Paris eut la juridiction spirituelle sur les églises de la ville de Saint-Denis. Il fit exercer cette juridiction par le prieur de 1 abbaye, qu il établit vicaire général du diocèse. Une bulle du Souverain Pontife Innocent XII, datée du 23 février 1691, confirma cette union et transféra à cette maison et communauté tous les biens, revenus, droits, honneurs et prérogatives qu’avaient possédés les abbés du monastère.

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la seigneurie de Bobigny, et de payer 3 francs de cens au lieu de 15 deniers qu’ils avaient rapportés annuellement jusque-là, s'il venait à les faire enclore de murs, afin de suppléer à la dîme à laquelle dans ce cas cette pièce de terre ne serait plus soumise.

Enfin M. Jean-François Jacquier céda en location, en l’année 1711, à la veuve de son fermier Eustache Pierre, le manoir seigneurial qu’avait construit en 1 584 Guillaume Perdrier. Cette dame, ayant renouvelé avec M. Jacquier le bail passé par son mari peu d'années avant sa mort, à partir de cette époque le château de Beauregard devint la demeure des seigneurs de Bobigny.

Messire Jean-François Jacquier mourut en 1727 sans laisser d'enfants de Nicole de Rochereau de Hauteville, son épouse. Il légua à son frère puîné Hugues-François Jacquier la terre et seigneurie de Bobigny, avec tous les droits et avantages qui y étaient attachés, ainsi que la vidamie de Vieu-Maison et tous ses titres.

Le nouveau seigneur de Bobigny donna l’aveu et dénombrement de son fief aux dames religieuses de Saint-Cyr, le 25 mai 1738. Et le même jour il reçut acte de liquidation par devant Jourdain pour le payement des droits de relief qu’il avait acquittés.

Messire Hugues-François Jacquier de Vieu-Maison n’était encore que capitaine des dragons lorsqu'il fut reçu officier de l’ordre de Saint- Lazare. Le 26 du mois de mars 1741, il ht à son neveu Philippe-Guillaume Jacquier, conseiller au Parlement, donation entre vifs de son domaine de Bobigny, sous charge de substitution en faveur de ses enfants s'il venait à en avoir, et s’en réservant la jouissance pendant sa vie. Il mourut le 23 septembre 1744, sans laisser de postérité de Louise Robert de Septeuil, qu’il avait épousée en 1730. Cette dame était hile de Pierre de Septeuil, président de la Chambre des comptes et de N...

Philippe-Guillaume Jacquier, vidame de Vieu-Maison et seigneur de Bobigny après son oncle, Hugues-François Jacquier, était né en l’année 1700, du mariage de Philippe Jacquier de Hamecourt, le troisième fils de François Jacquier et de Thérèse Hérinex, d’une famille de Flandre. Il fut reçu conseiller au Parlement en 1732 et conseiller de grande chambre honoraire en 1762. Il épousa en 1736 Renée - Louise-Madeleine Hattes, hile de René Hattes, l’un des fermiers généraux. De son mariage naquit une hile, Anne-Françoise-Céleste Jacquier de Vieu-Maison, décédée à

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Paris dans la seizième année de son âge, deux mois environ après avoir été mariée à Guy- André-Marie-Joseph, comte de Laval-Montmorency, fils aîné de Guy-André-Pierre, duc de Laval-Montmorency et de Jacqueline- Hortense de Bullion de Fervaques. Guy-André-Marie-Joseph de Laval- Montmorency, qui était du même âge que sa jeune épouse, mourut un an après elle, à Ennebeck, delà petite vérole, le 30 novembre de l’année 1754.

Messire Philippe-Guillaume Jacquier, vidame de Vieu-Maison, seigneur de Belle-Assise, de Jouy, de Villeblovin, etc., et de Bobigny, avait recueilli toutes les successions de ses père et mère et de ses oncles, lorsque, le 23 décembre 1744, il donna aux dames de Saint-Cyr ainsi qu'il suit l’énumération et l’évaluation du relief de sa terre de Bobigny : « La seigneurie de Bobigny est composée des terres labourables ci-après : En fief de Livry, 144 arpents; en fief de Saint-Denis (compris 24 arpents démembrés par feu messire Hugues-François Jacquier), 344 arpents, 4 perches; en censive de Drancy, 140 arpents; total, 608 arpents, 4 perches.

« Il relève encore de Livry les grosses et menues dîmes de la paroisse de Bobigny. Estimation des terres sur le pied de 9 francs l’arpent :

140 arpencs de Drancy font 1.260 fr.

144 arpents de Livry font [.296 »

344 arpents de Saint-Denis font 3.000 »

Total 5.556 fr.

« Le prix des beaux de la seigneurie est par an de. . . . 6.200 fr.

Réserves y portées 276 »

Les grosses et menues dîmes 920 »

Total 7. 396 fr.

