‹ Bobigny (lez-Paris)Chapitre 55 sur 183 · BOB IG NV · texte numérisé non relu

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les fiefs d’Eaubonne et de la Motte, appartenant à Gérardin ou Gérard de Montagu et relevant en censive de la seigneurie de Bobigny. Gérard de Montagu, ou Montaigu , notaire et secrétaire du roi, bourgeois de Paris, fut anobli, lui et sa postérité, avec faculté de parvenir à la chevalerie par le roi Jean II, dit le Bon, par lettres données à Amiens, au mois de décembre 1363, l’année même qui précéda son retour en captivité et sa mort. A son avènement au trône, Charles V dit le Sage le fit trésorier et garde de ses Chartres, à la place de Pierre Tuépain, qui n’était plus en état d'exercer cette fonction. Il fut ensuite pourvu d’une charge de maître des comptes extraordinaire, par lettres du roi Charles VI, datées du 13 mai 1384. Maître Gérard de Montaigu mourut le 15 juillet x 39 1 et fut enterré dans une chapelle dite de Saint-Michel, qu il avait fondée dans l'église Sainte-Croix de la Bretonnerie. Il eut pour femme Biette de Cassinel, fille de Guillaume de Cassinel Ier. seigneur de Romainville, de Pomponne et autres lieux, qui décéda en l’année 1394 et fut inhumée dans le même tombeau que son mari.

De leur union trois fils prirent naissance :

1. Jean de Montaigu, vidame de Laon, seigneur de Montaigu, près de Poissy, de Marcoussis et de Bois-Malesberbes, chevalier, conseiller et chambellan du roi, souverain maître de son hôtel et surintendant des finances sous les rois Charles V et Charles VI, et fondateur du magnifique couvent des Célestins de Marcoussis. Accusé de concussions par la faction des Bourguignons, il fut condamné au dernier supplice et exécuté aux Halles, le 17 octobre 1409. Il avait épousé Jacqueline de la Grange, dont il eut plusieurs enfants.

2. Gérardin de Montaigu, qui devint, après la mort de son père, possesseur des fiefs d’Eaubonne er de la Motte, situés à Bobigny. Il avait été élevé à la cour sous les yeux du roi Charles VI, son protecteur, et remplit d’abord les fonctions de notaire et de secrétaire du roi, puis celles de maître des comptes et de trésorier garde des Chartres du roi, par lettres du 18 novembre 1391. Le 7 octobre 1396, il fut envoyé à Saint- Omer, au sujet du mariage d’Isabelle de France avec le roi d’Angleterre. Il était pour lors archidiacre de l’église de Cambray. Il fut nommé évêque de Poitiers en 1405 et transféré à l’évêché de Paris le 25 juillet 1409 par le pape Alexandre V. Il y fut reçu le 22 novembre suivant, en présence du roi de Navarre, des ducs de Berry, de Bourgogne et de Bourbon, et de

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plusieurs autres princes et prélats et d’une grande multitude de peuple.

Après la mort néfaste de Jean de Montaigu, surintendant des finances, Girardin de Montaigu, tout nouvellement établi dans son hôtel épiscopal, quitta Paris et se retira pour un temps en Savoie, avec la veuve et les cinq orphelins de son frère. Il ne revint avec eux de cet exil volontaire qu’en 1412, lorsqu'il eut reçu la permission d’enlever du gibet la tête et le corps de Jean de Montaigu, et de lui donner une sépulture honorable et digne du rang qu’il avait occupé dans l’État.

Après avoir obtenu la réhabilitation de ce frère vénéré, il fit célébrer à son intention un service solennel dans l’église Saint-Paul de Paris, et acheva ses funérailles en le faisant inhumer dans le couvent des Célestins de Marcoussis.

3. Jean de Montaigu, le plus jeune des fils de Gérard de Montaigu, archevêque de Sens, qui occupa quelque temps la charge de président de la chambre des comptes.

