SCÈNE VI
. , Les Mêmes, HERBAUT, eotraot par le fond.
HERBAUT
Vous voilà, messieurs?
RAOUL
Commandant !
HERBAUT
Je viens savoir s’il est vrai que vous vous occupez encore de la rencontre projetée entre monsieur Maxime Latrada et le baron de Bersac ?
PATUREL
Oui, commandant.
HERBAUT, il par.
Maxime à donc dit vrai 1 (Haat.) Monsieur de Bersac tient à donner suite à cette affaire?
PATUREL
Comment!... Je crois bien !... .Monsieur de Bersac sera ici cette après midi.
RAOUL
Seriez-vous chargé, commandant, de représenter l’adversaire de notre ami ?
HERBAUT
A cette question, permettez-moi de répondre tout-à-l’heure. Je suis de ceux. Messieurs, qui lorsque se produit entre deux hommes une de ces altercationsqui rendent nécessaire, dit-on, une rencontre les armes à la main, voudraient qu’il se constituât aussitôt entre gens d’honneur un tribunal aux arrêts sans appel qui décidât piibliquemont si le duel doit ou non avoir lieu 1
RAOUL
Tribunal difficile à constituer, commandant.
HERBAUT
Sans aucun doute. Mais tout ce qui est difficile n’est pas impossible, monsieur. Ce tribunal examinerait si la valeur
LES INGRATS
morale des deux adversaires est égaie el il ne permettrait pas qu’une épée sans tache se croisât avec le fer d'un aventurier !
PATUREL
C’est moi qui ne ferais pas volontiers partie de votre tribunal, commandant I Si l’aventurier se fâchait...
RAOUL
Je comprends bien cependant l’intention du commandant IIerbaut,mais je ne sais pas trop ce que, dans l’espèce, peut venir faire ici ce tribunal d’honneur...
IlERBAUT.
Jamais celui dont je parle n’eût été plus nécessaire. Le duel dont vous voulez arrêter les conditions ne peut avoir lieu.
Ah bah I
RAOUL
Pourquoi ?
HERBAUT
Parce que l’un des deux adversaires n’est pas digne de l’autre.
PATUREL
M. Latrade?
HERBAUT
Maxime est l’honnêteté même.
RAOUL
Mais alors, commandant, je vous ferai remarquer la portée que peuvent avoir de telles paroles pour l’homme que je représente ici, M. le baron de Bersac...
HERBAUT
M. le baron de Bersac ne peut pas se battre contre M. Maxime Latrade !
RAOUL
Commandant I
PATUREL
Qu’est-ce que cela signifie?
HAOOL, k Herbant.
Je veux croire, monsieur, que lorsque vous vous êtes décidé à intervenir d’une telle façon, vous aviez non-seulement des assertions vagues, mais des preuves certaines à donner, sans cela je me verrais obligé...
HERBAUT
Nul plus que moi, monsieur, n’aurait ici intérêt direct à défendre celui qui vous a choisi pour son second. Si je vous dis qu’il ne peut se battre avec M. Lalrade, c’est que j*ai le droit de le dire.
RAOUL
Je ne comprends pas, commandant.
PATUREL
Dites donc, s’il y a un obstacle vous me le ferez connaître... J’ai la fièvre... je passe au télégraphe! commandant. (a part.) Un duel manqué I Et on trouve étonnant que je ne me sois pas battu I... (Umt.)
RAOUL
Je vous écoute, commandant.
HERBAUT, à Raoul, gravemeot.
Je sais, monsieur, qu’on peut avec vous parler de façon à être compris. Vous portez un nom qui vous donne le droit, quoique très-jeune, d’être sévère sur certains points de délicatesse, et vous apprécierez toute la gravité de ma démarche.
RAOUL
Vous avez raison de croire, commandant, que sous un air léger, je suis capable de sentir la valeur d’une chose importante .. surtout en matière de point d’honneur... Dans le mouvement soit, mais il y a des stations I Veuillez, je vous prie, m’expliquer...
HERBAUT
L’explication sera 'très-simple. Le baron de fiersac ne porte pas son véritable nom I
LKS IKtiRATS
BAOUL.
Bersac!
HERBAUT
Comprenez- VOUS maintenant pourquoi ce duel est impos> sibleî J’ajouterai une chose encore. Un père a-t-il jamais le droit de servir de témoin contre son fils ?
RAOUL
Certes non, mais...
rerbaut:
Eh bien, je suis le témoin de M. de Latrade.
RAOUL
Comment ?