F. de Moastrelet, t. I, p
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à Jeanne Ratant et à ses enfants les dépenses de l'instance qu’il soutenait contre eux, particulièrement à l'égard de droits sur le moulin de Goussainville. Ces procédures prirent fin, ainsi qu'il a été dit plus haut, par l’alliance de Philippe d’Aunay III et de Catherine de Montmorency, entre les mains desquels la seigneurie de Goussainville fut réunie en 1468. Jean d’Aunay, cette même année, conjointement avec Isabelle sa femme, pour la sûreté d’une rente, engagea les terres d'Orville et de Louvres. Il mourut le 8 novembre 148p. Son épitaphe se voyait encore avant la Révolution, dans la chapelle du collège de Saint-Jean de Beauvais, à Paris. 11 y était qualifié conseiller et chambellan du roi1.
Nous rappellerons ici les principaux censitaires, tant nobles que roturiers, inscrits au papier terrier des héritiers de Charles de Montmorency, seigneur d’Auvreymesnil, de Goussainville et de Bobigny, commencé quelques années après sa mort, arrivée en 1461, et dont se servit en l’année 1509, le 20 juin, François de Boisbaudry, seigneur de Bobigny., lorsqu’il donna à Simon Sanguin, seigneur de Livry, son suzerain, l’aveu de ses biens et revenus à Bobigny.
Cette nomenclature nous fournira l’occasion de rapporter les faits historiques parvenus à notre connaissance touchant leurs personnes et leurs familles.
A la page 69 de notre travail, une des premières de la copie que nous donnons de ce terrier, on lit ce qui suit : « Maître Pierre d'Orfèvres, quatre deniers parisis pour derny arpent de terre près dudict pont des Marets 2. Maître Pierre d’Orfèvres, ou Pierre l’Orfèvre, deuxième du nom dont il est ici parlé, était fis de Pierre l’Orfèvre Ier, seigneur de Pont-Sainte-Maxence, maître des comptes, et de Jeanne de Laillier, qui lui porta par son mariage la terre d’Ermenonville, fille de Michel de Laillier 1er, seigneur d'Ermenonville et de Guillemette Jourdain.
Pierre l'Orfèvre Ier, après la prise de Paris par les Bourguignons en l’année 1418, se rendit à Orléans s’établir sous l’obéissance de Charles Dauphin. Par suite de son départ, les biens qu’il possédait à Paris furent
1 . L’abbé Lebeuf. Hist. de Paris, t. III, p. 341, et t. V, p. 463.
2. Pont jeté sur le ru de Montfort, à l’endroit où passe la chaussée du Bourget, dire de nos jours route de Flandre. Elle faisait alors la séparation des territoires de Bobigny et de la Courneuve. Cette route, redressée dans le siècle dernier, a été reportée environ deux cents mètres plus loin.
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confisqués : sa maison, rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, en face même de l’église de ce nom ; son grand hôtel de la rue du Plâtre, plus une grange assez importante et une petite maison qu’il possédait rue Pernelle L Après cinq ans d’absence de la capitale, Pierre l’Orfèvre Ier obtint de Henri VI, roi d’Angleterre, des lettres de rémission, données à Paris dans le mois de décembre 1424, qui lui permettaient de rentrer dans ses foyers'2. Néanmoins, Pierre l’Orfèvre Ier, avec Jean de la Fontaine, accompagna Michel de Lai Hier Ier, maître des comptes, son beau-père, lorsqu’il se mit à la tète des milices parisiennes, et qu’au péril de sa vie il ouvrit, le 13 avril 1436, les portes de la capitale aux troupes de Charles VII, commandées par le connétable de Richemont. Avec la terre d’Ermenonville, Jeanne de Laillier lui avait apporté en se mariant celle du Vivier-lez- Aubervilliers. Pierre 1 Orfèvre Ier mourut le 19 juin 1452 et fut enseveli dans l’église de Sainte-Croix de la Bretonnerie b
Pierre 1 Orfèvre II, son fils, seigneur après lui de Ponl-Sainte-Maxence, d Ermenonville et du Vivier -lez-Aubervilliers, chambellan du roi, conseiller au Parlement, s’allia à Geoffraise Baillet. La chronique scandaleuse marque, en mars 1473-1474, le séjour du roi Louis XI à Ermenonville chez maître Pierre l’Orfèvre II, et c’est de ce même Ermenonville près Senlis que le roi data trois mois plus tard les lettres par lesquelles il instituait Denis Hesselin, son fidèle conseiller, élu de Paris, clerc, . greffier et receveur tant du domaine que des aides, et payeur des œuvres de ladite ville. Pierre l'Orfèvre II était cousin de Denis Hesselin4.
De son mariage avec Geoffraise Baillet naquit Bertrand l'Orfèvre, seigneur après lui de Pont-Saint-Maxence, d’Ermenonville et du Vivierlez-Aubervilliers, qui épousa Valentine l'Huillier de Manicamp vers 1525. Ils eurent deux filles: Anne, dame d’Ermenonville, mariée en 1515 à François Juvenal des Ursins, et Jeanne de la Motte-Jousserand, qui fut unie à Charles de l’Hôpital.
A la même page 69 de la copie du terrier, on lit que Pierre Rouveau, laboureur au Pré-Saint-Gervais, et Jeanne sa femme, au lieu de Pierre Corbin, possédaient à Bobigny quatre arpents de terre en une pièce, plus
î. Dite de nos jours rue de l'Homme-Armé.
2. A. Longnon. Paris -pend tint la domination anglaise , p. 146 et 147.