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réunit un plus grand nombre d immeubles en propriété que ses frères et sœurs. Il est, en effet, marqué a la page 90 qu’il possédait au lieu de Jean de Néel et de Jacques Le Mire une masure, terre et saulsaie, dans la ruelle du Cul-de-Sac; le tout tenant d’une part à Jean Anneneau, d'autre à Guillaume Andry et aboutissant sur le ru.
Page 89, Denis Dufour, locataire après Perrin Mouchet d’une maison avec jardin attenant, le tout situé sur la grande rue et avoisinant d’un côté messire Guillaume Paillart et d'autre côté le même Denis Dufour, lils de Gobin Dufour, en tant que locataire de MUe de Bobigny.
Mlle de Bobigny, dont il est ici parlé, n'est autre que Jeanne Ratant, veuve de Charles de Montmorency. Le registre de ses comptes, de 1463 à 1467, ne la qualifie pas autrement. Il y est marqué qu’en juillet 1464 elle envoya la tille de Perrin Mouchet et le fils de Luillier, habitants de Bobigny et jeunes fiancés, assister aux noces de la nièce de Mgr de Montmorency, et qu elle dépensa pour leur procurer ce plaisir honorable treize sols parisis. Déjà, le 8 juillet 1463, Jeanne Rataut, à la requête de Marguerite et de Catherine, ses deux filles, avait remis entre les mains de Jean Dilais, son régisseur, afin de les donner et bailler à la fille de Gobin Dufour, son fermier nouvellement installé à Bobigny, comme cadeau de ses noces, qui devaient se célébrer le dimanche suivant, 27 sols 6 deniers parisis, en monnaie d’un lion. Enfin, le 7 du mois de janvier de la même année 1463 (ancien style), elle bailla et paya à deux porteurs des halles 16 deniers parisis pour avoir porté dans les greniers de sa maison, à Paris, un muid d’avoine amené de Bobigny par Gobin Dufour, son fermier, auquel succéda dans son fermage Denis Dufour, son fils, ici mentionné.
La monnaie de Paris est la seule que l'on voit employée dans le compte des recettes et des dépenses de Jeanne Rataut, dame de Goussainville et de Bobigny, savoir : la livre, le sou, le denier et le teston. On y voit aussi figurer : l’écu, valant 1 livre 2 sous; le franc, valant 16 sous, et une seule fois le lion d’or, ancienne monnaie du siècle précédent, comptée pour 1 écu un quart, ou 27 sous 6 deniers parisis. (Ce fut le présent des noces donné à la fille de Gobin Dufour.) Les tables dressées par Leber en 1841 offrent quelques éléments de comparaison sur le prix des denrées, des mains-d’œuvre ou des dépenses d’obsèques. Mais le Journal d’un bourgeois de Paris, sous le règne de Charles VII, serait beaucoup
BOKIGN Y.
plus utile sous ce rapport, quoique s’arrêtant à l'année 1449. On sait que, presque à chaque page, il enregistre le prix courant de toutes les denrées dont s’alimentaient les habitants de Paris et des environs L
Page 93, Jean Anneneau, manouvrier, demeurant à Bobigny, y avait une maison avec cour, grange et jardin, le tout situé devant le carrefour de la Croix, tenant d'une part à la ruelle du Cul-de-Sac et d’autre à Guillemin Andry, et par derrière à lui-même.
Page 94, Jean de Lolme et Gilles le Bossu, son neveu, étaient propriétaires d’un jardin et d’une masure situés sur la grande rue de Saint- Denis ou de Bobigny et limités par la ruelle Minault et la sente de derrière les murs. Ils avaient de plus une autre masure et jardin, le tout de la contenance de deux arpents, faisant face à l'immeuble précédent, sur l'autre côté par conséquent de la rue Saint-Denis, limité d'une part par la ruelle du Grand-Gué, et d’autre part par une pièce de terre appartenant à maître Guillaume Pai liai t, et appuyé sur le ru de Montfort. Jean de Lolme et Gilles le Bossu possédaient encore un clos important qui avait été la propriété de Hugues de Guinguant, maître des comptes et trésorier du roi et de son fils, Louis de Guinguant, et où ils avaient un hôtel. Hugues de Guinguant avait acquis, en l’année 1416, moyennant la somme de 410 livres, une vieille tour à Fontenay-sous-Bois et un hôtel à Montreuil aussi sous bois, près Vincennes. Immeubles confisqués sur Nicolas d’Orgemont, chanoine de Notre-Dame de Paris, parce qu'il avait embrassé le parti du duc de Bourgogne.
