‹ Bobinette, vaudeville en 1 acteChapitre 53 sur 106 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Ua fumoir-bibliothpqDe chez Lclonroeor. Portes aa fond, à droite et à gauche. Ameableinent élégant : canapé et raoteails, nne tab!e à droite; des tableanx aux mnraMIes.

SGENK PREMIÈRE

LETOÜRNEÜR, MAXIME.

Ils Tiennent de la salle b manger et passent dans le famoir.

‘ LETOURNKÜR.

Viens, nous serons mieux ici pour causer. (A na domestiqne.] François, les cigares I (Le domestique apporte le café et le coffret à cigares. Letoorneur et Maxime assis b droite.) Tu vas dire

que je le prends au collet, mais tu diras ce que tu voudras.

MAXIME

Diable! vous devenez menaçant, mon oncle !

LBTOURNEUR.

Plains-toi donc, jo veux tout simplement faire ta fortune, et ton bonheur.

MAXIME

S'il est possible de le rencontrer, j’aime mieux le bonheur. Mais Je parie qu’il sort de la mairie, votre bonheur !

LES IKURÀTS

LETOURNEUR

Il ne manquerait plus qu’il se passât de contrat et d’écharpe 1 ‘ Pour qui me prends-tu? Voyons, voici ce dont il s’agit : Tu as maintenant... Quel âge as-tu? '

Vingt-six ans...

LETOURNEUR

Tu as vingt-six ans, un nom honorable, un avenir plus ou moins brillant — un architecte, prix de Rome, peut toujours à peu près se tirer d’affaire; — lu es un brave garçon, sans un sou d’avoir, mais sans un sou de dettes, lu n’es pas un Adonis, c’est vrai, mais tu n’es pas non plus un monstre...

MAXIME, riant.

Ce cher oncle ! il fait bon avoir des parents 1

LETOURNEUR

... Tu as un ruban à la boutonnière dont la couleur n’est pas précisément celle qui me conviendrait.

MAXIME

La médaille militaire. On fait ce qu’on peut.

LETOURNEUR

Armée de la Loire, je sais bien, c’est très-honorable, mais la médaille n’est pas la croix. J’avais rêvé une boutonnière autrement colorée. Tu me diras que tu peux être décoré un jour ou l’autre, il y a tant de hasards.

MAXIME

Merci. Et où voulez-vous en venir?

LETOURNEUR

J’y arrive. Tu n’as pas connu ta tante, toi ? tu étais trop petit ijuand je l’ai perdue. Du kümmel ou du kirsch ?

■ MAXIME

ün peu de kümmel.

C’était une femme charmante, mais sévère!... sévère...! d’ailleurs très-dévote... Elle est certainement au paradis à l’heure qu’il est ! C’est pour cela que je fais gras le ven-

L£S INbRATS ' 3

dredi dans l’espoir de me damner. Je n'aurais qu’à la retrouver là-haut.

MAXIME

Pauvre femme I

LETOURNEUR

Oh 1 je l’ai beaucoup regrettée ! Au commencement, tu sais, en se voyant libre, on se figure...

MAXIME

La lune de miel du veuvage I Mais plus tard, je conçois, il y a des moments où...

LETOURNEUR

Ou une femme vous manque, oui. Par exemple, quand je songe à marier Geneviève! Je suis si occupé ! ça me prendra un temps I Véronique se serait chargée de cette cor... de cette négociation!...

MAXIME

Enfin, que voulez-vous, vous êtes veuf !

LETOURNEUR

On ne peut pas tout avoir. Ta tante donc avait coutume de me dire que je manquais absolument de caractère. Je trouvais, moi, qu’elle en avait trop. Mais où elle avait parfaitement raison, c’est quand elle me répétait que, tel que je suis, accablé d’affaires, absorbé Dieu sait comme ! je ne trouverais jamais le temps de marier ma fille!

MAXIME

Ma cousine ?

LETOURNEUR

Geneviève avait alors dix -sept mois !... Juge si madame Letourneur voyait les choses de loin. Aujourd’hui elle les voit de haut. Mais elle me connaissait bieni — NonI réellement, mon cher Maxime, je ne sais rien de plus ennuyeux que d’avoir... je ne dirai pas sur les bras... mais au bras, une grande fille dont il faut s’occuper, matin et soir... Certainement j’adore les enfants, mais si on savait au début, à quoi on s’expose I

LES IKtillATS

MAXIME

Le monde finirait vile.

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