« Non compris, dans ces évaluations, le château, la justice, les censives et les mouvances du fief, dont les produits sont de peu de conséquence. »

Philippe-Guillaume Jacquier rendit, le 8 janvier 1748, foy et hommage, aveu et dénombrement au seigneur dominant de Livry pour la partie de sa terre qui relevait de lui. Et, douze jours après, il accomplissait le même devoir par-devant Jourdain pour l’autre partie de sa terre,

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mouvant en plein fief de la manse abbatiale de Sainct-Denis, appartenant aux dames religieuses de Saint-Louis à Saint-Cyr.

Ces actes de foi et hommage sont les derniers que nous ayons rencontrés dans nos recherches.

Le père Anselme, dans son Dictionnaire des grands officiers de la couronne; d’Hozier, dans son QÂrmorial , et après eux de la Chenaye- Desbois, dans son Dictionnaire de la noblesse , citent Claude-Antoine de Vallès, écuyer, seigneur de Launay, des Housseaux et de Bondy, marié en 1708 à Marie-Anne Grosteste, et leur fils François de Vallès II, écuyer, seigneur de Launay, des Housseaux et de Bondy, comme ayant possédé la seigneurie de Bobigny au moins en partie, au commencement du xvi 11e siècle.

L’abbé Lebeuf, qui vivait à cette époque, ne dit mot de cette famille dans son ouvrage aux articles ci-dessus mentionnés; et quant à nous, non seulement nous n’avons rien trouvé pour nous faire admettre que les de Vallès aient jamais possédé du bien à Bobigny-lez-Paris ; au contraire, nous avons eu entre les mains les nombreux titres de propriété des MM. Jacquier, seigneurs à tour de rôle pendant plus d’un siècle et jusqu à la grande Révolution, titres de propriété que nous avons pour la plupart mis sous les yeux du lecteur, et qui prouvent que cette assertion est erronée.

La famille de Vallès aurait-elle eu à Aunay-lez-Bondy certains droits de cens semblables à ceux que possédait M. de Gourgues, seigneur de cette paroisse, en 1770, droits qui furent reconnus le 30 septembre de cette année-là dans un acte de foi et hommage rendu en forme à ce seigneur par messire Philippe-Guillaume Jacquier, voilà ce que nous n’avons pu découvrir et ce qui, du reste, n’aurait pas donné aux de Vallès le droit de se dire seigneurs de Bobigny.

Messire Philippe-Guillaume Jacquier fut le dernier seigneur de Bobigny. Il décéda à Paris le 2 février 1791, l’année même de l'abolition du régime féodal. Vingt-deux ans avant sa mort, en l’annéé 1 769, il avait doté la paroisse de Bobigny (comme il sera dit plus au long au troisième chapitre) d’une belle église entièrement construite à ses frais. Ses armoiries -peintes sur verre furent placées aux fenêtres de Péditice religieux et gravées également sur les deux cloches, qu il avait fait suspendre dans l’élégant campanile surmontant le monument.

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Mais ce qui illustra messire Philippe-Guillaume Jacquier auprès des habitants de Bobigny et ce qui rendit parmi eux sa mémoire impérissable, ce fut sa charité toute généreuse et toute chrétienne envers les pauvres de la paroisse, par laquelle il sut pourvoir à tous leurs besoins.

Philippe-Guillaume Jacquier de Vieu-Maison n’ayant point laissé d’enfant après lui, ses biens devinrent le partage de ses neveu et nièces : Antoine de Sainte-Marie d’Agneaux, son neveu, et Marie-Angélique de Sainte-Marie d’Agneaux, sa nièce, enfants de sa sœur aînée Catherine Jacquier de Vieu-Maison de Fontenay, mariée en 1728 à Joseph de Sainte- Marie d’Agneaux; et le partage aussi de Marie-Jeanne-Élisabeth de Magontier de Laubanie, son autre nièce, bile d Élisabeth-Madeleine Jacquier de Vieu-Maison, de Sully, seconde sœur du vidame, laquelle avait épousé, le 5 septembre 1731, Jean Magontier de Laubanie.

Antoine de Sainte-Marie d’Agneaux, chevalier, seigneur de Pontillaux, maréchal de camp et décoré de la croix de Saint-Louis en 1791, neveu et héritier de Philippe-Guillaume Jacquier de Vieu-Maison, eut pour épouse Adélaïde de Fiennes de Trolly.

Marie-Angélique de Sainte-Marie d’Agneaux, nièce et héritière de Philippe-Guillaume Jacquier de Vieu-Maison, fut mariée, le 24 janvier 1770, à Jean-Baptiste de Vissée deLatude, marquis de Ganges, lieutenant-colonel du régiment Dauphin-Dragon, aussi décoré de la croix de Saint-Louis.

Enfin Marie-Jeanne-Élisabeth Magontier de Laubanie, autre nièce et héritière de Philippe-Guillaume Jacquier de Vieu-Maison, épousa, le 28 septembre 1753, Jean-Louis, marquis de Lubersac, maréchal de camp et décoré de la croix de Saint-Louis en 1788. Il émigra avec ses trois fils, en 1791, à l’armée des princes français, etfut élevé au grade de lieutenant général des armées du roi et de grand’eroix de 1 ordre de Saint- Louis, le 23 août 1815, et est mort le 6 février 1820.

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