Page 98, les chanoines de la Sainte-Chapelle du Palais à Paris, possédaient, au lieu dit le Val-Pantin, sur la seigneurie de Bobigny et à ses limites du côté de Paris, le long du grand chemin de Meaux, aujourd'hui la route d’Allemagne, neuf arpents de terre en une pièce. Ce bien leur venait de Pierre Marcel, avocat au Parlement, époux de Jeanne Emery.
La Sainte-Chapelle, dans la Cité, fut construite par Louis IX, pour recevoir les reliques de la vraie croix et les autres reliques de la Passion, que le saint roi avait reçues de Baudoin, empereur d'Orient, ou qu’il s’était procurées à grands frais et par plusieurs démarches que sa piété lui
1. Ces réflexions sont de M. de Boislisle, auteur de la publication des comptes d’une dame parisienne sous Louis Xf, qui n’est autre que dainoiselle Ratatu, veuve de Charles de Montmorency, seigneur de Bobigny (Annuaire-Bulletin de la Société de 1 hisoire de France, année 1878, p, 213). Chez Renouard à Paris.
BOBIGNY
avait suggérées. Cet édiiice religieux est assurément le plus beau de la capitale dans son genre. Pierre de Montreuil, architecte de génie, en donna les plans et surveilla les travaux. Lorsqu’ils furent terminés, en l’année 1247, Louis IX y établit des chapelains, dont le premier prit le nom de maître. Par la suite, ces chapelains s’appelèrent chanoines, et leur supérieur prit le nom de trésorier.
Même page 98, on lit que la veuve et les enfants de Simon Luillier avaient, au bout du village, une masure avec cour et deux jardins, le tout sur la grande rue Saint-Denis, limité en arrière par une motte de terre, d’un côté par un bien appartenant aux héritiers de Guillaume Thoreau, et de l’autre côté par un bien des héritiers de maître Philippe de Paris.
Philippe de Paris, clerc des comptes du roi Charles VI, et Marguerite, sa femme, avaient quitté Paris en 1418, après l'entrée du duc de Bourgogne dans cette ville. Si l'on en croit la supplique de Marguerite, devenue veuve, adressée au roi d’Angleterre, Henri VI, leur départ aurait eu pour motif la mortalité qui sévissait alors dans la capitale et qui peu après les aurait également chassés de Saint-Maur-des-Fossés, où ils vivaient en compagnie de Gérard de Montaigu, évêque de Paris.
Ils suivirent ensuite l’évèque, leur protecteur, au château de Malesherbes, près Pithiviers, propriété de Jacqueline de la Grange, veuve de Jean de Montaigu, puis à Bourges, où Philippe de Paris mourut après une courte maladie. Philippe de Pans avait servi dès sa plus tendre jeunesse au châtel du bois Malesherbes et s’ctait attaché à la famille de Montaigu dans la bonne comme dans la mauvaise fortune. Henri VI accueillit favorablement la supplique de la veuve de Philippe de Paris. Par lettres de rémission datées du mois de septembre 1425, il lui accorda de rentrer dans la ville de Paris, dont elle était originaire1.
Il est à croire que l’immeuble possédé par son mari, à Bobigny, lui venait de la libéralité de l'évèque de Paris, propriétaire en ce lieu des fiefs d’Eaubonne et de la Motte. Les héritiers de Philippe de Paris étaient Guillaume de Paris, écuyer, seigneur de Philippière et de la Chapellerie, et Isabelle de Thumery, son épouse, veuve en 1526. Isabelle de Thumery était fille de Jacques de Thumery, écuyer, seigneur de Dampierre et de Senlis, près de Chevreuse, et de Isabeau de Meaux, fille de Pierre de