Girardin de Montaigu, son frère, le remplaça dans cet emploi le 10 novembre 1413. Comme évêque de Paris, il condamna, le 23 février 1414, l’erreur de Jean Petit, docteur en théologie, qui s'était efforcé, dans un écrit apologétique, de justifier le duc de Bourgogne Jean sans Peur, l’auteur de l’assassinat du duc Louis d’Orléans, et il fit brûler publiquement son livre sur la place du parvis Notre-Dame. Dans le cours de cette même année, Girardin de Montaigu consacra l’église Saint-Jacques de la Boucherie et ordonna une procession solennelle à l’église de l’Abbaye Saint-Germain des Prés, pour la santé du roi, la paix du royaume et la maturité des biens de la terre. Le 23 décembre 1415, il fit l’inhumation, dans le chœur de la cathédrale, du corps de Louis, duc de Guyenne et dauphin de Viennois, fils de Charles VIL Le 8 mars 1416, il reçut, à la tête de tout le chapitre et de tout son clergé, dans l’église métropolitaine, l’empereur d’Allemagne Sigismond, qui était venu la visiter. Enfin, dans les années 1417 et 1418, il s’empressa de donner au roi des sommes importantes, pour fournir aux frais de la guerre contre les Anglais, qui avaient envahi le royaume.

Girardin de Montaigu avait quitté son palais épiscopal et s’était retiré à l'abbaye de Saint-Maur, quand les troupes du duc de Bourgogne, allié de Henri V, roi d’Angleterre, ayant à leur tête Jean de V i Hiers de 1 Isle- Adam, entrèrent par surprise dans Paris. C était le 2p mai 1418. L’évêque

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de Paris, qui avait à craindre la vengeance du duc de Bourgogne, s’enfuit en Touraine, où il mourut dans le village d’Azay-le-Rideau, le 25 septembre de l’année 1420. Son corps fut inhumé près de celui de Jean de Montaigu, dans le couvent des Célestins de Marcoussis.

Les propriétés que Girardin de Montaigu possédait à Bobigny, c’està-dire les fiefs d’Eaubonne et de la Motte, passèrent après sa mort aux Célestins de Paris, auxquels il les avait légués par testament.

Nous dirons, au troisième chapitre, un mot de cet ordre religieux, en même temps que nous donnerons le détail des beins que le couvent possédait à Bobigny. Et même, à la tin de ce second chapitre, en indiquant la position géographique des deux fiefs d’Eaubonne et de la Motte, nous trouverons l’occasion d’offrir au lecteur quelques détails historiques touchant ces deux fiefs.

Nicolas de l’Espoisse, notaire et secrétaire du roi, seigneur de l’Espoisse au Lombart était originaire de la Chapelle-Gauthier en Brie. Dès 1370, on le voit figurer en qualité de procureur au Parlement, et ensuite de greffier des présentations. [1 rendit dans sa profession des services considérables à tout l’entourage du. roi. Aussi, Charles VI le récompensa-t-il en l'anoblissant avec sa femme Emmeline et leur postérité, par lettres du mois de mars 1385. Il est cité parmi les membres de la cour du Parlement, qui prêtèrent serment de fidélité au roi le 5 août 1417. Lorsqu’il était à Paris, il habitait avec sa famille une maison située rue de la Montagne-Sainte-Geneviève et qui avait pour enseigne la Pomme-Rouge. Il maria, vers 1416, Jeanne sa tille à Jean d Aunay dit le bâtard d’Aunay, et mourut au mois de décembre 1420.

Nicolas de l’Espoisse possédait à Bobigny une maison avec dépendances et terres, qu’il légua par testament à Jeanne, ainsi que sa terre et seigneurie de l’Espoisse au Lombart. Dans un codicile uni à ce testament, il la fait ressouvenir qu’en la mariant, il l'a dotée de quantité de biens, et que depuis il n’a cessé de la combler de présents. En conséquence, il lui recommande et à Jean d’Aunay son mari de veiller avec le plus grand soin à l’accomplissement de ses dernières volontés 1. Lorsque Jeanne voulut recueillir la succession paternelle, elle en fut empechée sous prétexte que Jean d’Aunay son mari avait suivi le parti

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