I.ETOUBNEUR
OÙ serait le mal? Et encore si je n’avais que Geneviève I Mais j’ai Marthe I
MAXIME
Quelle Marthe ?
Marthe Hameiin, la fille de la sœur de ma chère femme ! Orpheline, pauvre, sans parents, le père étant mort ruiné, à quinze ans elle eût été, sans moi, sur le pavé. Je me suis laissé attendrir. Et pour m’éviter le souci de m’occuper d’elle au dehors, j’ai pris la petite avec moi, et je l’ai fait élever avec Geneviève.
MAXIME
Mais, c’est bien cela, mon oncle, c’est très -bien 1
LETOURNEUR
liou I hou! qui sait? j’ai peut-être fait une sottise I Mais bah I cinq ou six mille francs de dot, et un trousseau convenable... Il y aura bien quelque employé qui sera tout heureux de m’en débarrasser.
MAXIME
Oh ! débarrasser, mon oncle, voilà que vous gâtez tout ! Débarrasser? Fi!
' LETOURNEUR
Comment veux-tu que je dise? Marthe n’est que ma nièce après tout! Et quand je pense que ma propre fille pèse à mon bras paternel d’un poids... très-doux, il est doux, je le sais, mais enfin c’est un poids !
MAXIME
Alors, ma cousine Geneviève ?
LETOURNEUR
Un ange ! mais il y a des anges qu’on voudrait voir mariés.
MAXIME
Elle est si jeune I
LES INGRATS
LETOURNBDR.
On n’est jamais trop jeune pour enlever un souci à son père !
MAXIME
Et c’est à moi que vous avez pensé...