‹ BoccaceChapitre 108 sur 112 · Lettre de Coluccio. Corazzini, p · texte numérisé non relu

Lettre de Coluccio. Corazzini, p

ËPITAPHE ET ÊLËGIE

mourait à Florence et dans l'église San Jacobo (appelée aussi la Canonica), s'il mourait à Certaldo. C'est là qu'un tombeau surmonté d'une statue de marbre lui lut érigé l.

On lui attribue l'épitaphe suivante :

Sous cette pierre gisent les os et les cendres de Jean Son âme est devant Dieu ornée des mérites D'une vie de travail. Son père fut Boccace ; Sa patrie, Certaldo ; son étude, la poésie.

Le poète Coluccio Salutati, trouvant que le défunt ne s'était pas rendu justice, ajouta ces vers :

Pourquoi parles-tu de toi si humblement, Illustre poète? En un langage superbe Tu as traité des monts, des fleuves et des forêts, Des fontaines et des lacs, des étangs et des mers, Et ce fut un long et pénible labeur.

Tu as raconté les aventures malheureuses Des Hommes Illustres depuis Adam, Et tu as célébré les femmes de renom.

En trois fois cinq livres tu as révélé L'origine mystérieuse de tous les dieux. Nul ancien n'en avait fait autant. Ces œuvres Innombrables t'ont rendu illustre, et ton nom Restera éternellement fameux *.

i. Papirio Masson est le premier qui en asse mention |i5g2). Il a été détruit en 1783, et les ossements du poète furent dispersés. Les débris du tombeau ont été recueillis par la comtesse Carlotta Lenzoni-Medici, dans la maison où l'on suppose qu'a vécu Boccace. — G. de Poveda, Del sepolcro di G. Boccacctu, Colle, 1827. — 1d., Del Cenotafio di messer G. Boccaccio, Florence, 1828.

2. Solerti, p. 676. 11 dit de même, dans sa lettre à Brossano : « Qui maintenant énumérera les femmes célèbres tirées de l'océan de l'histoire? Qui décrira les lacs, les fontaines, les forêts et les mers de tout l'univers? Qui rappellera les aventures des grands hommes et les coups surprenants de la Fortune?... »

De ses poèmes amoureux, de ses sonnets, du Décamêron qui devait assurer sa mémoire, il n'est point fait mention.

Le nouvelliste Franco Sacchetti fit une élégie sur sa mort :

Maintenant la poésie est morte,

Et les demeures du Parnasse sont vides.

Florence a perdu soudain tout son lustre.

Je vois bien des jeunes gens en foule

Monter à l'assaut, s'aidant

Non de leur courage, ils n'en ont cure,

Mais de leur force.

Ils se poussent pour parvenu,

Et, imitant Catilina et non Scipion et Caton,

Ils tiennent pour rien Lycurgue et Solon.

Le plus puissant anéantit les autres.

Comment espérer voir surgir un nouveau Dante,

Alors qu'on ne sait même plus le lire ?

Est-ce que Giovanni a fait école?

Les temps sont révolus. S'ils reviendront,

Je l'ignore, mais ce sera bien tard.

Dans son testament rédigé un an auparavant et signé dans l'église Santa Félicita, en présence de plusieurs témoins \ Boccace laissait 10 solidi à l'église de

i. Ce testament se trouvait, au xvie siècle, entre les mains de Giovan Battista Muzi de Poggibonsi, professeur de médecine à l'Université de Pise de i555 à i58i ; ayant appris que Hippolito Agostini était curieux d'antiquités et de vieux documents, il lui envoya cette pièce qui demeura dans sa famille jusqu'en 1673 ; Annibale di Rutilio Bichi ayant épousé en cette année Anna Eleonora, dernière descendante d'Agostini, le testament lui fut attribué. Actuellement, il est conservé à la bibliothèque de Sienne. // Testamento di G. Boccacccio, Sienne, i85g. Corazzim, p. 415.

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