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PROFESSIONS DE FOI

gouverneur en toute éternité, contenant toute chose et contenu par aucune. Et chose merveilleuse et qui ne s'est jamais revue, par l'artifice de cette Déité a été engendré son Verbe éternel par l'œuvre du Saint- Esprit afin de laver la tache du genre humain causée par la désobéissance de nos premiers parents », et Boccace expose longuement, en s'en référant aux Pères de l'Église, le corps de la doctrine chrétienne.

Cette profession de foi assez inopinée n'est pas la seule ; dès le début de sa carrière littéraire, Boccace sentit le besoin ou bien eut le goût d'affirmer ses convictions religieuses ; dans les premières pages du Filocopo, se trouve un récit de la création de l'homme, de la venue et de l'œuvre du Messie, de la prédication des apôtres conforme aux Saintes Écritures et dans lequel Boccace prend soin d'exprimer sa foi ; ce récit toutefois a une forme assez étrange. Parlant de la Nativité, il dit : « Lorsque la terre sentit la charge nouvelle de la Divinité du fils de Jupiter.... » De même, dans l'églogue XI, il raconte tout l'Ancien Testament en donnant aux personnages des noms bucoliques.

Vers la fin du septième livre du Filocopo, il réitère et précise sa confession. Ilarius, « issu du noble sang athénien r », explique à Filocopo les vérités de l'Ancien et du Nouveau Testament et les mystères de la Rédemption. « Nous croyons le Père non créé, le Fils engendré

i. S'agirait-il du grec Barlaam, qui occupa le siège épiscopal de Geracie, dans la Calabre, grâce à la protection de Pétrarque ?

du Père seul, et le Saint-Esprit né du Père et du Fils, lesquels n'ont eu ni commencement ni fin. »

Boccace fait à nouveau un résumé de toute l'histoire sainte en commentant le chant IV de la Divine Comédie \

Dans la Théséide (ch. ix, st. 51-52), il donne son sentiment, qui est singulièrement déterministe, sur le libre arbitre; mais il faut dire queThésée, dont il emprunte la voix, cherche à consoler un héros d'une défaite, on s'en souvient, assez ridicule. « C'est une chose très certaine, dit-il, que Dieu, quand il créa le monde, connut la fin de toute chose comme il l'avait auparavant connue de toute éternité. Que cela soit vrai, je le pense. Nous sommes conduits par le plaisir du Destin, dont la puissance se meut dans les cieux éternels. C'est donc bien vainement que les humains s'épuisent à lutter contre lui, et bien abusés sont ceux qui prétendent avoir le dessus par la ruse ou par la force2.»

1. Commentant le chant ix de la Divine Comédie, il décrit ainsi les hérétiques : « A ne considérer que leurs actes, ils paraissent excellents, honnêtes, honorables, doux et dévots et dignes que chacun recherche leur amitié et leur entretien ; mais, si on va plus avant et qu'on examine leurs pensées secrètes, on leur découvre les plus repréhensibles opinions, de fausses doctrines et une interprétation erronée des saintes Écritures. »

Commentant le vers : Ch'è principio alla fia di salva\ione, du deuxième chant de la Divine Comédie, il remarque que la foi catholique est, en effet, le commencement de la voie du salut. A propos du vers : Guarda'in alto e vidi le sue spalle, il fait une dissertation sur l'oraison et les conditions nécessaires pour qu'elle soit parfaite. A propos du vers : ^.oliam venit..., il traite de la grâce efficiente. Pour le faire bref, le Commentaire constitue un véritable traité de théologie.

2. Le traducteur D. C. C. (1597) donne de ce passage une traduction tellement libre qu'elle devient toute chrétienne (p. 145). Dans sa lettre à Francesco Nelli, Boccace écrit que toutes les âmes ont été créées parfaites par le Créateur qui est parfait, et qu'elles sont toutes semblables entre elles quand elles s'incarnent,

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