I.ETOCRNBUR
Oui, je suis fier de ma fille, j’eii conviens. Elle vous parle de Mars Vengeur commo je vous parlerais chemins de fer de Saragosse ou Transatlantiques!
GENEVIÈVE
Et même je parlerais de Transatlantiques et de Chemins Espagnols aussi bien que toi, mieux que toi !
LA COMTESSE
Geneviève est de son siècle.
GENEVIÈVE
Voulez-vous dire que je suis plus âgée que mon acte de naissance? Bah! nous avons bien le temps d’être jeunes et si vieillies que nous goyons, nous serons toujours les cadettes' de nos maris.
LETOURNEUR
Instruite et pratique. Voilà qui vaut mieux que de déral" sonner à la façon des romans.
Et pourtant le roman a son charme. C’est un mensonge qui fait souvent pour la vérité ce qu’un grand seigneur ferait pour une mendiante : il la pare de son manteau. Tavoue qu’à l’âge de Geneviève je croyais aux romans, aux chimères, et je n’oserais pas le dire bien haut, à...
LETOURNEUR
A l’amour? Et depuis votre mariage?
LA COMTESSE
Hélas ! J’ai bien peur d’y croire encore 1 (Uq silence.) Dieu sait pourtant si le mariage m’a donné le bonheur!
LETOURNEUR
Un mariage superbe! Le général comte de Rigny a laissé un grand nomi
LA COMTESSE
Il a laissé exactement tout ce qu’il m’a apporté, un titre> rien de plus. Le général ne m’a jamais aimée. Je n’ai môme pas gardé de lui le souvenir d’une heure de bonté.
LES INGRATS
LETOURNEUR, à Maxime.
Elle oublie la dernière heure I
LA COMTESSE
Ce qui n’empèclie point, lorsque j’ai un avis à donner, de conseiller le mariage et d’assurer que le bonheur s’y trouve.
LETOURNEUR
Vous tenez à ce que tout le monde y passe. Le pont d’Avignon de l’esclavage.
LA COMTESSE
Sceptique !
MAXIME
Et trouvez-vous que la comtesse a raison, Geneviève.*’
GENEVIÈVE
Ohl mon cousin, si vous voulez un conseil : avec moi point de questions. Prenuz-moi comme je suis. Démon ou chérubin, ne cherchez p^s à me connailie. Je ne me connais pas moi-mème. Je suis peut-être exécrable, je suis peutkre excellente, mais je n’ai pas d’avis sur moi. Et si vous voulez avoir des renseignements sur ma petite personne, ne les demandez pas à mon père, c’est lui qui me connaît le moins de tout le monde!
MAXIME
Alors à qui m’adresser?
GENEVIÈVE
A qui vous voudrez. A Marthe, tenez, il n’y a que les femmes qui connaissent bien les femmes.
LA COMTESSE
C’est vrai, mais vous savez que personne ne connaît les jeunes filles.
MARTHE, avec DD soarire mélaDcoliqae.
Excepté les vieilles filles, comtesse!
Alors, ma chère enfant, vous avez le temps d’apprendre. Vous repasserez dans quinze ou vingt ans. (Elle l’cmbraœ ao front.)
LES IRQaATS
LETOURNEUR
J’entends Paturei. Toujours furieuxl Un hérisson mal élevé! (a Maxime.) Je te confie ta cousine. fReganlant sa mooue). Encore une heure d'épanchements, cela suiTitl
GENEVIÈVE
Nous te laissons. Houl... le vilain bommel... Là^ gagnemoi beaucoup d’argent, surtout!
LBTODRNBUB.
Un trésor.
GENEVIÈVE
Qui en dépenserait un autre!... Votre bras, mon cousin... Viens-tu, Marthe? Au revoir, marraine! Et loi, à tes affaires!
LETOURNBUR.
Oui, mon colonel!... Hein, comme c'est dressé ? (GeneTiève sort an bras da Maxime, Marthe les suit.)