‹ Bobinette, vaudeville en 1 acteChapitre 78 sur 106 · SCÈNE XII · texte numérisé non relu

SCÈNE XII

LA COMTESSE, LETOÜRNEÜR, MAXIME, -GENEVIÈVE, Marthe, entrant par la droite, pois PATUREL et RAOUL, entrant dn même cAtê, et HBRBAUT Tenant par le fond.

LETOURNEOR.

Un homme remarquable ce ministre I Comme il m'a écouté I Quelle intelligence! Cependant, il m’a eu l’air distrait.

GENEVIÈVE

Ah ! dame ! Le poids d’un monde....

letourneor.

Un homme éminent!...

PATUREL, horhant la tête.

Qui éminent? Votre ministre’

letourneor.

Notre affaire a paru énormément l’intéresser...

PATUREL

Et qu’est-ce que ça, nous fait qu’il s’y intéresse ?

LES INGRATS

V LETOURNEUR

Mais, cher ami...

Demain, votre ministre ne sera plus ministre... Disgrâce complète 1

LETOURNEUR

Qu’est-ce que vous m’apprenez-là ? Et moi qui me suis égosillé à lui faire un cours de minéralogie.

RAOUL

Une conférence perdue I

PATUREL

11 s’agit bien de minéralogie 1 11 s’agit de ne pas nous laisser devancer... quelle heure avez-vous ?

LETOURNEUR

Onze heures et demie... c’est un chronomètre I

PATUREL

Onze heures et demie! votre voiture?

LETOURNEUR

Au coin du faubourg.

PATUREL

L’hôtel de M. de Révillo ?

LETOURNEUR

Quel monsieur de Réville ?

RAOUL

L’homme au discours... vous savez.

LETO URNEUR.

Le fiasco.

Le four complet.

PATUREL

Taisez-vous donc : — c’est lui qui est ministre! ' .

LETOURNEUR

M. de Réville ?

PATUREL

Sa nomination paraîtra demain à VOfficiel].,,

LES INGRATS

RAOUL

Elle est sous presse.

LETOURNBÜR.

Mais sapristi I on ne prend pas les gens en traître I je viens chez un ministre 1 je ne viens pas chez un ex-ministre! On prévient tel ce ministre... feu ce ministre 1— il me laisse parler... Mais la simple politesse exigeait qu’il me dit : Ne prenez donc pas la peine cher monsieur, je suis dégommé.

PATURF.L.

Onze heures et demie... Dix minutes de course .. onze heures quarante... nous arriverons à temps... avez-vous une carte, sur vous?

LBTOURNEUR.

Si j’ai une carte !

Oui.

LETOORNEUR, tirant an portefeoilla.

Voilà !

PATUREL, qoi a tiré ion carnet.

Écrivez d’avance.., c’est plus sûr...

LETOURNE UR.

Bon. ..

PATUREL, éeriTaDt.

a Félicitations profondes et sincères... »

LETOURNEUR, même jen.

« Très profondes et très sincères...

PATUREL, même jen.

a A son excellence... monsieur de Réville. »

LETOO.'lNEUR, même Jen.

« Monsieur de Réville... Un homme très-remarquable... Pas très-orateur...»

RAOUL

Hais il y a tant d’orateurs I

LETOURNEUR

n y a trop d’orateurs 1

PATUREL

Beaucoup trop. Ajoutez : « Dévouement absolu. »

LETOÜRNEÜR.

« Très absolu » Est-ce tout ?

. PATUREL, ÎDspiré.

Non ! ajoutez encore : « Dieu protège la France 1 . . .

LETOÜRNEÜR.

Superbe! Dieu protège... (k Geneviève) Ton manteau, ta sortie de bal... Allons, Marthe... Dépêchons-nous ! Et ne vous enrhumez pas ! 11 ne manquerait plus que Son Excellence vous vit pour la première fois enrhumées.

RAOUL, à part.

Jolis lâcheurs!

LETOÜRNEÜR, à Maxime.

Tu ne viens pas ?

MAXIME

Ma foi non, je reste.

LETOÜRNEÜR,

Qu^est-ce que tu veux voir ?

MAXIME

Peu de chose : Les rats quittant le navire. C’est curieux l

MARTHE, à Maxime.

A la bonne heure.

HKRBAUT.

Un original !

LETOURNBU R.

Mais puisqu’il sombre !

PATUREL

Sac à papier! Voyons, chaque minute perdue, vaut son pesant d’or; partons.

LETOÜRNEÜR.

C’est juste ; l’on étouffe ici T

RAOUL

L’odeur des démolitions! {Leloamear, Patarel, Geueviève, Marthe eorteat*^

LES INGRATS

HERBACT.

Eh ! bien, comtesse, les éternels fuyards de toutes les batailles perdues , les gens à double face, les oublieux et les ingrats, regardez-les passer, et abandonnant la cause tombée, voyez, voyez les courir au soleil levant, et lui demander ce qu’ils n’espèrent plus rencontrer ici : — la puissance et les honneurs I

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